La Tribune.fr Loi de santé, tiers payant : les occasions manquées par François Haab

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Le projet de loi de santé récemment adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, dans des circonstances particulières, constitue une nouvelle occasion manquée de se poser les vraies questions et d’apporter des solutions à une régulation efficace des dépenses de santé en France.

Le débat qui a entouré ce projet de loi s’est cristallisé sur la notion de tiers payant. Cette modification administrative, qui avait été d’ailleurs annoncée par le candidat François Hollande, pour qui les médecins ont voté en majorité lors des dernières élections, si l’on en croit les enquêtes d’opinion, est un coup d’épée dans l’eau.

En effet, à part alourdir de manière considérable, -insupportable diront certains-, la charge administrative du médecin, cela n’améliorera ou ne fluidifiera en rien l’accès aux soins.

Ainsi, notre système d’assurance maladie a déjà mis en place les outils permettant aux plus démunis d’avoir une dispense d’avance de frais lors de toute consultation médicale : dispositif CMU récemment élargi, CMU-C, ou encore ACS. Cela est juste et nécessaire. En revanche la demande récurrente de nos patients est que le temps de la consultation, souvent considéré comme trop bref, soit un temps « médical » exclusif et non dévoré par des considérations purement technocratiques voire bureautiques : vérification de l’ouverture des droits, vérification du contrat de mutuelle et du niveau de garanties,…

Le choc de simplification administrative a décidément évité le champ de l’exercice médical. Alors même que tout est fait, d’ailleurs de manière assez consensuelle et trans-partisane, pour faciliter l’exercice médical libéral dans les grandes villes, et singulièrement à Paris, voilà une mesure qui risque de dissuader plus d’un jeune diplômé avant de visser sa plaque.

Que l’on se s’y trompe pas, nos concitoyens sont très attachés, et ils ont raison, à leur liberté de choix du médecin, à la possibilité de pouvoir consulter dans le respect du parcours de soins le médecin libéral qu’ils ont choisi ou d’avoir recours au service public de santé.

Lorsque les Français se rendront compte, peut-être trop tard, que les mesures adoptées vont compromettre gravement la pérennité de la médecine libérale, alors le réveil sera brutal. Les français sont un peuple de liberté, liberté de choix notamment pour les actes essentiels de la vie dont la santé est un élément majeur. Rappelons-nous 1983 et la défense de l’enseignement privé sous contrat. Le combat qui s’ouvre est du même ordre, de la même ampleur pour la médecine libérale conventionnée.

Bien sûr il ne s’agit pas de plaider pour l’immobilisme. Notre système de soins doit être modernisé, régulé, contrôlé même. Les médecins y sont prêts. Mais ceci ne peut se faire qu’avec un dialogue approfondi associant les professionnels de santé, les associations de patients et les organismes financeurs. Des sources réelles d’économies existent qui permettront de financer les progrès scientifiques de demain et de continuer à garantir l’accès aux soins pour tous.

Ceci passe par une véritable refondation de notre pacte social sanitaire.

C’est tout l’enjeu des débats politiques qui nous attendent dans les prochains mois.

Tribune : Il est temps de mettre en place le récépissé du contrôle d’identité !

Vendredi 18 décembre, je découvre grâce au tweet d’un ami, l’article d’Emeline Cazi dans le Monde « Des adolescents portent plainte pour violences policières ». En lisant cet article, ce sont des sentiments d’effroi, de colère et d’admiration que j’ai ressentie.

D’effroi, tout d’abord, en lisant le récit des sévices subis par ces dix-huit garçons et filles du 12ème  perpétrés par quelques membres de la brigade de soutien de quartier (BSQ).  En plus, des contrôles d’identité à répétitions, ils ont été victimes d’insultes racistes et de contrôles harcelant qui remettaient en cause leurs dignités humaines.

La colère arrive alors. De la colère contre ces policiers qui au-delà de leurs attitudes scandaleuses,et certainement condamnable (ce sera à la justice de trancher définitivement sur ce point-là) entraine un danger pour notre démocratie. Pourquoi dangereuse ? Parce qu’il s’agit d’un abus de pouvoir. Ces personnes sont dépositaires de l’autorité publique ! Ce genre d’attitude créé le sentiment d’une République inégalitaire, renforce un sentiment d’inexpugnabilité d’une certaine frange de la population  et peut créer au final un détournement, voire une radicalisation,  de notre société qui est censé mettre l’égalité, la fraternité et la solidarité au cœur de ses valeurs…mais qui dans les faits est capable de démontrer le contraire chaque jour ! Si ces membres de la BSQ ont du mal à gérer leurs pulsions et leurs positions, qu’ils trouvent un espace pour en parler et comprendre pourquoi ;  mais qu’ils n’exercent pas leur profession dans le but de détruire l’autre !

De l’admiration, enfin. Une infinie admiration pour le courage dont ont fait preuve ces jeunes gens du 12ème arrondissement qui ont porté plainte pour violences policières et ont du même coup dénoncé ces comportements.
Ils ont trouvé la force de le faire grâce à l’aide d’éducateurs de l’association soleil , des avocats mobilisés de longue date sur ces questions (Maitres Slim Ben Achour et Felix de Belloy) et à leurs côtés la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS), Pazapas et Open society justice initiative. Qu’ils en soient tous remerciés d’avoir su entourer ces 18 jeunes gens pour qu’ils passent à l’action. Pour eux mais aussi pour tous ceux qui n’osent pas !

Je suis touchée, révoltée et certains diront «  à fleur de peau » sur le sujet.  Je revendique tous ces états. J’ai eu la chance de rencontrer le collectif « Stop au contrôle au faciès » en 2013 qui mobilisait alors pour installer le récépissé. Un papier qui devait être remis à la personne contrôlée pour qu’elle ne puisse pas l’être à nouveau !
L’UDI a soutenu à travers une proposition de loi cette mesure, Manuel Valls, pas encore Premier ministre aussi.  Ce dernier y a renoncé une fois qu’il avait tout pour le mettre en place !
J’avais salué sur les réseaux sociaux, l’exposition de la mairie de Paris sur la place de la République pour dénoncer le contrôle au faciès. Les photos étaient belles, les témoignages bouleversants.

Une action centriste sur cette question ?
Nous n’avons pas attendu ce terrible article sur ces faits au cœur de Paris pour réagir. Il y a, déjà, la mobilisation du député de Bobigny-Drancy-Le Bourget, depuis plusieurs années et en 2012 le vote POUR du groupe centriste au Conseil de Paris du voeu des communistes demandant que la délivrance de récépissés soit expérimentée à Paris.Le vœu n’était pas passé.

Aujourd’hui, en tant qu’élue du 12ème,  je me mobilise pour que ce vœu soit redéposé au Conseil de Paris en 2016. Et que l’ensemble des composantes puisse y adhérer.

Paris est la capitale. Elle est grande, forte quand elle est progressiste et exemplaire mais toute petite quand il faut mettre fin aux violences policières. Montrons l’exemple, nous  élus de Paris en proposant cette expérimentation du récépissé, qui n’est absolument pas la solution à tout mais  l’envoi d’un premier  signal qui trace un chemin digne.

Les derniers mots iront à nouveau à ces 18 jeunes filles et jeunes hommes qui ont agi en citoyens responsables, merci à vous et soyez assurés que nous feront tout notre possible pour que votre action apporte des résultats !

Ophélie ROTA, conseillère d’arrondissement

Tribune libre : Changer la politique : montrons l’exemple localement

Nous sommes au lendemain du 2e tour des régionales. On savait déjà que l’abstention est le premier parti de France car les partis politiques ne sont plus capables d’intéresser tous les Français. On savait déjà que le FN séduit parce qu’il incarne une (fausse) nouveauté que certains pensent qu’il faut tester. On savait déjà la nécessité de proposer un nouveau schéma de la vie politique pour mettre fin à la désespérance. On le savait déjà mais les responsables politiques n’ont jusqu’à alors rien fait !

Et nous, que pouvons-nous faire ? Continuer à défendre la diversité des opinions dans la vie politique car c’est cette diversité qui assure l’intérêt du débat et ce sont ces débats qui permettent le renouvellement des propositions, nécessaire pour un nouveau souffle dont nous avons besoin. Nous allons continuer à démontrer que faire de la politique ce n’est pas suivre un dogme mais se réunir autour d’idées, de projets et que cela devrait être plus fort que les postures politiciennes. C’est une de nos croyances fortes au centre.

Notre groupe est dit dans l’opposition, cela doit-il signifier que nous ne sommes d’accord sur rien avec la majorité ?  Non, il y a de nombreux sujets locaux où nous partageons leur vision et nous n’hésitons pas à voter avec cette majorité au nom de l’intérêt général. (ex. l’élargissement du budget participatif, l’auberge de jeunesse à Porte de Vincennes, le plan vélo). Cette façon de faire de la politique doit s’émanciper et s’assumer. Ce sont les guerres entre partis qui ont créé cette lassitude des citoyens. Ayons le courage de proposer une autre manière de faire, cela fait déjà trop longtemps que les Français nous le demandent.

Tribune publiée dans le journal du 12ème de janvier-février 2016

Tribune libre : Les vélos oui, le débat aussi !

À leur retour de vacances, les riverains du boulevard de Reuilly et de celui de Picpus, ont pu découvrir que leurs rues avaient perdues leur place de stationnement pour laisser place à de lourds travaux pour les pistes cyclables du plan vélo 2015-2020 !

En mars dernier, le conseil d’arrondissement a voté à l’unanimité ce plan.Notre groupe avait souligné un oubli majeur pour un débat éclairé ; des cartes précises sur le tracé des futures pistes cyclables dans le 12ème.  L’exécutif avait promis qu’elles arriveraient dans un 2nd temps car elles n’étaient pas « pas tout à fait prêtes ». Ces cartes n’ont jamais été fournies aux élus de l’arrondissement ! Le détail des pistes cyclables a été connu mi juillet, à peine quelques jours avant le début des travaux. Pour la mairie, une concertation a eu lieu avec le comité vélo (combien d’habitants participent à ce comité ?!), et au moment du lancement du kiosque citoyen, place Daumesnil – alors même que les travaux étaient déjà programmés et que nous étions en plein milieu de l’été !

Nous ne remettons pas en cause l’existence de ce plan vélo nécessaire, entre autre, à la lutte contre la pollution atmosphérique et sonore dans notre ville mais nous regrettons vivement la méthode employée pour nous imposer le tracé et le calendrier qui prennent les habitants au dépourvu. Le travail de l’opposition est minimisé et aujourd’hui, les riverains ne peuvent que constater la présence des pistes et les problèmes de stationnement résidentiel qui vont avec.

Nous serons très vigilants à ce que le pouvoir d’achat des riverains possédant une voiture ne soit pas touché avec cette obligation de se garer dans un parking privé en sous sol. Ainsi, nous demandons à ce qu’ils bénéficient du même tarif que celui du stationnement résidentiel pour leur nouvelle place.

Tribune publiée dans le journal du 12e de septembre-octobre 2015

Tribune libre : Aménagements de Bastille et nation : penser des usages pour tous

Dans le cadre du réaménagement des places de la Bastille et de la Nation, notre arrondissement va rapidement connaitre des changements esthétiques majeurs. De par leurs héritages historiques, ce sont 2 places emblématiques pour notre arrondissement, pour Paris et pour la France. Aujourd’hui, il est nécessaire de penser leur réaménagement pour améliorer l’équilibre entre la voiture et la circulation douce, mais aussi pour y accroître la place des loisirs, faire de ces lieux des espaces de rencontre entre habitants et réimplanter des espaces verts.

Bastille est une place où le béton est omniprésent alors même qu’elle est au bord de l’eau, avec le port de l’Arsenal. Quel dommage de l’ignorer lorsque l’on n’y fait que passer !  Sur ces 2 places, les conflits d’usages sont nombreux et rendent toute tentative de traversée dangereuse : citons la traversée en vélo à Bastille ou le double-rond point pour les piétons à Nation.

Ces 2 places partagent une même caractéristique : elles possèdent un élément de notre patrimoine historique en leur centre. Aujourd’hui, impossible de venir admirer la colonne de Juillet de plus près, ou d’accéder à la statue du Triomphe. Pourtant, ce sont des symboles importants de notre République. Que dire aussi de la quatre voies qui donne sur la place de la Nation ou du goulot d’étranglement qui ouvre sur le Faubourg St Antoine depuis la place de la Bastille ?

Au-delà des aménagements esthétiques, c’est bien les usages de ces lieux, au profit de tous, qu’il s’agit de repenser. C’ est pourquoi le groupe centriste UDI-Modem, avec des réunions d’échanges ouvertes à tous, fera des propositions concrètes dans ce travail de réflexion majeur pour le bien-vivre dans le 12e.

Tribune publiée dans le journal du 12ème Été 2015

Tribune libre : Pour que les enfants des parisiens puissent encore se loger à Paris

Le logement est la priorité de la maire de Paris. Il en aurait été de même pour toute équipe municipale car mobilisation et action dans ce domaine sont une question de survie. Aujourd’hui, nul besoin de longues démonstrations pour nous convaincre que le budget-logement dévore de plus en plus le pouvoir d’achat des parisiens. Cette situation n’a fait que s’accentuer et la majorité de gauche n’a su mettre fin à cette spéculation, qui on le sait touche surtout les plus fragiles et les classes moyennes.

A Paris, le logement ne répond plus aux besoins de ses habitants : être logé au juste prix dans la ville qu’ils ont choisie !

Avec le plan local de l’habitat modifié (PLH), la maire de Paris a fait des choix qui visent à améliorer la situation du logement parisien. Nous nous reconnaissons dans certaines des réponses apportées : l’objectif de 10 000 créations de logement / an, la volonté de ré-équilibrage est-ouest des logements sociaux, la transformation de 200000 m2 de bureaux vides. Mais ce PHL modifié ne propose toujours pas un programme ambitieux pour du logement intermédiaire. Ces logements qui viendraient faire la jonction entre le parc social et le parc privé et qui permettraient de combler le manque de logements pour des classes moyennes qui sont « trop riches » pour le logement social,« trop pauvres » pour le parc privé…et qui finissent par quitter Paris.

Pour ces ménages parisiens à revenus moyens, ces professeurs, ces infirmières, ces cadres ou ces ouvriers qualifiés, quitter la capitale n’est pas un choix mais une obligation. Ils renoncent à leur ville de cœur pour pouvoir vivre leur vie ! Mais peut-on imaginer que Paris se prive de ces catégories de population, pour l’avenir de notre capitale ?

Tribune publiée dans le journal du 12ème Avril-mai-juin 2015