Tribune : Plan vélo, 3 ans après !

Voté à l’unanimité en 2015, le plan vélo pour Paris a pris du retard ! L’objectif du plan est de faire du vélo 15% des déplacements dans Paris, notamment, grâce à la réalisation de 90% du plan vélo dès 2020. Sans nous en réjouir, ces deux engagements ne seront certainement pas tenus.

Première carence, l’investissement de la mairie de Paris pour accompagner la mise en place de ce plan. Des projets dans le cadre du budget participatif ont été intégrés depuis 2015 pour permettre d’ajouter de l’argent dans la réalisation des pistes cyclables. Au conseil d’arrondissement de juin, nous avons voté une délibération pour obtenir des subventions de la région Ile-de-France. Des subventions importantes qui viendront financer des pistes qui desserviront obligatoirement des pôles de transports publics, des gares, des lycées, des CFA, des stations de covoiturage, etc. Pour cela, la ville devra fournir un programme d’opérations pour les trois ans à venir pour débloquer la subvention.

Deuxième carence, l’état des chaussées qui n’encouragent pas la pratique du vélo et les ruptures actuelles de certaines pistes cyclables qui sont carrément anxiogènes.

Il ne fait vraiment pas bon d’être en vélo à Paris ces derniers temps – et l’échec du nouveau vélib’ dont la mise en place opérationnelle n’est toujours pas connue, ne vient qu’ajouter de la confusion à cette volonté politique de la majorité de favoriser les circulations douces.

Une nouvelle fois, il nous apparaît important de relever et de signaler une erreur de méthode sur la mise en œuvre de ce plan (la précipitation, décidément, et se donner les moyens de ses ambitions) qui pénalisent les parisien.nes.

Tribune parue dans le journal « Notre 12e » n°82 (juillet-août 2018)

Débat sur la préemption d’immeubles dans le 12e arrondissement

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Plusieurs questions à la lecture des documents transmis. Pour chacun des deux immeubles, avez-vous le profil des locataires actuels ? Que deviennent-ils ? Je ne crois pas avoir vu le relogement des locataires pendant les travaux. Selon le profil, est-ce que ce sont ces mêmes locataires qui retourneront ensuite dans les logements réhabilités ? Sinon, que deviennent-ils ? Pouvons-nous avoir le détail des travaux prévus ? L’adjoint à la Maire de Paris en charge du logement a demandé au bailleur social d’utiliser les locaux en attente des travaux pour du relogement d’urgence. Pouvons-nous connaître la réponse apportée par ce bailleur ? A quel moment et combien de temps durera ce relogement d’urgence ? Merci pour toutes vos réponses. »

Eléonore SLAMA, Adjointe à la Maire du 12e arrondissement, Conseillère d’arrondissement, rapporteure :
« Deux délibérations. La DLH 134 d’abord : la Ville de Paris a acquis par voie de préemption l’immeuble du 5, rue Sidi Brahim pour y réaliser 21 logements sociaux. Cet immeuble se situe bien sûr en zone déficitaire en logement social. Vous me demandez le profil des locataires actuels. Sachez que nous comptons pas moins de quatre foyers déjà demandeurs de logement social à cette adresse. Cela montre bien, sur les 10 700 demandeurs de logement, que la demande est particulièrement forte.
S’agissant de la DLH 143, pour l’immeuble situé 14/16, rue du Rendez-Vous, nous réaliserons 50 logements sociaux et nous conserverons quatre locaux commerciaux. Cet immeuble est également situé en zone déficitaire.
Nous n’avons pas encore le profil des locataires de façon précise. Mais nous allons regarder cela de manière attentive, comme à chaque fois. Lorsque nous préemptons des logements, nous ne mettons personne dehors. C’est le principe. Ces locataires vont rentrer dans le parc social pour ceux qui peuvent y prétendre.

Le relogement d’urgence figure à chaque fois. Nous n’avons pas encore évoqué cette question, mais il n’y a pas de souci majeur sur le principe.
S’agissant de la programmation, nous sommes encore trop en amont. La programmation n’est pas encore effectuée, mais elle sera conforme aux objectifs fixés par le PLH voté dans cette même assemblée. Nous ferons toujours le choix de créer toujours plus de logement social pour tous. Nous utilisons tous les moyens pour ce faire. »

Ophélie ROTA a voté contre les deux délibérations.

Débat organisé sur la transition écologique dans le 12e arrondissement.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Assurément, le sujet est primordial pour l’avenir de notre ville. L’écologie et la préservation de l’environnement doivent infuser l’ensemble de nos décisions politiques. La Maire de Paris a fait adopter à l’unanimité le Plan Climat quelques mois auparavant. Les objectifs pour Paris sont très ambitieux : la rénovation énergétique des logements et bureaux, la sortie du diesel dès 2024, 50% d’aliments consommés à Paris issus de denrées agricoles dans le bassin parisien à l’horizon 2030. Ce dernier point me semble particulièrement important car, au-delà du bio dans nos cantines scolaires, la notion de circuit court est essentielle. J’ai le sentiment que nous sommes assez en avance sur ce point dans le 12e arrondissement.

Au milieu des nombreux projets lancés dans l’arrondissement pour participer activement à la transition écologique, votre communication rappelle la votation citoyenne sur le Plan Climat démarrée le 25 mai. L’objectif affiché est la sensibilisation des Parisiens afin qu’ils rentrent de plain-pied dans la dynamique du Plan Climat qui va changer nos habitudes de vie au quotidien. L’intention est louable et nécessaire. Mais, encore une fois, cette démocratie participative interroge sur le rôle des élus. Le Plan Climat a été adopté à l’unanimité. La Maire de Paris a déjà reçu tous les feux verts pour agir. Quelle est l’utilité réelle de cette votation citoyenne ? Quelles conséquences des résultats ? Si les habitants votent peu, est-ce que nous serons assurés de n’avoir aucune remise en cause des mesures du Plan Climat ?
Je profite de la communication pour vous poser des questions sur les premiers projets Parisculteurs décidés l’an dernier, comme les toits de l’Opéra Bastille qui doivent accueillir la culture de houblon. La seconde session a eu lieu la semaine dernière. Je voulais savoir où étaient les associations et les entreprises lauréates. Je vous remercie. »

Tribune : Préparez-vous ! L’aménagement du Faubourg Saint-Antoine va démarrer.

Un projet d’envergure pour nos vies quotidiennes se met en place : l’aménagement du Faubourg Saint-Antoine. Ce projet est directement lié aux modifications que va connaître la place de la Bastille et au plan vélo, voté en 2015, qui prévoit une piste cyclable sur l’axe Nation-Bastille.

L’évolution du Faubourg est évoquée à chaque campagne, il était donc temps qu’un projet soit proposé aux parisien.nes. Après une concertation avec les commerçants et les conseils de quartiers concernés, un projet a été présenté aux habitants le 19 mars denier. Il est cependant regrettable que les habitués du faubourg n’aient pas été consultés, via un questionnaire dans la rue, par exemple.

Vers quoi allons-nous ?
Un double sens de circulation pour les bus et les vélos et un sens unique pour les voitures dans le sens Bastille-Faidherbe. Tout cela implique des reports de circulation non négligeables et encore mal évalués.
Un calendrier est serré. Dès l’été 2018 le sens unique doit être effectif et les travaux terminés en novembre 2019.

« Tout est ficelé ! » regrettaient des participants. D’autres projets ont prouvé, qu’habitants et élus, nous pouvons faire évoluer les projets. Lorsque la délibération passera en conseil d’arrondissement, je défendrai la nécessité de l’évolution du Faubourg, mais partagerai mes inquiétudes sur l’aménagement proposé. Un aménagement par « petit bout » puisque l’axe Faidherbe-Nation sera concerné dans un second temps, un aménagement qui coince les voitures entre bus et vélos ce qui n’apaisera, ni ne sécurisera les déplacements pour les vélos et les piétons. Un aménagement qui n’est pas sans rappeler « les ratés » des boulevards de l’Hôpital ou Magenta.

En attendant la délibération, (re) plongeons-nous dans la captivante trilogie de Jean Diwo Les Dames du Faubourg consacrée à l’histoire du Faubourg depuis Louis XI.

Tribune parue dans le journal « Notre 12e » n°81 (avril-juin 2018)

Vote Extension du jardin public Debergue

Sur ce sujet, je vous partage l’ensemble des débats. Christophe NAJDOVSKI a fait, ce soir là, un rappel historique de l’aménagement de l’espace.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement
« Je souhaitais entendre les débats avant de m’exprimer. J’ai lu et relu les délibérations. Sommes-nous d’accord sur le fait que nous ne parlions que du jardin ? Le groupe UDI-MODEM s’était également abstenu, voir avait voté contre le projet global de la programmation des logements. Sur l’augmentation du jardin, j’ai du mal à me positionner contre, mais je voulais confirmation que je m’engage pour un jardin plus grand, mais pas forcément pour trois bâtiments et 95 logements. Voilà pourquoi je souhaitais entendre les débats avant de me positionner. A priori, je l’ai faite lire autour de moi, il n’y a pas de piège, et je vote donc pour un jardin plus grand. »

Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris
« Il n’y a pas de piège, je vous le confirme. Il s’agit juste de construire 2 500 m² de jardins.»

Christophe NAJDOVSKI, Adjoint à la Maire de Paris, Conseiller de Paris
« Merci Mme la Maire. Dans le droit fil de ce que vient de dire notre collègue Ophélie ROTA, cette délibération porte uniquement sur la question de l’extension du jardin. Donc, contrairement à ce que M. SEINGIER a dit, il ne s’agit pas du tout d’une délibération qui porte sur autre chose que la question de l’extension du jardin.

Permettez-moi de reprendre un peu l’historique du projet. Je remonterai à 2001, car en septembre 2001, il était voté par la majorité municipale du 12e arrondissement, à la suite de l’élection de Bertrand DELANOE en mars 2001, un projet d’aménagement du secteur Debergue, le Rendez-vous, qui prévoyait de réhabiliter des logements insalubres de la cité Debergue. Il faut rappeler qu’il existait des logements insalubres à cet endroit. Il s’agissait également de créer une première partie de jardins sur une parcelle qui appartient à la Ville de Paris. Ainsi, en 2006 a été créé le jardin Debergue Rendez-vous, qui est certes enclavé, mais qui fait déjà, maintenant depuis plus de dix ans, le bonheur des familles et des habitants du quartier.
Il s’agissait de la première phase, suite notamment à la mobilisation qui s’était tenue dès les années 90 par rapport à un projet initial, si je remonte encore plus loin, où il avait été question, dans les années 90 de percer une rue et de prolonger la cité Debergue jusqu’à l’avenue du Docteur Arnold NETTER pour en faire une rue circulée, avec un projet immobilier. Heureusement, ce projet avait été stoppé et complètement réorienté au début des années 2000, et dans la foulée de l’élection de Bertrand DELANOE, réorienté vers la création d’un grand jardin sur la parcelle qui appartenait à la Ville de Paris.

Il y a eu la volonté de poursuivre l’extension de ce jardin sur la deuxième partie de la parcelle, qui elle n’appartient pas à la Ville de Paris, mais à la RATP. Des discussions ont donc été menées avec la RATP, sachant que ce site était occupé par des activités sportives notamment. Il a donc fallu trouver des sites pour reloger ces activités sportives et négocier avec la RATP sur une parcelle qui n’appartient pas à la Ville de Paris. Or, la RATP a souhaité sur sa parcelle construire des logements avec sa filiale Logitransports, notamment des logements qui vont permettre d’accueillir des salariés de la RATP, comme des machinistes, c’est-à-dire des conducteurs de bus, sachant qu’une partie d’entre eux travaillent pour le réseau de bus parisien. Par exemple, nous avons un dépôt rue de Lagny dans le 20e arrondissement. Il s’agit aussi d’une bonne chose que de faire en sorte que les citoyens habitent près de leur lieu de travail.

Dans ces négociations, il a donc fallu faire un compromis avec la RATP pour à la fois poursuivre la volonté de la Ville de Paris, qui était l’extension du jardin, et c’est ce que nous sommes amenés à voter ici, 17 ans après le premier projet de création d’un jardin sur Debergue, et accepter aussi dans un paquet global les besoins qui avaient été exprimés par la RATP. La Ville en a profité pour dire qu’il fallait créer des équipements publics, et notamment une crèche, qui comportera 96 ou 99 berceaux, dans le quartier qui aujourd’hui en a le plus besoin, c’est-à-dire le quartier de Bel air nord, qui malgré les réalisations de la crèche Montera ou de la crèche du multi-accueil rue Fernand Fourreau, nécessite encore que l’on réalise de nouveaux équipements publics pour accueillir les enfants du quartier, qui sont nombreux.

C’est dans ce cadre qu’aujourd’hui, nous sommes amenés à voter cette délibération qui ne porte que sur l’extension du jardin. J’entends que nous aurions peut-être pu obtenir 100% du terrain étendu pour le jardin. Cela n’a pas été possible. On peut le regretter, mais dans une discussion avec la RATP, il nous a fallu faire des compromis et accepter, à partir du moment où nous ne sommes pas propriétaires, d’y réaliser aussi des logements pour les personnels de la RATP.

Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? M. SEINGIER n’hésite pas à le faire. On vote contre l’extension du jardin car on estime que des logements sont inclus dans ce projet. On n’est pas contents de cette construction de logements, donc on vote contre l’extension des jardins. Cela relève de votre responsabilité et je vous la laisse. Nous pensons qu’il faut, malgré tout, soutenir ce projet, car il s’agit d’un projet d’extension du jardin qui va augmenter sa surface de 40%. Il fait 6 300 m² aujourd’hui et il en fera 8 800 demain, c’est-à-dire presque un hectare au cœur d’un quartier qui en a absolument besoin.

Comme je le disais tout à l’heure, l’objet de cette délibération consiste à débattre sur le principe d’aménagement et sur la programmation du jardin. Nous en avons peu entendu parler ce soir, et peut-être que Mme HONORÉ pourra nous donner des précisions sur ce que contiendra ce futur jardin en termes d’espaces, pour les grands, les petits, les âgés et les moins âgés. Il nous est donc demandé d’approuver les demandes d’autorisation administratives qui sont nécessaires à la réalisation des travaux d’extension du jardin public Debergue. C’est tout ce qui nous est demandé, en conséquence, nous voterons pour cette délibération. »

Adoption du Plan Biodiversité de Paris 2018-2024

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement
« De notre côté également, nous soutenons et voterons ce plan de biodiversité à Paris. Il s’agit d’un nouveau plan très ambitieux. Nous en aurons un autre plus tard dans la soirée. Personne ne l’a encore fait, mais je crois qu’il faut souligner le travail d’orfèvre qui a été réalisé par les services à vos côtés, Pénélope KOMITES. Ce plan détaille avec une extrême précision la mise en place des 30 actions avec des objectifs à différentes dates : 2020, 2024, et fin 2030. Pour les élus attentifs qui voudraient suivre précisément la mise en place des actions, nous allons pouvoir accompagner cela, ainsi que le déroulement du plan tout au long de sa mise en place.

Ce plan, vous l’avez rappelé, doit faire de Paris une ville exemplaire en matière de biodiversité. Il y a encore quelques jours, j’aurais dû tirer la sonnette d’alarme en dénonçant certaines décisions prises par la Mairie de Paris qui vont à l’encontre de cette volonté d’exemplarité : la baignade du lac Daumesnil, un projet dont personne n’avait vraiment pris la mesure, et qui aurait entraîné d’énormes travaux sur cet espace symbole de biodiversité, qui respecte les espèces d’oiseaux, les arbres, etc. Heureusement, la mobilisation des associations, des habitants, et les différentes prises de parole des élus du 12e arrondissement ou Parisiens ont eu un écho, et la Ville a revu sa copie pour le lac Daumesnil. Vous nous l’avez confirmé, Mme la Maire, à l’instant. Effectivement, il existe une nécessité d’espaces de fraîcheur pour les Franciliens, mais nous pouvons résoudre ce problème autrement que par de très gros travaux.

Dernier point, comme mon collège Matthieu SEINGIER, j’ai effectivement vu la délibération DEVE 011 sur l’espace Saint Louis, qui constitue plutôt un projet enthousiasmant, avec le réaménagement de cet espace, qui est aujourd’hui un grand parking et qui va devenir une large pelouse, avec des espaces un peu plus partagés entre piétons, vélos et voitures.

Concernant les vœux, je voterai les deux vœux présentés. Sur la pollution lumineuse, sauf erreur de ma part, pour moi ce vœu était nécessaire, puisque le plan n’expliquait pas clairement sur ce point l’obligation de respecter la biodiversité. En allumant les parcs en permanence, cela s’avère compliqué. Ce vœu est utile, et ce combat est partagé au Conseil de Paris par le groupe UDI-MODEM, donc vous vous retrouverez sur ce sujet. Je vous remercie. »

Débat organisé autour de la politique d’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes dans le 12e arrondissement.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Merci Mme la Maire, quel plaisir d’avoir tant de monde dans le public pour ce débat ! Votre présentation et la communication écrite que vous nous avez fournie en amont du conseil démontrent bien l’implication de notre arrondissement sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes et dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le travail et l’engagement de vos élus sur ces questions – et je citerai particulièrement Emmanuelle PIERRE-MARIE – viennent renforcer votre propre action et votre propre engagement, Mme la Maire, régulièrement en actes et en paroles.
Je soutiens et je félicite donc l’ensemble des actions menées dans l’arrondissement et présentées, des actions symboliques et donc primordiales, telles que la communication sans stéréotype de sexe ou la reconquête de l’espace public à travers des dénominations de places ou de rues, ou encore des actions de plus grande envergure, comme les centres d’hébergement avec des places dédiées aux femmes.
À ce titre, j’appelle la Région et l’Etat à finaliser le financement pour la résidence sociale pour les femmes victimes de violences que vous souhaitez ouvrir dans le 12e arrondissement. J’ai assuré la rédaction de cette intervention avant le vœu, donc vous connaissez à présent ma position sur ce voeu.

Pour aller plus loin, deux aspects de l’égalité hommes/femmes sont à mon sens peu présents dans cette communication : le harcèlement de rue et la question du consentement. En premier volet, je me permets de souligner le travail d’un groupe parlementaire sur la verbalisation du harcèlement de rue, groupe de travail auquel a participé notre députée Laetitia AVIA. Ce groupe de travail a ainsi préconisé la création d’une nouvelle infraction, qu’on appellerait l’« outrage sexiste et sexuel », qui sera puni d’une contravention. Certains disent déjà que la verbalisation sera difficile, et alors ? Cela n’enlève en rien la valeur de cette mesure. Le message envoyé est clair : l’Etat et la loi sont du côté de la femme insultée pour des raisons sexuelles ou sexistes.

Sur le volet du consentement, cette question me paraît essentielle et constituera sans doute une nouvelle étape en matière de pédagogie et d’éducation des enfants et des adolescents. De nombreux documentaires et témoignages abordent cette question cruciale afin que les relations soient réellement égalitaires entre les hommes et les femmes. Dans votre dispositif, que vous appelez
« collège pour l’égalité », cet aspect pourrait être développé et à mon avis, il l’est déjà fortement par les intervenants.

Pour terminer, je souhaiterais lire un extrait de la tribune sur les violences sexistes dans l’espace public, que j’ai pu faire paraitre en tant que présidente de groupe en octobre dernier dans le journal du 12e arrondissement. Ici, je peux lui donner une seconde exposition.
«  Aujourd’hui encore, se déplacer dans les rues, pour une femme, oblige à des aménagements de comportement, que cela concerne la tenue, la posture ou le regard : un compliment par-ci, un regard appuyé par-là, pour beaucoup d’hommes, c’est sympa et en aucun cas agressif. Mais il faut imaginer ce regard ou ce compliment répété plusieurs fois par jour, pendant plusieurs semaines, pendant plusieurs années. A présent, imaginez la situation inverse : est-ce qu’une femme donne son avis sur la tenue d’un homme qu’elle croise dans la rue, ou siffle-t-elle un inconnu qu’elle trouve désirable ? Triste constat, rappelé par Emmanuelle PIERRE-MARIE d’ailleurs, l’inégalité persiste entre les femmes et les hommes, au-delà du foyer – violences conjugales, du travail – inégalité salariale, l’espace public et les transports en commun sont des lieux supplémentaires où il existe une différence de traitement.
Des solutions pour changer ces comportements : l’éducation dès le plus jeune âge pour apprendre l’égalité pleine et entière entre les femmes et les hommes ; dans son quotidien, relever et refuser les stéréotypes sexistes, dans les publicités notamment, et enfin, donner l’exemple par son comportement en ne laissant pas se dérouler une situation qui oblige la femme à se faire discrète.

Je vous remercie. »

Tribune : Nouvelle charte pour nouveaux conseillers de quartier !

En décembre, les conseillers des 7 conseils de quartier du 12e ont été renouvelés. Ces conseillers de quartier auront les mêmes missions que les précédents, être le relais entre les services de la Mairie, les élus et les habitants tout en étant une force de proposition pour améliorer le quotidien de nos rues. Mais côté organisation, ça change !
En novembre 2017, le conseil d’arrondissement a voté à l’unanimité la nouvelle charte
qui organise les conseils de quartier dans le 12e.

Grand chamboulement, la disparition des 3 collèges pour laisser place à un collège unique de 30 conseillers de quartier. Ainsi, le collège 1 dit « politique » n’existe plus. Les partis politiques ne nommeront plus de conseillers de quartier. Le collège 2 qui correspond à celui des associations a disparu également et le rôle des associations a été clarifié. La charte dit oui aux associations dans les conseils de quartier, mais sur présentation d’un projet en lien avec le quartier. Cela permettra certainement de limiter les associations aujourd’hui inscrites mais qui participent peu. Un dernier mot sur le manque cruel de communication autour des conseils de quartier et de leur fonctionnement de la part de la Mairie de Paris.

Pour que cet outil de démocratie participative soit mieux connu et plus utilisé, les
conseils de quartier ont besoin d’une campagne de communication lancée au niveau
de la Mairie centrale. De l’affichage, de la publicité radio ciblée qui permettrait d’expliquer aux Parisiens ce que sont les conseils de quartier et pourquoi il faut s’y investir !

Tribune parue dans le journal « Notre 12e » n°80 (janvier-mars 2018)

Vœu relatif au déploiement du nouveau Vélib’, déposé par les élus du groupe UDI-MoDem.

Lors du conseil du 22 janvier 2018, nous avons re-déposé un voeu concernant la mise en place des nouveaux vélib’. Un précédent voeu avait été présenté en conseil d’arrondissement en novembre 2017, il avait été rejeté en conseil d’arrondissement…mais adopté en Conseil de Paris quelques semaines plus tard. Celui-ci aussi sera rejeté – ce qui est plutôt incompréhensible car nos différentes couleurs politiques nous font faire le même constat : échec total de la mise en place des nouveaux vélib » par Smovengo et donc la nécessité d’une indemnisation totale des usagers.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement, rapporteure :

« Ce vœu reprend l’esprit de celui déposé en novembre dernier qui demandait la prolongation gratuite de six mois de l’abonnement pour tous les abonnés ayant à subir une détérioration du service Vélib’. La majorité municipale du 12e arrondissement avait voté contre ce vœu à l’unanimité. Or, en conseil d’arrondissement, quelques jours plus tard, la Ville a repris le contenu de ce vœu demandant que soit étudiée la mise en place d’une compensation pour les abonnés annuels de Vélib’. Depuis des compensations ont été votées par le syndicat Vélib’ que vous présidez Madame la Maire. Nous nous en réjouissons et ce vœu en demande encore plus.
Ce vœu réitère la demande d’une prolongation gratuite des abonnements pour six mois et ajoute que soit proposée une prolongation de la remise de 50% sur les mensualités d’avril et des mois suivants jusqu’à ce que le service soit totalement opérationnel. Nous devons tout faire pour maintenir l’attractivité et le réflexe Vélib’ pour les Parisiens. La prise en compte de façon réaliste des désagréments subis y participe. Je vous remercie. »

VŒU 122018-001 : Vœu à la Maire de Paris, relatif au déploiement du nouveau Vélib’, déposé par les élus du groupe UDI-MoDem.

Considérant que le service Vélib’ compte actuellement 300 000 abonnés et a permis d’effectuer environ 340 millions de déplacements entre 2007 et 2017 ;
Considérant que la Ville de Paris a décidé en décembre 2016 d’abandonner la gestion de Vélib’ au profit du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole ;
Considérant que selon les statuts du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, les deux représentants de la Ville de Paris au sein de ce Syndicat, tous deux issus de la majorité municipale, disposent d’une majorité des voix dans les votes qui concernent la compétence Vélib’ ;
Considérant que le 12 avril 2017, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a attribué le nouveau contrat Vélib’ pour les 15 prochaines années au consortium Smovengo ;
Considérant que la grille tarifaire du nouveau service Vélib’ a été votée par le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole le 9 novembre ;
Considérant que cette nouvelle grille prévoit des hausses de tarif significatives pour la location de vélos mécaniques. Ainsi, le ticket « journée » passe pour commencer de 1,70 € à 5 € (soit 194 % d’augmentation), ensuite, le ticket « semaine » passe de 8 € à 15 € (soit 87,5 % d’augmentation) et enfin l’abonnement pour un an, payé en 12 mensualités, passe de 29 € à 37,20 € (soit 28 % d’augmentation) ;
Considérant que du fait du changement de prestataire, une phase de transition, prévue initialement pour une durée de 6 mois, a débuté depuis début octobre 2017 afin de substituer l’ancien matériel et les anciennes bornes par ceux du nouveau prestataire, notamment sur le millier de stations que compte Paris intramuros ;
Considérant qu’entre octobre et décembre 2017, le service a été très fortement perturbé par les travaux, le nombre de stations et de vélos disponibles diminuant régulièrement ;
Considérant de plus que du fait d’un défaut d’information et d’un manque d’anticipation de la part de la Ville et du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, de nombreux Parisiens se sont trouvés désemparés face à cette situation ;
Considérant que dans le cadre de la phase de transition, 50% des stations étaient censées être disponibles au 1er janvier 2018, moment du basculement de l’ancien vers le nouvel opérateur ;
Considérant que dans les faits, moins de 80 stations sur les 500 initialement prévues étaient disponibles au 1er janvier, chiffre qui a diminué dans les premiers jours de l’année pour atteindre seulement 62 stations disponibles le 5 janvier, soit à peine 6% du nombre total de stations à Paris ;
Considérant de plus que de nombreux abonnés n’ont jamais reçu le mail contenant les informations nécessaires à la migration de leur abonnement de l’ancien vers le nouveau prestataire, ce qui nécessite de prendre contact avec un service client débordé pour pouvoir enfin effectuer cette migration ;
Considérant qu’alors que le retard en termes de montage des nouvelles stations était connu dès la fin de l’année 2017, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a attendu début janvier et le constat d’un service totalement inopérant pour exiger du prestataire le doublement des équipes sur le terrain et au centre d’appels ;
Considérant que dès le mois de novembre 2017, le groupe UDI-MoDem a demandé, par l’intermédiaire d’un voeu déposé en Conseil de Paris, que les abonnés bénéficient d’une juste compensation face à la forte dégradation du service Vélib’ ;
Considérant qu’à la suite du dépôt de ce voeu, l’exécutif avait admis une détérioration du service et s’était engagé, en lien avec le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, à étudier la mise en place d’une compensation pour les abonnés annuels Vélib’ ;

Considérant que face à la très forte dégradation du service Vélib’, sur laquelle le groupe UDI-MoDem avait à de nombreuses reprises alerté l’exécutif parisien, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, a voté le 9 janvier deux mesures de compensation pour les utilisateurs, à savoir :

- Un crédit de 3 heures offert aux usagers abonnés avant le 1er janvier 2018, leur permettant notamment d’utiliser gratuitement les Vélib’ électriques ;
- Une remise de 50% sur les mensualités de janvier, février et mars pour les nouveaux abonnés Vélib’ ainsi que pour ceux arrivant à renouvellement ;

Considérant que ces mesures de compensation ne sont absolument pas à la hauteur du préjudice subi par les utilisateurs pendant de nombreux mois ;
Considérant de plus qu’alors que le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole percevra des pénalités financières de la part du nouveau prestataire Vélib’ du fait du non-respect de ses obligations contractuelles, il serait légitime que celles-ci soient consacrées à offrir des compensations plus en adéquation avec la dégradation du service rendu aux utilisateurs.

Les élus du groupe UDI-MoDem du 12e émettent le vœu :
- Qu’en plus des mesures déjà votées par le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, la Ville de Paris, dans le cadre de son rôle au sein de ce Syndicat, mette tout en œuvre afin que les abonnés Vélib’ ayant à subir la forte dégradation du service depuis octobre 2017 obtiennent une compensation consistant en :
- Une prolongation gratuite de leur abonnement de 6 mois pour les abonnés avant le 1er janvier 2018 ;
- Une prolongation de la remise de 50% sur les mensualités d’avril et des mois suivants jusqu’à ce que le service soit totalement opérationnel pour les nouveaux abonnés.

Votants : 28 dont 4 pouvoirs
Pour : 6 voix :
05 voix groupe Les Républicains
01 voix groupe UDI-MODEM
Contre : 22 voix dont 4 pouvoirs

Débat organisé autour de la Communication sur la politique du logement et l’habitat .

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Merci, Madame la Maire. J’en profite pour vous remercier de nous donner la parole sur de tels sujets. Le logement est une priorité de l’action municipale. Nul besoin de longue démonstration pour nous convaincre que du logement dépend de plus en plus le pouvoir d’achat des Parisiens.

Depuis 2014, la situation s’est accentuée. La Mairie de Paris n’a malheureusement pas su mettre fin à la spéculation qui touche surtout les plus fragiles et les classes moyennes. A Paris, le logement ne répond plus aux besoins des habitants pour être logés au juste prix dans la ville de leur choix. Pourtant, ce serait de mauvaise foi de dire que la Mairie de Paris n’agit pas. Elle fait des choses, elle expérimente, elle enfonce des portes, elle a raison de construire du logement social à l’Ouest de Paris. Mais la question de la politique du logement est le vrai marqueur de la différence entre majorité et opposition aujourd’hui.

L’une des réponses apportées est la production de logements sociaux tous azimuts. Dans le 12e arrondissement, nous sommes doublement concernés avec un objectif affiché de 25% de logements sociaux en 2025 et de 30% en 2030. Objectif qui ne figure pas dans la communication. Les nombreux programmes immobiliers nouveaux quartiers : la caserne de Reuilly avec 600 logements dont 300 logements sociaux, Gare de Lyon-Daumesnil, 600 logements également et 4 000 logements pour Bercy-Charenton.
Le logement social, c’est aussi le logement étudiant, pour les jeunes travailleurs. Il n’est pas question pour nous de revenir sur ces logements. Cependant, en matière de logement, nous avons trois convictions.

Le logement social doit être une étape dans le parcours résidentiel et ne peut être un choix définitif. Nous devons pouvoir en bénéficier lorsque notre vie l’exige mais la situation ne doit pas être figée.
L’importance d’améliorer la mutation dans les logements sociaux pour prendre en compte les réalités des foyers. Nous avons voté une charte des mutations pour accompagner les bailleurs sociaux à mieux gérer les changements de situation au sein du parc social. Nous demandons la mise en place de baux à durée déterminée pour les logements sociaux, non pas pour mettre dehors les occupants au bout de quelques années mais pour obliger les bailleurs sociaux à vérifier que la situation des locataires est toujours en accord avec les conditions d’éligibilité au logement social.

Proposer du logement intermédiaire en plus grande quantité pour permettre aux classes moyennes de continuer à se loger à Paris. Pour nous, ce parc est une vraie réponse à la crise du logement car il vient faire la jonction entre le parc social et le parc privé. Il y a de votre part, des signes et des actions en faveur de ce logement PLS mais ce n’est pas suffisant ni durable.

En tant qu’élus d’opposition, on fait essentiellement appel à nous pour des questions de logement, toujours de façon désespérée. Que ce soit pour l’attente d’un logement social ou pour des problèmes de vandalisme dans une copropriété. La Mairie de Paris a permis cette année aux gardiens de verbaliser les actes d’incivilité dans le parc social. Le 12e arrondissement est pourvu de 10 agents. C’est un début. Est-ce que des postes supplémentaires sont déjà prévus ? Nous sommes aussi sollicités pour des rencontres dans l’espoir de faire accélérer des demandes de logement. Je souligne votre décision courageuse un an auparavant de ne plus recevoir individuellement les demandeurs de logement. Ces rendez-vous peuvent être très rassurants mais ne sont qu’une mise en scène. En revanche, il est primordial de multiplier les points de contact formels et informels pour expliquer aux demandeurs de logement, comment cela fonctionne et le véritable pouvoir de décision de la Mairie, et pour construire un dossier.

Pour nous, il faut poursuivre l’encadrement rigoureux du dispositif Airbnb qui pénalise des quartiers entiers à double titre : moins de logements à louer ou à acheter, hausse de prix pour les appartements restants. Le 12e arrondissement est encore peu concerné. Il faut réfléchir à la politique du logement à l’échelle de la métropole, ne plus raisonner à l’intérieur du périphérique. La densité urbaine est en constante augmentation. Dans notre arrondissement, les projets immobiliers vont remplir les derniers espaces libres. Pour continuer à loger les Parisiens, je ne vois pas d’autre solution que d’ouvrir notre regard vers la Métropole et la Région. »