Intervention sur Airbnb : Obligation d’enregistrement de la déclaration préalable prévue à l’article L314-1-1 du code du Tourisme

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Je suis étonnée d’être la seule inscrite sur cette question qui devrait tous nous passionner. Evidemment, je voterai en faveur de cette délibération qui vient enfin mettre un peu d’ordre dans l’anarchie des meublés touristiques loués entre particuliers via Internet. Des chiffres pour montrer l’ampleur du phénomène et l’urgence à agir. Paris, ce sont 75 000 chambres d’hôtel et 88 000 chambres sur Airbnb, contre 33 000 à New-York et 23 000 à Londres. Ce sont 20 000 logements qui ont disparu du parc locatif privé en 5 ans à Paris. Il était donc temps que Paris, après New-York, Amsterdam et Londres, donne un encadrement rigoureux à cette pratique qui pénalise des quartiers entiers de Paris, en réduisant l’offre de location pour les Parisiens et en faisant monter les prix à l’achat. Et qui pénalise également l’hôtellerie.

Pour donner toute son efficacité à ce dispositif, la Ville de Paris devra renforcer les contrôles face à tous ceux qui ne respectent pas la loi. Aujourd’hui, nous parlons de 25 agents dédiés à plus de 50 000 logements. Ce n’est pas assez. Il s’agit de donner des sanctions financières plus lourdes contre les propriétaires mal intentionnés. L’amende ne doit pas être inférieure à ce que rapporte le dispositif. Deux mesures importantes pour que les propriétaires ne se sentent pas intouchables. Merci. »

Tribune libre : Pour que les enfants des parisiens puissent encore se loger à Paris

Le logement est la priorité de la maire de Paris. Il en aurait été de même pour toute équipe municipale car mobilisation et action dans ce domaine sont une question de survie. Aujourd’hui, nul besoin de longues démonstrations pour nous convaincre que le budget-logement dévore de plus en plus le pouvoir d’achat des parisiens. Cette situation n’a fait que s’accentuer et la majorité de gauche n’a su mettre fin à cette spéculation, qui on le sait touche surtout les plus fragiles et les classes moyennes.

A Paris, le logement ne répond plus aux besoins de ses habitants : être logé au juste prix dans la ville qu’ils ont choisie !

Avec le plan local de l’habitat modifié (PLH), la maire de Paris a fait des choix qui visent à améliorer la situation du logement parisien. Nous nous reconnaissons dans certaines des réponses apportées : l’objectif de 10 000 créations de logement / an, la volonté de ré-équilibrage est-ouest des logements sociaux, la transformation de 200000 m2 de bureaux vides. Mais ce PHL modifié ne propose toujours pas un programme ambitieux pour du logement intermédiaire. Ces logements qui viendraient faire la jonction entre le parc social et le parc privé et qui permettraient de combler le manque de logements pour des classes moyennes qui sont « trop riches » pour le logement social,« trop pauvres » pour le parc privé…et qui finissent par quitter Paris.

Pour ces ménages parisiens à revenus moyens, ces professeurs, ces infirmières, ces cadres ou ces ouvriers qualifiés, quitter la capitale n’est pas un choix mais une obligation. Ils renoncent à leur ville de cœur pour pouvoir vivre leur vie ! Mais peut-on imaginer que Paris se prive de ces catégories de population, pour l’avenir de notre capitale ?

Tribune publiée dans le journal du 12ème Avril-mai-juin 2015

Intervention : le plan local d’habitat modifié

Mme Ophélie ROTA

« Merci Mme la Maire. Concernant ce PLH modifié, nous partageons de nombreuses choses avec vous comme la volonté de faire du logement, une priorité de la mandature. Ainsi, nous soutenons l’effort de création de 10 000 logements par an. Nous soutenons aussi votre volonté de rééquilibrage géographique de l’implantation des logements sociaux. C’est plutôt au niveau de Paris, Est, Ouest, Centre et Périphérie.
J’en profite pour dire aujourd’hui ce que ne n’ai pas pu dire la dernière fois soit que cette
volonté dépend beaucoup du Maire de Paris. Nous tapons souvent sur les maires de l’ouest parisien qui ont peu de logements sociaux. Mais si la Maire de Paris décide d’en placer, et que Paris vote, je crois que le Maire d’arrondissement ne peut pas s’opposer au vote et devra faire des logements sociaux. Nous soutenons aussi votre objectif de mixer avec équilibre, logements et activités ainsi que la transformation des 200 000 m² de bureaux en logements, tout en étant attentifs à ce que la transformation ne soit pas plus coûteuse que le fait de démolir et reconstruire. Nous saluons aussi l’objectif des 35% de T4 et + dans les opérations de construction de logements sociaux ce qui correspond à un réel besoin des familles parisiennes. Enfin, nous soutenons votre lutte contre l’insalubrité et la baisse de consommation d’énergie des bâtiments. Tout cela va dans le bon sens.
Nous avons aussi quelques points de désaccord, particulièrement sur le logement
intermédiaire. Vous connaissez notre cheval de bataille qui est un programme ambitieux
de création de logements intermédiaires qui manquent aujourd’hui affreusement dans les
logements proposés aux Parisiens. Pour nous, ce parc intermédiaire viendrait faire la
jonction entre le parc social et le parc privé. Ces fameux foyers trop riches pour le
logement social et trop pauvres pour le parc privé, et qui doivent quitter Paris. En effet,
ce PLH modifié propose bien 30% de logements intermédiaires. Mais l’expérience, non pas la mienne mais celle des élus qui m’ont précédé ou des autres arrondissements, nous fait dire que ces logements peuvent être conventionnés en logement social à tout moment. Là est notre inquiétude. Ainsi, rendre le logement intermédiaire à Paris, demande un effort massif et durable. Selon nous, ce PLH n’en fait pas la démonstration. De plus, nous pensons que l’existence de logements intermédiaires permettrait certainement de mieux réussir la rotation dans les logements en fonction des évolutions de la vie. Personne n’est condamné à être tout sa vie dans un PLAI ou un PLUS. Enfin, nous regrettons un peu la surenchère que la Maire de Paris fait en matière de logements sociaux, en prévoyant non pas 25% de logements sociaux comme le prévoit la loi
SRU, mais 30% à l’horizon 2030. Entre nos objectifs partagés et nos quelques doutes, nous ferons une abstention positive sur cette délibération. »