Débat organisé autour de la politique d’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre les violences faites aux femmes dans le 12e arrondissement.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Merci Mme la Maire, quel plaisir d’avoir tant de monde dans le public pour ce débat ! Votre présentation et la communication écrite que vous nous avez fournie en amont du conseil démontrent bien l’implication de notre arrondissement sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes et dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le travail et l’engagement de vos élus sur ces questions – et je citerai particulièrement Emmanuelle PIERRE-MARIE – viennent renforcer votre propre action et votre propre engagement, Mme la Maire, régulièrement en actes et en paroles.
Je soutiens et je félicite donc l’ensemble des actions menées dans l’arrondissement et présentées, des actions symboliques et donc primordiales, telles que la communication sans stéréotype de sexe ou la reconquête de l’espace public à travers des dénominations de places ou de rues, ou encore des actions de plus grande envergure, comme les centres d’hébergement avec des places dédiées aux femmes.
À ce titre, j’appelle la Région et l’Etat à finaliser le financement pour la résidence sociale pour les femmes victimes de violences que vous souhaitez ouvrir dans le 12e arrondissement. J’ai assuré la rédaction de cette intervention avant le vœu, donc vous connaissez à présent ma position sur ce voeu.

Pour aller plus loin, deux aspects de l’égalité hommes/femmes sont à mon sens peu présents dans cette communication : le harcèlement de rue et la question du consentement. En premier volet, je me permets de souligner le travail d’un groupe parlementaire sur la verbalisation du harcèlement de rue, groupe de travail auquel a participé notre députée Laetitia AVIA. Ce groupe de travail a ainsi préconisé la création d’une nouvelle infraction, qu’on appellerait l’« outrage sexiste et sexuel », qui sera puni d’une contravention. Certains disent déjà que la verbalisation sera difficile, et alors ? Cela n’enlève en rien la valeur de cette mesure. Le message envoyé est clair : l’Etat et la loi sont du côté de la femme insultée pour des raisons sexuelles ou sexistes.

Sur le volet du consentement, cette question me paraît essentielle et constituera sans doute une nouvelle étape en matière de pédagogie et d’éducation des enfants et des adolescents. De nombreux documentaires et témoignages abordent cette question cruciale afin que les relations soient réellement égalitaires entre les hommes et les femmes. Dans votre dispositif, que vous appelez
« collège pour l’égalité », cet aspect pourrait être développé et à mon avis, il l’est déjà fortement par les intervenants.

Pour terminer, je souhaiterais lire un extrait de la tribune sur les violences sexistes dans l’espace public, que j’ai pu faire paraitre en tant que présidente de groupe en octobre dernier dans le journal du 12e arrondissement. Ici, je peux lui donner une seconde exposition.
«  Aujourd’hui encore, se déplacer dans les rues, pour une femme, oblige à des aménagements de comportement, que cela concerne la tenue, la posture ou le regard : un compliment par-ci, un regard appuyé par-là, pour beaucoup d’hommes, c’est sympa et en aucun cas agressif. Mais il faut imaginer ce regard ou ce compliment répété plusieurs fois par jour, pendant plusieurs semaines, pendant plusieurs années. A présent, imaginez la situation inverse : est-ce qu’une femme donne son avis sur la tenue d’un homme qu’elle croise dans la rue, ou siffle-t-elle un inconnu qu’elle trouve désirable ? Triste constat, rappelé par Emmanuelle PIERRE-MARIE d’ailleurs, l’inégalité persiste entre les femmes et les hommes, au-delà du foyer – violences conjugales, du travail – inégalité salariale, l’espace public et les transports en commun sont des lieux supplémentaires où il existe une différence de traitement.
Des solutions pour changer ces comportements : l’éducation dès le plus jeune âge pour apprendre l’égalité pleine et entière entre les femmes et les hommes ; dans son quotidien, relever et refuser les stéréotypes sexistes, dans les publicités notamment, et enfin, donner l’exemple par son comportement en ne laissant pas se dérouler une situation qui oblige la femme à se faire discrète.

Je vous remercie. »

Voeu déposé par les élu(e)s du groupe écologiste du 12e arrondissement relatif à une communication sans stéréotype de sexe.

Présentation du voeu par  David GREAU, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement 

« Ce voeu sera également examiné au Conseil de Paris et est déposé par certains de nos collègues dans d’autres arrondissements. Ce voeu intervient une semaine après la Journée Internationale du Droit des Femmes. L’idée principale est de lutter contre le sexisme et de promouvoir l’égalité dans l’ensemble des actions menées par l’Arrondissement et par la Ville de Paris. Un protocole d’accord a été signé en juillet 2013 entre le ministère des Droits des Femmes et les grandes associations de collectivités, et permet de promouvoir cette égalité femmes-hommes. Depuis 2001, notre arrondissement est piloté par des femmes. En tant que grand organisateur d’événements, en tant que lieu d’accueil de manifestations, mais aussi en tant que vecteur et pourvoyeur de communication, nous avons un rôle à jouer dans la promotion de cette égalité femmes-hommes. Nous devons systématiquement nous poser la question sur la manière dont nous faisons notre communication, comment elle sera perçue, et sur le message que nous véhiculons.

Ce voeu est assez simple et demande : Que la Ville de Paris se dote d’une charte pour une communication publique sans stéréotypes de sexe diffusée au sein de la DICOM et auprès des agents affectés à des missions de communication dans les autres directions et les mairies d’arrondissement. Que cette charte s’applique aux événements accueillis par l’Hôtel de Ville et les mairies d’arrondissement, notamment en demandant la parité des intervenant-e-s à la tribune. Que l’ensemble des correspondances et formulaires administratifs, notamment électoraux, de la Mairie du 12e arrondissement de Paris comporte des déterminations genrées. »

Explication de vote de François Haab, conseiller de Paris

 » Une brève explication de vote. Nous allons devoir revoir le vocabulaire puisque le terme de sage-femme va poser problème, dorénavant. Nous allons tous nous habituer à parler de maïeutique puisque le terme de sage-homme n’existe pas. Plus sérieusement, je rejoins l’objectif soulevé par ce voeu. Je suis juste gêné par l’objectif de parité. Vous l’avez d’ailleurs dit avec une petite pointe d’humour. Mais il est vrai que c’est un objectif qui ne me semble pas atteignable. Si on veut servir cette cause au maximum, que je rejoins totalement, je pense que l’objectif de parité, tel qu’il est affiché dans le voeu, n’est pas possible, n’est pas souhaitable, n’est pas réalisable. Malheureusement, sur les trois propositions du voeu, celle-ci me contraint à l’abstention parce que je pense que ce n’est pas possible. Si vous amendiez ce voeu, je le voterais avec grand plaisir. Imaginons une assemblée où il y ait majoritairement des femmes, car il s’agit d’une réunion publique qui concerne majoritairement des femmes. Réciproquement, dans ma discipline, si je fais demain une réunion d’urologues où il y a 95% d’hommes, comment je fais pour avoir la parité ? C’est pour donner un peu de pragmatisme à cette mesure. »

David GREAU, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement

 » M. HAAB. L’idée derrière tout cela est de provoquer le questionnement. Matériellement, il y a des tribunes dans cet arrondissement qui seront à 100% féminines et qui continueront à l’être. Je vous propose de modifier, dans ce second attendu, le terme « demandant » par le terme « veillant », donc de dire que cette charte s’applique aux événements accueillis par l’Hôtel de Ville et les mairies d’arrondissement en « veillant » à la parité des intervenants de la tribune. Ce n’est pas catégorique, mais cela permet de se poser la question, que les organisateurs se posent la question en opportunité sur la composition de la tribune. »

Hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015

Ophélie ROTA présidente du groupe UDI-MODEM

« Je vous remercie Madame la Maire de nous donner l’occasion de nous exprimer au sein de ce conseil d’arrondissement pour rendre hommage aux victimes des terribles attentats du 13 novembre dernier au coeur de Paris. Une prise de parole qui nous permet de partager publiquement les sentiments qui nous traversent depuis cette date et c’est un honneur.

Le 13 novembre, j’ai ressenti des battements de cœur qui m’étaient jusqu’alors inconnus. Des battements de peur de la mort. Pour des parents, des amis qui étaient dehors précisément au théâtre ou au restaurant dans ces arrondissements qui sont nos 2ème et 3ème maison. Des battements de peur qui immobilisent et rendent impuissants des heures durant…mais il n’est pas question de transformer le conseil d’arrondissement en groupe de parole.

Ainsi, ce soir et tous les autres jours je rends hommage aux victimes qui ont vu l’horreur avant de mourir, je pense ce soir et tous les autres jours à leurs familles et aux amis qui vont être touchés et impactés pour leurs vies entières et je pense également ce soir et tous les autres jours à nos blessés qui pour certains luttent encore pour revenir à la vie.

Nous ne devons pas changer notre quotidien, nous ne devons pas changer ce que nous sommes, nous ne devons pas changer ce en quoi l’on croit au sein de notre démocratie : l’égalité entre les femmes et les hommes, la solidarité, la liberté, la fraternité, et la laïcité mais au nom des 130 morts et plus de 350 blessés, je refuse que notre réponse soit le statu quo ou pire encore, la violence et la vulgarité de certaines attitudes ou certains propos. Rien ne sera plus comme avant, rien ne devrait plus être comme avant. Nos valeurs doivent s’affirmer haut et fort sans relâche, nos connaissances pour détruire tout l’amalgame doivent être renforcées et notre unité au nom de l’intérêt général doit être plus forte que jamais. Après Charlie en janvier et ce 13 novembre, nous pouvons affirmer que nos destins de parisien, français, européen et humain sont sacrément liés.

Liberté, égalité, fraternité, UNITÉ »