Débat sur la modification du plan local d’urbanisme (PLU)

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« En juin 2014, nous avions dû approuver l’engagement d’une procédure de modification du PLU. Notre groupe s’était déjà étonné à l’époque de ce calendrier de révision qui ne prenait pas en compte la création de la Métropole du Grand Paris.
C’est une critique toujours d’actualité ! L’urbanisme est une compétence partagée avec la métropole à partir de 2017 et cela nous obligera à réviser à nouveau notre PLU dans moins d’un an.

Cette délibération se donne des objectifs difficilement réfutables et que nous partageons tous ici « amélioration du cadre de vie des parisiens », « rayonnement de Paris et création d’emplois » « réduire les inégalités pour un Paris plus solidaire », il ne faut donc pas s’arrêter aux intitulés.

Pour réduire « les inégalités pour un Paris plus solidaire », votre solution est l’augmentation du pourcentage de logement social….mais vous oubliez encore le logement intermédiaire, notre cheval de bataille. Qui n’est pas une lubie mais une vraie réponse aux familles parisiennes trop riches pour le logement social et trop pauvres pour le parc privé et qui doivent quitter Paris. Où est ce parc de logement intermédiaire qui vient faire la jonction entre le parc social et le parc privé ? Il y a toujours des signes et des intentions pour ces logements PLS mais on ne voit toujours pas la volonté d’un effort massif et durable sur la question.
Sur la question du logement un mot sur la surenchère en matière de logements sociaux, enprévoyant 30% de logements sociaux à l’horizon 2030 plutôt que les 25% prévu par la loi SRU

Je n’irai pas plus loin sur les aspects techniques de la délibération pour me concentrer sur un débat essentiel pour notre ville et que cette délibération ouvre : la densification de Paris.
Notre densité urbaine est en constante augmentation et nous sommes à plus de 21 000 habitants / km2 , 3 fois plus élevée que la moyenne des capitales européennes.
Comparaison plus parlante, Paris est la cinquième ville la plus dense au monde, après Manille, Le Caire, Calcutta, Shanghai et Mumbai, qui ne sont pas des exemples de ville durable…loin s’en faut !
Autrement dit, au chapitre de la densification urbaine, Paris a largement payé son dû et on peut se dire que notre objectif à tous à présent est de préserver nos derniers espaces de respiration. C’est une question de choix politique et de vision pour Paris.
Je précise que cette réflexion ne vient pas remettre en cause les 10 000 logements neufs par an prévus et nécessaires, pas plus qu’elle ne vient défendre des tours hautes qui viendraient à se multiplier dans la ville. La hauteur est extrêmement énergivore, en plus de créer une augmentation considérable de la densification.

Nos solutions alors ? Les bureaux vides et leur transformation en logement. Pour rappel, on parle de plus de 200 000 m2 dans Paris et porter cette question de la densification au niveau du Grand Paris.

Notre arrondissement va particulièrement être impacté par cette question de densification avec le « nouveau quartier » Bercy-Charenton, la caserne de Reuilly ou encore le périmètre Gare de Lyon-Daumesnil. Tous ces secteurs sont concernés par des espaces verts importants mais aussi de nombreux logements.
La douceur de vivre de notre arrondissement qui est un de ses atouts majeurs ne doit pas être perdue au fil des mandatures de Mme Hidalgo et nous y serons particulièrement attentifs.

A ce titre, les vœux du groupe EELV nous apparaissent cohérents avec l’idée de défendre un 12e qui maintient une bonne qualité de vie. Nous partageons leur volonté de voir se renforcer les circulations douces et pistes cyclables dans les quartiers aussi denses et complexes que la Porte de Vincennes, le boulevard de Bercy ou le secteur Gare de Lyon-Daumesnil. Nous les voterons.
Mais nous ferons l’inverse pour cette modification du plan local d’urbanisme. »

Vœu relatif à l’aménagement du quartier Bercy-Charenton, déposé par les élu-es écologistes du 12e

Voici l’intégralité du voeu déposé par le groupe EELV du 12e.

Considérant que les objectifs approuvés par le conseil de Paris relatifs à l’aménagement du quartier Bercy-Charenton sont d’améliorer les liaisons entre les communes de Paris et de Charenton-le-Pont, de proposer une programmation urbaine mixte, de faciliter l’accueil de nouveaux modes de transports en commun et de faciliter l’environnement du site et les espaces publics ;

Considérant que ces objectifs ne prédéterminaient nullement la morphologie urbaine future du quartier ;

Considérant que, dans le cadre d’un réel urbanisme participatif, la concertation aurait ainsi dû permettre de déterminer les grandes lignes de la morphologie du quartier ;

Considérant que le bilan de la concertation fait apparaître que des inquiétudes ont régulièrement émergé quant à l’implantation d’immeubles de grande hauteur et l’impact sur le paysage urbain parisien ;

Considérant que ces inquiétudes n’ont pas été prises en compte et que seules ont été retenues et mises en avant les quelques contributions favorables à l’implantation d’immeubles de grande hauteur ;

Considérant que l’implantation de 5 ou 6 immeubles de grande hauteur est de ce fait envisagée à l’issue de la concertation ;

Considérant que la réalisation de ces tours qui aurait un impact majeur sur la morphologie du 12e arrondissement et du sud-est parisien ne peut être imposée aux Parisiennes et aux Parisiens mais doit recueillir leur adhésion majoritaire.

Sur proposition des élu-es écologistes, le conseil du 12e arrondissement souhaite que soit organisé un référendum sur l’implantation d’immeubles de grande hauteur à Bercy Charenton. 

Ophélie Rota, Conseillère d’arrondissement

Nous voterons pour car il reprend une inquiétude que nous avons souvent exprimée à savoir la hauteur des bâtiments qui seront construits dans ce quartier. Merci.

Débat organisé relatif à la concertation préalable à la création d’une Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) sur le secteur Bercy Charenton

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement :

« Merci Mme la Maire. Le débat et la délibération nous permettent de faire un bilan des 4 années de concertation sur la future ZAC Bercy Charenton. La concertation, pour arriver à la création d’une ZAC, peut sembler longue mais ce n’est que le début des débats, et la durée est à la hauteur de l’enjeu que représente le projet. Il s’agit ici de la création d’un nouveau quartier pour Paris et ce n’est pas rien. C’est un quartier qui sera à l’entrée de la ville, visible en premier lorsque l’on arrivera de l’Est. Il devra donc raconter quelque chose sur Paris. On parle ici de 60 hectares pensés dont 13 hectares urbanisables. Ce projet ne peut exister sans la SNCF et RFF. Toute la complexité des limitations et des grands axes techniques du projet résident dans ce partenariat, très important pour l’opération. La délibération qui fait état des différentes étapes de la concertation montre bien deux choses. La concertation a servi à quelque chose. Le projet a évolué en prenant en compte les craintes exprimées par les élus et les habitants. La plus emblématique est celle de la préservation des activités dans le tunnel Baron-Leroy. La prise en compte également comme enjeu prioritaire de faciliter l’accès aux transports et de simplifier la vie du piéton du quartier de Bercy qui est un peu replié sur lui-même de par sa disposition actuelle. Deuxième chose à remarquer. Le projet a perdu un peu en ambition, en raison des énormes contraintes techniques du lieu et des propriétaires. Je me rappelle qu’au début du projet, en 2011/2012, j’expliquais dans mon entourage que nous allions recouvrir les voies ferroviaires, ce qui est exclut aujourd’hui. Ainsi, je m’interroge beaucoup sur la manière dont on va faire cohabiter logements, écoles, bureaux avec ces rails. Un dernier mot sur la répartition des logements prévus à ce stade. Nous regrettons toujours la part des logements intermédiaires qui stagne à 20%. Le quartier de la Porte de Charenton est déjà marqué par un fort taux de logements sociaux et le taux de 60% prévu dans le projet final ne cadre pas avec les objectifs de répartition équilibrée sur Paris et dans l’arrondissement. Nous nous donnons le droit d’attendre la fin du débat pour choisir notre vote. »

Nous avons finalement voté POUR car l’enjeu du vote portait sur la création d’une ZAC.