Débat organisé autour de la Communication sur la politique du logement et l’habitat .

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Merci, Madame la Maire. J’en profite pour vous remercier de nous donner la parole sur de tels sujets. Le logement est une priorité de l’action municipale. Nul besoin de longue démonstration pour nous convaincre que du logement dépend de plus en plus le pouvoir d’achat des Parisiens.

Depuis 2014, la situation s’est accentuée. La Mairie de Paris n’a malheureusement pas su mettre fin à la spéculation qui touche surtout les plus fragiles et les classes moyennes. A Paris, le logement ne répond plus aux besoins des habitants pour être logés au juste prix dans la ville de leur choix. Pourtant, ce serait de mauvaise foi de dire que la Mairie de Paris n’agit pas. Elle fait des choses, elle expérimente, elle enfonce des portes, elle a raison de construire du logement social à l’Ouest de Paris. Mais la question de la politique du logement est le vrai marqueur de la différence entre majorité et opposition aujourd’hui.

L’une des réponses apportées est la production de logements sociaux tous azimuts. Dans le 12e arrondissement, nous sommes doublement concernés avec un objectif affiché de 25% de logements sociaux en 2025 et de 30% en 2030. Objectif qui ne figure pas dans la communication. Les nombreux programmes immobiliers nouveaux quartiers : la caserne de Reuilly avec 600 logements dont 300 logements sociaux, Gare de Lyon-Daumesnil, 600 logements également et 4 000 logements pour Bercy-Charenton.
Le logement social, c’est aussi le logement étudiant, pour les jeunes travailleurs. Il n’est pas question pour nous de revenir sur ces logements. Cependant, en matière de logement, nous avons trois convictions.

Le logement social doit être une étape dans le parcours résidentiel et ne peut être un choix définitif. Nous devons pouvoir en bénéficier lorsque notre vie l’exige mais la situation ne doit pas être figée.
L’importance d’améliorer la mutation dans les logements sociaux pour prendre en compte les réalités des foyers. Nous avons voté une charte des mutations pour accompagner les bailleurs sociaux à mieux gérer les changements de situation au sein du parc social. Nous demandons la mise en place de baux à durée déterminée pour les logements sociaux, non pas pour mettre dehors les occupants au bout de quelques années mais pour obliger les bailleurs sociaux à vérifier que la situation des locataires est toujours en accord avec les conditions d’éligibilité au logement social.

Proposer du logement intermédiaire en plus grande quantité pour permettre aux classes moyennes de continuer à se loger à Paris. Pour nous, ce parc est une vraie réponse à la crise du logement car il vient faire la jonction entre le parc social et le parc privé. Il y a de votre part, des signes et des actions en faveur de ce logement PLS mais ce n’est pas suffisant ni durable.

En tant qu’élus d’opposition, on fait essentiellement appel à nous pour des questions de logement, toujours de façon désespérée. Que ce soit pour l’attente d’un logement social ou pour des problèmes de vandalisme dans une copropriété. La Mairie de Paris a permis cette année aux gardiens de verbaliser les actes d’incivilité dans le parc social. Le 12e arrondissement est pourvu de 10 agents. C’est un début. Est-ce que des postes supplémentaires sont déjà prévus ? Nous sommes aussi sollicités pour des rencontres dans l’espoir de faire accélérer des demandes de logement. Je souligne votre décision courageuse un an auparavant de ne plus recevoir individuellement les demandeurs de logement. Ces rendez-vous peuvent être très rassurants mais ne sont qu’une mise en scène. En revanche, il est primordial de multiplier les points de contact formels et informels pour expliquer aux demandeurs de logement, comment cela fonctionne et le véritable pouvoir de décision de la Mairie, et pour construire un dossier.

Pour nous, il faut poursuivre l’encadrement rigoureux du dispositif Airbnb qui pénalise des quartiers entiers à double titre : moins de logements à louer ou à acheter, hausse de prix pour les appartements restants. Le 12e arrondissement est encore peu concerné. Il faut réfléchir à la politique du logement à l’échelle de la métropole, ne plus raisonner à l’intérieur du périphérique. La densité urbaine est en constante augmentation. Dans notre arrondissement, les projets immobiliers vont remplir les derniers espaces libres. Pour continuer à loger les Parisiens, je ne vois pas d’autre solution que d’ouvrir notre regard vers la Métropole et la Région. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>