Tribune : Il est temps de mettre en place le récépissé du contrôle d’identité !

Vendredi 18 décembre, je découvre grâce au tweet d’un ami, l’article d’Emeline Cazi dans le Monde « Des adolescents portent plainte pour violences policières ». En lisant cet article, ce sont des sentiments d’effroi, de colère et d’admiration que j’ai ressentie.

D’effroi, tout d’abord, en lisant le récit des sévices subis par ces dix-huit garçons et filles du 12ème  perpétrés par quelques membres de la brigade de soutien de quartier (BSQ).  En plus, des contrôles d’identité à répétitions, ils ont été victimes d’insultes racistes et de contrôles harcelant qui remettaient en cause leurs dignités humaines.

La colère arrive alors. De la colère contre ces policiers qui au-delà de leurs attitudes scandaleuses,et certainement condamnable (ce sera à la justice de trancher définitivement sur ce point-là) entraine un danger pour notre démocratie. Pourquoi dangereuse ? Parce qu’il s’agit d’un abus de pouvoir. Ces personnes sont dépositaires de l’autorité publique ! Ce genre d’attitude créé le sentiment d’une République inégalitaire, renforce un sentiment d’inexpugnabilité d’une certaine frange de la population  et peut créer au final un détournement, voire une radicalisation,  de notre société qui est censé mettre l’égalité, la fraternité et la solidarité au cœur de ses valeurs…mais qui dans les faits est capable de démontrer le contraire chaque jour ! Si ces membres de la BSQ ont du mal à gérer leurs pulsions et leurs positions, qu’ils trouvent un espace pour en parler et comprendre pourquoi ;  mais qu’ils n’exercent pas leur profession dans le but de détruire l’autre !

De l’admiration, enfin. Une infinie admiration pour le courage dont ont fait preuve ces jeunes gens du 12ème arrondissement qui ont porté plainte pour violences policières et ont du même coup dénoncé ces comportements.
Ils ont trouvé la force de le faire grâce à l’aide d’éducateurs de l’association soleil , des avocats mobilisés de longue date sur ces questions (Maitres Slim Ben Achour et Felix de Belloy) et à leurs côtés la Maison communautaire pour un développement solidaire (MCDS), Pazapas et Open society justice initiative. Qu’ils en soient tous remerciés d’avoir su entourer ces 18 jeunes gens pour qu’ils passent à l’action. Pour eux mais aussi pour tous ceux qui n’osent pas !

Je suis touchée, révoltée et certains diront «  à fleur de peau » sur le sujet.  Je revendique tous ces états. J’ai eu la chance de rencontrer le collectif « Stop au contrôle au faciès » en 2013 qui mobilisait alors pour installer le récépissé. Un papier qui devait être remis à la personne contrôlée pour qu’elle ne puisse pas l’être à nouveau !
L’UDI a soutenu à travers une proposition de loi cette mesure, Manuel Valls, pas encore Premier ministre aussi.  Ce dernier y a renoncé une fois qu’il avait tout pour le mettre en place !
J’avais salué sur les réseaux sociaux, l’exposition de la mairie de Paris sur la place de la République pour dénoncer le contrôle au faciès. Les photos étaient belles, les témoignages bouleversants.

Une action centriste sur cette question ?
Nous n’avons pas attendu ce terrible article sur ces faits au cœur de Paris pour réagir. Il y a, déjà, la mobilisation du député de Bobigny-Drancy-Le Bourget, depuis plusieurs années et en 2012 le vote POUR du groupe centriste au Conseil de Paris du voeu des communistes demandant que la délivrance de récépissés soit expérimentée à Paris.Le vœu n’était pas passé.

Aujourd’hui, en tant qu’élue du 12ème,  je me mobilise pour que ce vœu soit redéposé au Conseil de Paris en 2016. Et que l’ensemble des composantes puisse y adhérer.

Paris est la capitale. Elle est grande, forte quand elle est progressiste et exemplaire mais toute petite quand il faut mettre fin aux violences policières. Montrons l’exemple, nous  élus de Paris en proposant cette expérimentation du récépissé, qui n’est absolument pas la solution à tout mais  l’envoi d’un premier  signal qui trace un chemin digne.

Les derniers mots iront à nouveau à ces 18 jeunes filles et jeunes hommes qui ont agi en citoyens responsables, merci à vous et soyez assurés que nous feront tout notre possible pour que votre action apporte des résultats !

Ophélie ROTA, conseillère d’arrondissement

Intervention : Débat organisé sur le Contrat Parisien de Prévention et de Sécurité 2015-2020

Mme Ophélie ROTA

« Ce contrat arrive dans un contexte particulier où Paris est plus que jamais une ville cible. Ce document fait état de nombreuses sensibilisations, réunions d’échanges mais peu de résolutions concrètes. Ainsi, je profite de ce débat organisé pour aborder un point de prévention et de sécurité dans notre arrondissement. Il s’agit d’incivilités qui se multiplient autour de la piscine de Reuilly, l’allée Vivaldi et la rue de Reuilly. J’ai été sensibilisée par un habitant. Je me suis entretenue avec d’autres qui me confirment bien la multiplication des incivilités dans ce coin de notre arrondissement. On me parle de cages d’escalier occupées, de rodéos de moto sans casque, de trafic, de bagarres à répétition, de feux de poubelle ou de scooter. Je sais Mme la Maire que vous avez aussi été alertée plusieurs fois à propos de ces situations préoccupantes. Je trouve donc intéressant d’aborder ce point dans le cadre de ce débat sur le Contrat Parisien de Prévention et de Sécurité. Nous savons aussi que la Maire d’arrondissement que vous êtes n’a pas le pouvoir de police. Notre question concerne les actions que vous avez pu entreprendre en tant que Maire en matière de prévention auprès des personnes qui stationnent autour de la piscine de Reuilly. Nous savons que nombre de ces personnes sont des habitants du 12e. Comme vous l’avez rappelé tout à l’heure, vous avez élargi le périmètre des médiateurs de nuit. Effectivement, je pense que le dialogue et la médiation sont nécessaires avec ces personnes. Est-ce qu’il faut attendre un drame pour trouver des solutions concrètes ?
A présent, une proposition qui pour nous, groupe UDI-MODEM, apporte une réponse à ce
besoin de prévention. Il s’agit de créer une police municipale que nous pourrions appeler
police de proximité. Elle serait gage de connaissance de nos quartiers et de nos habitants.
Cette police de proximité serait le lien entre l’arrondissement et les services spécialisés en fonction de la gravité des infractions. L’idée revient régulièrement dans le débat politique, je le sais, et les élus centristes la porte depuis de nombreuses années. Les raisons de la créer ne manquent pas. Pourtant, nous attendons toujours sa mise en oeuvre. Je vous remercie. »