Communiqué de presse : Statut de Paris : la Mairie enclenche la fusion façon turbo

La loi sur la réforme du statut de Paris, concoctée et adoptée hier par l’Assemblée nationale, n’a même pas le temps de refroidir, que déjà la Mairie de Paris, met les bouchées doubles sur sa mise en œuvre en annonçant, moins de 24 heures après son adoption, la mise en place de la « conférence d’arrondissements » prévue par la loi. La seule mission de cette conférence étant de remettre un rapport à la maire de Paris avant « fin 2018 ».

Dans les faits la mairie de Paris veut devancer la fusion annoncée des quatre premiers arrondissements, la fusion administrative précédant ainsi un préalable fondamental, qui devrait être la légitimité politique de ce nouveau secteur, qui ne sera donnée que par les élections municipales de 2020.

Cette précipitation est d’autant plus suspecte, que la mairie de Paris explique à qui veut l’entendre que rien ne change, ni le personnel, ni le budget, ni l’organisation administrative, ni le maintien des quatre mairies d’arrondissements.

La Mairie de Paris ne nous a pas habitués à une telle rapidité d’exécution, qui traduit plus un acharnement politique afin d’avancer vite sur un dossier aux arrière-pensées électoralistes.

La méthode tranche avec d’autres mises en œuvre de lois, comme celle de la « République Numérique » et le permis de louer un meublé touristique, que nous attendons depuis six mois déjà, et dont la Mairie réclame au gouvernement le décret d’application du bout des lèvres, et sous la pression de l’opposition.

Nous considérons que la fusion des quatre premiers arrondissements doit désormais, et avant toute autre chose, être inscrite à l’ordre du jour des prochains conseils des arrondissements concernés. Car cette réforme, politique, est avant toute chose une affaire d’élus, de représentants des parisiens, et doit être introduite publiquement dans les arrondissements concernés, et non dans le secret initié des alcôves administratives de l’Hôtel de Ville.

Eric Azière
Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Tribune « Les écrits restent…. »

Pour ne plus s’entendre dire que nous refusons un projet historique pour Paris, nous profitons de cette tribune pour rappeler notre soutien au projet de piétonisation des voies sur Berge rive droite. Ce projet était dans le programme municipal que nous défendions aux côtés de Les Républicains en 2014. Mais sommes-nous autorisés à dire que la mise en place de ce projet a été précipitée, irrespectueuse et sans concertation ? À en croire la majorité, non !
Paris doit se réapproprier son fleuve pour, entre autres, des raisons environnementales. La fermeture aux voitures des voies sur berge rive droite est une décision naturelle et bénéfique pour tous. Ce projet est historique pour Paris et c’est justement parce qu’il l’est, qu’il ne pouvait être fait avec cette méthode autoritaire.
Le projet choisi l’a été en s’appuyant sur les 57% d’avis favorables parmi 933 contributions issues de la concertation publique (été 2015). En 2011, 1563 contributions sur l’aménagement des berges de Seine rive gauche avaient été jugées par le commissaire- enquêteur comme trop faible pour se positionner et la concertation avait été prolongée. Pas cette fois-ci !
Plus grave, le mépris de la mairie vis-à-vis des légitimes inquiétudes exprimées par plusieurs acteurs : le vote négatif de la commission d’enquête en août 2016, l’appel des maires de banlieues qui sont exclus du projet, les 40 000 artisans parisiens, le trafic des bus RATP qui devrait être impacté à 42% et tous les retours quotidiens des parisien-nes. Au groupe UDI-Modem, nous avions demandé à ce que soit étudié un plan de circulation. Refusé. Nous avions demandé à ce que soit étudié des modes de transports collectifs propres et silencieux sur les voies et d’accentuer les navettes fluviales. L’objectif était de proposer des transports alternatifs et de soulager les bus. Pas entendu.

Tribune parue dans le journal « Notre 12″ n° 75

Voeu de la majorité relatif au projet de restructuration du réseau de bus parisien

Grand Paris des bus Lors du conseil d’arrondissement d’octobre 2016, Catherine BARATTI-ELBAZ, maire du 12e arrondissement et Christophe NAJDOVSKI, adjoint à la Maire de Paris, chargé des transports, de la voirie, des déplacements et de l’espace public et les élu-e-s de la majorité ont présenté un voeu relatif au projet de restructuration du réseau de bus parisien.
Nous voulions vous proposer l’intégralité de l’échange pour que vous puissiez voir les postures de partis qui, parfois, viennent prendre le dessus sur un voeu d’intérêt général.

Je vous laisse lire la présentation du voeu faite par la Mme la maire «  Ce projet concerne essentiellement les lignes de bus de Paris intra-muros, mais pas uniquement. En tant que conseillère métropolitaine, je me réjouis que nous réexaminions ces lignes de bus à l’aune de la création de la Métropole, avec pour objectif d’étirer ces lignes vers les arrondissements périphériques et les communes riveraines. C’est le cas dans ce projet avec des lignes très traversantes de tout l’arrondissement et qui se retrouvent coupées à l’intérieur de Paris. C’est pourquoi l’ensemble des groupes de la majorité a souhaité proposer que les terminus aujourd’hui proposés pour les lignes 24 et 87, respectivement Gare d’Austerlitz et Gare de Lyon, soient prolongés plus au cœur de Paris, vers le Musée d’Orsay ou le Jardin du Luxembourg, pour permettre aux habitants du 12e de continuer à se rendre dans le quartier latin et sur la rive gauche. Il s’agit d’une destination intéressante pour les habitants du 12e qui se sont largement exprimés en ce sens lors de la réunion de concertation sur le quadrant Sud-Est il y a quelques jours dans le 5e arrondissement. Il s’agit de prolonger le bus 87 au-delà du Bois de Vincennes et de desservir le sud du Bois de Vincennes. Il s’agit également de prolonger la ligne 201 qui s’arrête à Joinville aujourd’hui, jusqu’à la Porte Dorée, en passant cette fois-ci par le nord du Bois de Vincennes.
Avec ces deux prolongements, on améliorerait considérablement la desserte du Bois de Vincennes. C’est un objectif poursuivi de manière unanime par l’ensemble des élus riverains du Bois de Vincennes. J’ai déjà demandé, avec mes collègues élus des communes riveraines, que nous puissions organiser une réunion publique de concertation sur la desserte du Bois de Vincennes avec les habitants de ces communes, en présence des services du Stif, ce qui, pour le moment, nous a toujours été refusé, et je trouve cela fort dommage.
Enfin, que nous soit donnée la garantie que la réorganisation de ces itinéraires ne se fera pas avec une baisse de l’offre en termes de fréquence et d’extension des horaires. Nous savons que les besoins en mobilité des Franciliens sont en croissance permanente. Il serait utile qu’à l’occasion de cette restructuration, nous ayons des garanties au-delà des itinéraires sur les horaires et l’offre de service assurée aux nombreux Parisiens et Franciliens qui prennent le bus dans notre ville.

Avez-vous des commentaires sur ce vœu ? »

Valérie MONTANDON, Conseillère de Paris et président du groupe les Républicains au sein du conseil d’arrondissement s’exprime à son tour :
« Il est assez étrange que, lors de la mise en place du projet d’aménagement des berges de Seine, vous ayez oublié qu’il y avait une Présidente de la Région Ile-de-France. Surtout, vous n’avez jamais répondu à ses demandes de concertation. En effet, la fermeture des voies sur berges à Paris a été décidée par la Maire de Paris sans aucune concertation avec la Région Ile-de-France et les départements limitrophes, et surtout contre l’avis défavorable de la commission d’enquête publique.
Le réseau de bus souffre aujourd’hui de la congestion généralisée de la capitale. La fermeture des voies sur berges conduit à impacter 25 lignes de bus, avec des allongements de temps de parcours allant jusqu’à 15% supplémentaires. Par exemple, la ligne 24, que vous mentionnez dans votre vœu, correspond à un allongement de temps de parcours de 4 minutes le matin dans le sens Est-Ouest. Non seulement la fermeture se fait sans renfort d’offre, mais elle dégrade les lignes existantes. Le report modal est donc loin d’être acquis.
Aussi, à la Région, le groupe Les Républicains n’a-t-il pas attendu votre vœu pour essayer de réparer le manque d’anticipation et le passage en force des berges de Seine. Nous avons entrepris deux actions. D’abord, notre groupe a proposé une délibération visant à soutenir la création annoncée par Valérie PECRESSE d’un comité d’évaluation régional indépendant. Ce comité est chargé de mesurer l’ensemble des effets induits par le projet sur le plan de la pollution de l’air, du bruit, du trafic et de la santé, et ce, dans un périmètre élargi à tous les territoires susceptibles d’être impactés. Notre groupe a également demandé qu’un examen détaillé des mesures compensatoires au projet envisagé de piétonisation soit engagé, et que l’étude de projet alternatif au projet actuel soit d’ores et déjà lancée. Cette délibération adoptée à la majorité par le Conseil régional montre bien qu’avec Valérie PECRESSE, nous agissons dans l’intérêt de tous les Franciliens.
Valérie PECRESSE a également lancé une grande concertation régionale, le Grand Paris des bus, que vous rappelez dans votre vœu, et je vous en remercie. Le réseau de bus est l’un des principaux leviers pour répondre rapidement aux besoins de transport. La Présidente de la Région Ile-de-France a engagé un programme ambitieux de développement et de renfort du réseau de bus pour l’ensemble de la Région Ile-de-France. Il s’agit d’une large consultation régionale avec les usagers, les associations et les élus pendant tout le mois d’octobre. Je précise bien les usagers ; aussi, je ne comprenais pas lorsque vous disiez tout à l’heure que le Stif refusait la concertation, puisque la concertation a lieu en ce moment. Des ateliers auront lieu demain dans le Nord de Paris.
Nous sommes en pleine période de concertation. Vous nous demandez aujourd’hui de la concertation dans la concertation, si j’ai bien compris. Puis-je vous demander si c’est parce que vous ne comptez pas participer jusqu’au bout à cette concertation que vous vous exprimez par un vœu en Conseil d’arrondissement ? Sérieusement, la Région vous demande aujourd’hui votre avis durant tout le mois d’octobre. Vous êtes en train de demander à la Maire de Paris de saisir la Région afin de pouvoir donner votre avis.
Monsieur NAJDOWSKI n’est pas là, mais il est tout de même adjoint à la Maire de Paris pour les transports, il est Vice-président du Stif. Il est donc au cœur de la démarche de concertation engagée par la Région, et, aujourd’hui, il cosigne ce vœu.
Comme nous sommes favorables à la concertation dans la concertation, nous serions prêts à apporter un vote favorable à ce vœu, à condition que vous amendiez votre proposition de vœu, en indiquant que la Maire de Paris consulte aussi la Présidente de la Région Ile-de-France concernant l’aménagement des berges de Seine. Merci.
»

La réponse de Mme la maire « Merci. J’avoue que je suis assez surprise de votre intervention, Madame MONTANDON, comme si vous vous trompiez de séance. Nous ne sommes pas en Conseil régional, mais en Conseil d’arrondissement du 12e. Pouvez-vous m’assurer que nous aurons un renfort des lignes de bus qui traversent le 12e arrondissement ? Aujourd’hui, je n’ai pas de réponse à cela. C’est pourquoi nous avons ajouté cet item dans notre vœu.
J’étais à la réunion du quadrant Sud-Est chez ma collègue du 5e arrondissement. Vous n’y étiez pas. Aujourd’hui, les réunions qui ont lieu concernent d’autres arrondissements. Le moment de concertation proposé par la Présidente de la Région Ile-de-France sur les réseaux de bus parisiens, j’y étais, et il y avait beaucoup d’habitants du 12e arrondissement.
Sur les propositions concrètes qui concernent l’extension des lignes du 12e vers le 5e, nous sommes d’accord avec ma collègue Maire du 5e arrondissement et les habitants du 5e, car ils perdent la capacité de prendre le bus pour venir au parc zoologique ou dans le Bois de Vincennes. Je dis qu’il n’y a pas d’habitants du Val-de-Marne qui sont associés à la concertation sur ce réseau de bus. Or, le prolongement de la ligne 87 à Joinville et celui de la ligne 201 à la Porte Dorée n’associent pas les habitants des communes riveraines. Vous serez d’accord avec moi que ce Bois de Vincennes est partagé par tous ceux qui habitent autour et bien au-delà.
Je trouvais légitime que les habitants du Val-de-Marne puissent participer à notre discussion sur l’itinéraire des bus dans le Bois de Vincennes, les arrêts, et peut-être se mobiliser, car j’entends que ces bus pourraient ne circuler dans le Bois de Vincennes que le week-end et en été. Vous comme moi savons que nous avons besoin de la desserte du Bois de Vincennes toute l’année et tous les jours de la semaine. Comme nous n’avons pas obtenu de réponse, comme nous n’avons pas obtenu de garantie, nous, élus de Paris, faisons un vœu dans une instance parisienne pour que la Maire de Paris interpelle la Présidente de la Région Ile-de-France sur ce sujet de la desserte en bus de Paris.

Si vous voulez que nous parlions des berges, nous le pouvons. Je vous renvoie aux concertations qui ont eu lieu. La Maire de Paris a invité la Présidente de la Région Ile-de-France à travailler sur de nombreux sujets, dont celui des berges, et jusqu’à présent, aucune réunion de travail n’a pu avoir lieu entre les services de la Ville de Paris et les services de la Région Ile-de-France sur tous les sujets que nous avons ensemble. Je vous le dis comme élue du 12e arrondissement, cela m’inquiète sur des sujets qui concernent notre arrondissement. Au-delà des berges, plusieurs observatoires ont été mis en place, celui de la Région, celui de la Métropole. Mais un seul compte, celui qui est présidé par le Préfet et qui associe l’ensemble des élus parisiens et tous ceux qui ont compétence pour ce projet.

Nous avons alors décidé de prendre la parole pour une explication de vote. Si nous partageons les arguments de notre collège de Les Républicains, nous ne voulons lier notre vote au débat des voies sur Berges et cependant, nous ne sommes pas dupes des attaques gratuites envers la majorité régionale, alors même que ces attaques sont également applicables à la gestion de Mme Hidalgo, maire de Paris, pour la fermeture des berges.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement
« Ce genre de vœu est assez compliqué pour la centriste que je suis, car on sent dans le vœu qu’il y a une volonté un peu jouissive de « se faire » la Présidente du Conseil régional de votre part. En même temps, je suis totalement d’accord avec vous sur l’idée de concertation. Je trouve qu’elle a manqué concernant les voies sur berges avec nos villes alentour. Mais je trouve aussi un peu hors sujet l’intervention de ma collègue Madame MONTANDON en demandant un amendement sur les voies sur berges. Nous sommes sur deux sujets totalement différents. Nous essayons toujours, au groupe UDI-MODEM, de voter en fonction de l’intérêt général. Lorsque j’ai reçu ce vœu, j’en ai discuté avec des habitants du 12e. L’avis est partagé lorsqu’on est habitant du 12e et que l’on prend les lignes 24 et 87. Si elles s’arrêtent où cela est prévu, c’est hors de question. Nous allons voter pour car nous pensons à l’intérêt général et surtout aux habitants qui ne comprendraient pas que nous ne soyons pas pour ce vœu sur ces lignes de bus et sur la concertation avec les villes riveraines. Il est vrai que le Bois de Vincennes est impraticable en transports en commun aujourd’hui. Merci. »

Les Républicains se sont abstenus.