Vote Extension du jardin public Debergue

Sur ce sujet, je vous partage l’ensemble des débats. Christophe NAJDOVSKI a fait, ce soir là, un rappel historique de l’aménagement de l’espace.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement
« Je souhaitais entendre les débats avant de m’exprimer. J’ai lu et relu les délibérations. Sommes-nous d’accord sur le fait que nous ne parlions que du jardin ? Le groupe UDI-MODEM s’était également abstenu, voir avait voté contre le projet global de la programmation des logements. Sur l’augmentation du jardin, j’ai du mal à me positionner contre, mais je voulais confirmation que je m’engage pour un jardin plus grand, mais pas forcément pour trois bâtiments et 95 logements. Voilà pourquoi je souhaitais entendre les débats avant de me positionner. A priori, je l’ai faite lire autour de moi, il n’y a pas de piège, et je vote donc pour un jardin plus grand. »

Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris
« Il n’y a pas de piège, je vous le confirme. Il s’agit juste de construire 2 500 m² de jardins.»

Christophe NAJDOVSKI, Adjoint à la Maire de Paris, Conseiller de Paris
« Merci Mme la Maire. Dans le droit fil de ce que vient de dire notre collègue Ophélie ROTA, cette délibération porte uniquement sur la question de l’extension du jardin. Donc, contrairement à ce que M. SEINGIER a dit, il ne s’agit pas du tout d’une délibération qui porte sur autre chose que la question de l’extension du jardin.

Permettez-moi de reprendre un peu l’historique du projet. Je remonterai à 2001, car en septembre 2001, il était voté par la majorité municipale du 12e arrondissement, à la suite de l’élection de Bertrand DELANOE en mars 2001, un projet d’aménagement du secteur Debergue, le Rendez-vous, qui prévoyait de réhabiliter des logements insalubres de la cité Debergue. Il faut rappeler qu’il existait des logements insalubres à cet endroit. Il s’agissait également de créer une première partie de jardins sur une parcelle qui appartient à la Ville de Paris. Ainsi, en 2006 a été créé le jardin Debergue Rendez-vous, qui est certes enclavé, mais qui fait déjà, maintenant depuis plus de dix ans, le bonheur des familles et des habitants du quartier.
Il s’agissait de la première phase, suite notamment à la mobilisation qui s’était tenue dès les années 90 par rapport à un projet initial, si je remonte encore plus loin, où il avait été question, dans les années 90 de percer une rue et de prolonger la cité Debergue jusqu’à l’avenue du Docteur Arnold NETTER pour en faire une rue circulée, avec un projet immobilier. Heureusement, ce projet avait été stoppé et complètement réorienté au début des années 2000, et dans la foulée de l’élection de Bertrand DELANOE, réorienté vers la création d’un grand jardin sur la parcelle qui appartenait à la Ville de Paris.

Il y a eu la volonté de poursuivre l’extension de ce jardin sur la deuxième partie de la parcelle, qui elle n’appartient pas à la Ville de Paris, mais à la RATP. Des discussions ont donc été menées avec la RATP, sachant que ce site était occupé par des activités sportives notamment. Il a donc fallu trouver des sites pour reloger ces activités sportives et négocier avec la RATP sur une parcelle qui n’appartient pas à la Ville de Paris. Or, la RATP a souhaité sur sa parcelle construire des logements avec sa filiale Logitransports, notamment des logements qui vont permettre d’accueillir des salariés de la RATP, comme des machinistes, c’est-à-dire des conducteurs de bus, sachant qu’une partie d’entre eux travaillent pour le réseau de bus parisien. Par exemple, nous avons un dépôt rue de Lagny dans le 20e arrondissement. Il s’agit aussi d’une bonne chose que de faire en sorte que les citoyens habitent près de leur lieu de travail.

Dans ces négociations, il a donc fallu faire un compromis avec la RATP pour à la fois poursuivre la volonté de la Ville de Paris, qui était l’extension du jardin, et c’est ce que nous sommes amenés à voter ici, 17 ans après le premier projet de création d’un jardin sur Debergue, et accepter aussi dans un paquet global les besoins qui avaient été exprimés par la RATP. La Ville en a profité pour dire qu’il fallait créer des équipements publics, et notamment une crèche, qui comportera 96 ou 99 berceaux, dans le quartier qui aujourd’hui en a le plus besoin, c’est-à-dire le quartier de Bel air nord, qui malgré les réalisations de la crèche Montera ou de la crèche du multi-accueil rue Fernand Fourreau, nécessite encore que l’on réalise de nouveaux équipements publics pour accueillir les enfants du quartier, qui sont nombreux.

C’est dans ce cadre qu’aujourd’hui, nous sommes amenés à voter cette délibération qui ne porte que sur l’extension du jardin. J’entends que nous aurions peut-être pu obtenir 100% du terrain étendu pour le jardin. Cela n’a pas été possible. On peut le regretter, mais dans une discussion avec la RATP, il nous a fallu faire des compromis et accepter, à partir du moment où nous ne sommes pas propriétaires, d’y réaliser aussi des logements pour les personnels de la RATP.

Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? M. SEINGIER n’hésite pas à le faire. On vote contre l’extension du jardin car on estime que des logements sont inclus dans ce projet. On n’est pas contents de cette construction de logements, donc on vote contre l’extension des jardins. Cela relève de votre responsabilité et je vous la laisse. Nous pensons qu’il faut, malgré tout, soutenir ce projet, car il s’agit d’un projet d’extension du jardin qui va augmenter sa surface de 40%. Il fait 6 300 m² aujourd’hui et il en fera 8 800 demain, c’est-à-dire presque un hectare au cœur d’un quartier qui en a absolument besoin.

Comme je le disais tout à l’heure, l’objet de cette délibération consiste à débattre sur le principe d’aménagement et sur la programmation du jardin. Nous en avons peu entendu parler ce soir, et peut-être que Mme HONORÉ pourra nous donner des précisions sur ce que contiendra ce futur jardin en termes d’espaces, pour les grands, les petits, les âgés et les moins âgés. Il nous est donc demandé d’approuver les demandes d’autorisation administratives qui sont nécessaires à la réalisation des travaux d’extension du jardin public Debergue. C’est tout ce qui nous est demandé, en conséquence, nous voterons pour cette délibération. »

Intervention sur l’opération « Debergue Rendez-Vous » à Paris 12e – Autorisation de signer avec la RATP et Logis Transports

Ce projet fait parti des grands projets d’aménagement de notre arrondissement et soulève de nombreuses questions. Un collectif d’habitant s’est même monté : le collectif Netter-Debergue. Retrouvez mon intervention et la réponse de Mme la maire qui permet de faire le point sur l’avancement du projet.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement
«
Loin des clivages, je vais faire une intervention sur le même ton que mon collègue, Monsieur BONNET-OULALDJ. Le projet évoque des priorités des Parisiens, un espace vert, des places supplémentaires en crèche, des logements. Le projet est plutôt séduisant. Nous ne pouvons cependant pas ignorer les interrogations soulevées par ce projet. Votre rôle, Madame la Maire, est de répondre aux inquiétudes qui s’expriment dans le quartier.
Vous n’ignorez pas la mobilisation de l’association Netter Debergue, qui est certainement parmi nous ce soir. Certaines personnes du quartier s’étonnent
que vous ne soyez pas assez attentive à leurs revendications et que vous ne les receviez pas. Sans flatterie, aucune, cela re ressemble pas à la manière dont vous exercer votre mandat.
D’autres questions ont besoin de trouver des réponses. Quel réel impact des nouveaux logements dans le paysage urbain ? Vous venez de parler du club sportif, mais des informations contradictoires circulent. Vous évoquez Bercy, mais vous évoquez aussi dans la délibération que les locaux RATP vont être déplacés de quelques mètres sur l’avenue Arnold Netter. Qu’en est-il ?

Un mot sur le jardin prévu dans le projet. Le conseil de quartier Bel Air Nord soulève le volet sécurité. Le jardin Debergue est assez apprécié, mais son manque de luminosité est souvent reproché. Il contient de petits recoins dans lesquels il est possible de se cacher. Ce n’est pas très rassurant pour les usagers de ce jardin et pour les habitants. De petites mises en garde pour ne pas reproduire les mêmes erreurs d’aménagement dans le prochain jardin public. Merci. »

BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris,
rapporteure

« Merci à tous pour vos questions. Cela me conforte dans l’idée que nous faisons bien de faire de la concertation, et, lorsque nous n’en faisons pas, vous le remarquez. Pourquoi avons-nous suspendu la concertation ? Il ne vous aura pas échappé que nous sommes dans une période un peu particulière. Autour de cette table, nous sommes tout de même quelques-uns à être impliqués dans cette séquence particulière. Comme Maire d’arrondissement, nous avons suspendu un certain nombre de réunions publiques, de concertations. Effectivement, Madame ROTA, nous avons suspendu les réunions publiques, mais nous avons réalisé de nombreuses réunions publiques sur ce sujet. Je ne vous ai pas tous vus lors de ces réunions.

Permettez-moi de vous rappeler que nous avons présenté le projet aux côtés de la RATP à plusieurs reprises. Nous avons échangé globalement avec les habitants. Nous avons vu la colère des uns et des autres. Nous avons répondu aux courriers, contrairement à ce qui vient d’être dit. De nombreux mails ont été échangés. Les discussions ont été collectives en réunion publique. Nous avons eu des réunions collectives en Mairie avec mon premier adjoint, avec les représentants de la RATP. Des réunions individuelles ont été proposées par la RATP. Effectivement, les riverains ne sont pas tous touchés de la même manière par ce projet. L’impact sur leurs appartements n’est pas le même. Des discussions en bilatérale ont été proposées. Elles n’ont pas toujours été acceptées par ailleurs.

Initialement, le projet présenté à la concertation n’allait pas au maximum de ce que permettait le PLU dans la distance avec les bâtiments existants. Suite aux discussions très sereines avec les habitants, la RATP a fait évoluer son projet pour se mettre un peu plus à distance et limiter certaines vues, notamment des vues de fenêtres. Mais cette concertation n’est pas terminée aujourd’hui. Cette délibération ne statue pas la fin de la concertation. Le permis de construire n’est pas déposé. Il n’est pas attribué. La concertation reprendra à partir du 19 juin. J’ai un profond respect pour la séquence démocratique dans laquelle nous sommes.

Permettez-moi de continuer à vous répondre sur un certain nombre de points précis qui ont été évoqués. D’abord, la taille des espaces verts n’a absolument pas diminué, Madame MONTANDON. Au contraire, nous nous sommes engagés collectivement à créer un jardin de 2 500 m², et c’est ce que nous ferons. En 2006, une réserve a été mise pour un espace vert, mais la surface n’était pas précisée. La surface a été précisée en 2009 à savoir 2 500 m², et c’est ce que nous ferons. Ceci explique que les bâtiment soient un peu proches des habitants, car nous tenons à ce jardin.

Il suffit d’y aller n’importe quel après-midi. Je suis certaine que vous y allez souvent en ce moment. Ce jardin accueille beaucoup de monde. Ce jardin est saturé, car les espaces ne sont pas assez généreux pour tous les enfants, pour toutes les tranches d’âge, pour toutes les familles qui ont envie de profiter de cet espace de respiration. Nous avons besoin de ce jardin. D’ailleurs, tout le monde le reconnaît. Nous avons également besoin de logements. Oui, nous le réaffirmons. Nous avons besoin de logements, de logements sociaux, en particulier pour les agents de la RATP. Vous avez raison, Monsieur BONNET-OULALDJ, la RATP s’engage sur son foncier à construire du logement social.
Ce qu’elle appelle « les cols bleus », ceux qui conduisent nos bus, c’est mieux s’ils habitent à proximité de leur lieu de travail. Si nous ne faisons pas du
logement social adapté à leurs revenus, ils ne pourront pas loger dans Paris. Oui, une partie de ces logements sera destinée au personnel de la RATP, et j’en suis très fière.
Oui, nous ferons du logement social. Selon quelle proportion ? Nous verrons. Ce sera un équilibre. En général, nous collons au PLH, c’est-à-dire à un équilibre entre PLAI, PLUS et PLS établi par une délibération adoptée au Conseil de Paris. Aujourd’hui, un certain nombre de riverains ont une vue très dégagée sur un terrain pas très qualitatif et sur un espace vert. Certains auront effectivement une vue sur un immeuble, mais assez loin d’eux. Nous avons imaginé construire la crèche au rez-de-chaussée avec un retrait de 8m au-dessus de la crèche pour éviter les jets de projectiles dans la crèche. Le bâtiment est en retrait, aussi loin que dans de nombreuses rues parisiennes. Je
comprends que cela puisse être impactant pour certains riverains, mais ce que nous
faisons à cet endroit n’est pas démesuré, n’est pas scandaleux par rapport à d’autres situations dans Paris.
Oui, il faut un équipement de petite enfance à cet endroit. Merci Monsieur BONNET OULALDJ de l’avoir rappelé, comme Monsieur NAJDOVSKI. Il s’agit de l’un des quartiers du 12e arrondissement où nous avons le plus de mal à accueillir les enfants. Les listes d’attente y sont très importantes. Je ne peux pas me satisfaire de cela. Il nous faut construire des établissements de petite enfance dans ce quartier. Il faut trouver des espaces pour le faire, et je suis contente que la RATP nous permette de mener ce projet. Les familles qui vont venir auront des enfants en âge d’être scolarisés. Nous ne sommes ni dans la précipitation ni dans le manque d’anticipation. Cela n’a rien à voir avec la classe susceptible de fermer à la maternelle Marsoulan aujourd’hui.

Aujourd’hui, nous ouvrons des classes lorsque nous avons des enfants. Je sais que les parents sont inquiets quant à la maternelle Marsoulan. Les enfants sont là, pourtant une fermeture est annoncée. Je me mobiliserai pour que l’on revienne sur cette fermeture. Mais nous n’allons pas ouvrir une classe maintenant pour des enfants qui vont arriver dans un, deux ou trois ans. A ce moment-là, nous demanderons collectivement à ce que les enseignants soient présents. Nous avons très bien anticipé l’impact sur les établissements scolaires, sur les écoles, les collèges, les lycées. Nous avons lancé la concertation sur le jardin. Nous y réfléchissons. Beaucoup de choses se passent dans ce jardin, pas toujours légales. Nous sommes mobilisés avec les agents de la Ville et la police nationale pour mettre un terme à ces trafics, et que la conception du nouveau jardin préserve la tranquillité des riverains, mais aussi permette à toutes les tranches d’âge d’avoir des espaces dédiés et adaptés. La concertation est en cours et associe les riverains qui expriment leurs besoins. Je vous remercie de les relayer, mais ils ont participé à la concertation sur le jardin et ont explicité tout cela.
Concernant les sportifs, excusez-moi, nous fermons un gymnase pour travaux, et je me suis engagée à ce que toutes les activités sportives qui y avaient lieu soient relogées au gymnase Gerty Archimède. Si c’est trop loin, les familles se reporteront sur d’autres lieux. Je ne peux pas faire plus, objectivement.
Tous les clubs seront relogés au gymnase Gerty Archimède. Il reste la question des boulistes. Nous avons d’autres lieux où la pétanque se pratique dans cet arrondissement. Nous avons commencé à discuter pour que les boulistes puissent pratiquer leur sport ailleurs. Je suis persuadée que nous allons trouver un terrain d’entente. Combien de logements ? Vous avez vu les chiffres. Le permis définitif n’est pas encore fixé. Nous sommes dans les ordres de grandeur que vous avez. Je ne peux pas vous répondre plus précisément. Le permis de construire n’étant pas déposé, ces chiffres ne sont pas connus. Si le terrain est pollué, nous le dépolluerons. D’autant plus que nous y accueillerons un
établissement de petite enfance. Aujourd’hui, je ne suis pas capable de vous dire
comment ces travaux auront lieu, ni quelle sera leur ampleur, ni comment le chantier de construction sera géré. Tout ceci est devant nous. Ce travail reste à accomplir. Nous continuerons à le mener de la même manière. En accueillant plus d’habitants, nous gérerons au mieux les ordures ménagères, nous gérerons mieux la circulation sur la voie piétonne. Ces sujets sont devant nous. La concertation reprendra. Nous avons continué à travailler en temps masqué durant ces six mois. Nous reprendrons la discussion avec tous ceux qui sont prêts à échanger sereinement. Nous serons amenés en rediscuter. »