Communiqué de presse : Statut de Paris : une réforme peut en cacher une autre

Le 3 août 2016

Alors que le projet de loi relatif à la réforme du statut de Paris a été examiné ce matin en Conseil des ministres, suite à l’avis favorable du Conseil d’Etat, c’est avec grand étonnement que le groupe UDI-MoDem a découvert une réforme dont les contours les plus litigieux lui avaient été soigneusement cachés.

Entre le projet débattu au sein du groupe de travail auquel a participé assidument le groupe UDI-MoDem et ce qui est présenté aujourd’hui, il y a un projet de réforme qui n’a jamais été abordé dans la moindre réunion et qui témoigne de la réalité des arrière-pensées de l’exécutif parisien. Ni la création de la commission permanente, ni son fonctionnement ni sa composition ni ses compétences n’ont été des sujets évoqués ou abordés dans ces groupes de travail. Compte-tenu de ces éléments, il est difficile de ne pas s’interroger sur les arrière-pensées d’une réforme dans la réforme.

C’est ainsi que sous couvert d’une fusion de la commune et du département, que nous appelons d’ailleurs de nos vœux, l’exécutif parisien envisageait un nouvel outil à son service en instituant une « Commission permanente », à l’instar de ce qui prévaut dans les départements, mais à la différence majeure que, sans la vigilance du Conseil d’Etat, elle n’aurait été idéalement constituée que …du seul exécutif, sans la moindre représentation de l’opposition.

Le groupe UDI-MoDem salue cependant le pas franchi vers davantage d’autonomie ainsi qu’une gestion au plus proche des préoccupations quotidiennes des Parisiennes et des Parisiens, tandis que la maire de Paris récupère une partie des pouvoirs de police administrative. Maintenant, il faut « oser la police municipale », qui a prouvé à maintes reprises sa complémentarité avec l’action de la police nationale. Jamais il n’a paru aussi nécessaire ni aussi tangible de mettre en œuvre et déployer une police municipale de proximité. C’est cette seconde étape qu’il appartient à la maire de Paris d’impulser avec la même force de conviction qui l’a animée pour défendre son projet face à un gouvernement initialement rétif, imprégné de la défiance historique portée à l’encontre d’une capitale réputée frondeuse.

Enfin, la maire de Paris n’a pas oublié que la politique c’est de la dynamique, pas de l’arithmétique.

En évitant définitivement de perdre le 4ème arrondissement, comme cela avait failli être le cas en 2014, l’exécutif espère endiguer une dynamique qui lui serait défavorable. Il y a donc bien calcul politicien, n’en déplaise aux revendications vertueuses.

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de la métropole du Grand Paris

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