Débat organisé sur le projet Bercy-Charenton

Le 18 juin 2018, le débat organisé en début de conseil d’arrondissement était consacré au projet majeur pour l’arrondissement, le projet Bercy – Charenton. Nous votions lors de ce débat la création d’une ZAC        ( zone d’aménagement concertée) ains que des équipements publics dans le futur quartier ( piscine, collège). Nous vous mettons l’intégralité des débats que nous avons eu ce soir là. Vous pourrez lire l’intégralité des prises de position des différents élus, et comme au Conseil de Paris, 15 jours après, les débats étaient animés mais argumentés ! Le projet est passé à 6 voix près. 

Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Nous avons souhaité vous proposer un débat autour du projet d’aménagement du quartier Bercy-Charenton, qui est porté par la délibération DU 71 intitulée « Déclaration de projet emportant mise en compatibilité du PLU. Dossiers de création et de réalisation de la ZAC. Désignation de l’aménageur. Protocole foncier Ville/SNCF/aménageur ». Nous avons convenu d’organiser un débat, comme nous le faisons désormais régulièrement, en début de séance. Sont rattachés à cette discussion : un vœu que je présenterai comme Maire, au nom de la majorité municipale, ainsi qu’une délibération (DASCO 10-G) portant approbation du principe de construction d’un collège avec logements de fonction dans la ZAC de Bercy-Charenton. Je vais donc commencer en disant quelques mots. Ensuite, je donnerai la parole à tous les élus qui se sont inscrits, dans la limite de deux minutes par élu et par groupe.

Mes chers collègues, c’est effectivement un moment important, avec ce soir l’aboutissement de nombreuses années de travail autour du projet de Bercy-Charenton, dernière des plus grandes emprises aménageables de Paris et qui est emblématique pour notre arrondissement comme pour le territoire du Grand Paris. Je tiens à avoir une pensée pour nos prédécesseurs qui ont porté ce projet. Projet que nous avons continué à faire avancer depuis 2014, avec notamment l’extension du périmètre de la ZAC à la Porte de Charenton. Nous avons travaillé aux côtés de la SNCF pour aboutir à un projet exceptionnel à l’échelle de Paris et du Grand Paris, ayant pour vocation l’émergence d’un nouveau morceau de ville à la croisée des quartiers qui existent déjà aujourd’hui : celui de Bercy, celui de la Vallée de Fécamp, le bois de Vincennes et la ville de Charenton-le-Pont que nous avons associée à chacune des étapes d’élaboration de ce projet. Une phase de concertation très riche s’est tenue au printemps 2015 autour d’une dizaine de rendez-vous rassemblant des centaines d’habitants parisiens et métropolitains curieux et désireux de s’impliquer pour l’avenir de ce secteur. Cette participation importante s’est renouvelée au moment de l’enquête publique, à l’automne 2016, qui a abouti à un avis favorable du commissaire-enquêteur, déclarant le projet d’intérêt général. Ce projet recréera notamment des liaisons essentielles, d’abord pour notre arrondissement, dont certaines parties sont aujourd’hui très éloignées. Demain, les habitants s’affranchiront un peu plus de cette coupure urbaine très forte que représentent le faisceau ferroviaire et les infrastructures, grâce à la m identité architecturale et paysagère forte par la création de grands espaces verts, de places publiques et l’implantation d’immeubles de grande hauteur innovants en matière environnementale, marquant un quartier métropolitain d’ampleur en cohérence avec les tours Duo imaginées par Jean Nouvel dans le 13e arrondissement en vis-à-vis de l’autre côté de la Seine. Ce paysage s’inscrira également dans la continuité du nouveau quartier Charenton-le-Pont qui émergera dans les prochaines années et qui verra notamment l’implantation d’un seul immeuble de grande hauteur.

Cette délibération marque ainsi la mise en œuvre opérationnelle de ce futur quartier, en actant le protocole foncier entre la Ville et la SNCF, en confiant ce projet à la Semapa, aménageur d’expérience avec qui nous continuerons à travailler à toutes les étapes du projet, que ce soit en matière de concertation avec les habitants, de choix architecturaux ou d’ambition environnementale. Pour l’ensemble de ces raisons, notre responsabilité est engagée dans la réussite de cette opération ambitieuse, attendue et déclarée d’intérêt général par la commission d’enquête. Nous avons une occasion unique de donner une réalité opérationnelle à l’une des dernières grandes opérations d’aménagement actuellement en cours à Paris. Voilà, mes chers collègues, les quelques mots que je tenais à prononcer devant vous, avant de vous donner la parole. Je vous propose de commencer, en donnant la parole à Madame KOMITES. »

Pénélope KOMITES, Adjointe à la Maire de Paris, Conseillère de Paris :
« Merci Madame la Maire. Je suis ravie de pouvoir intervenir sur cette délibération et sur ce grand projet urbain de Bercy-Charenton qui va présenter un quartier exemplaire sur le plan environnemental. Je vais parler au nom de ma délégation auprès de la Maire de Paris relative aux espaces verts : ce projet est axé autour d’un réseau d’espaces verts et d’espaces végétalisés extrêmement important qui va servir de liant avec les quartiers de Bercy, de la Vallée de Fécamp, le bois de Vincennes et Charenton-le-Pont. Nous retrouvons dans ce projet et dans cette délibération l’ambition poursuivie par la Maire de Paris depuis le début de la mandature, d’implanter toujours plus de nature en ville, de l’intégrer de manière forte et de connecter les différents éléments de la ville par des continuités écologiques et des trames vertes qui correspondent au Plan Biodiversité que nous avons fait voter.

Parmi les grandes orientations, figurent : un grand jardin public, la requalification et la végétalisation du Bastion et de l’échangeur de l’A4, l’aménagement en cours de la petite ceinture et un renforcement important des corridors écologiques entre le bois de Vincennes, le parc de Bercy et la partie Sud-Est du 12e arrondissement. Quand on parle de nature en ville, il s’agit de la création d’espaces verts, mais aussi d’inciter à la végétalisation, partout où cela est possible. Tel est le cas dans ce projet, avec une présence végétale très forte. Notez également la requalification du plateau sportif Léo Lagrange avec des surfaces d’espaces verts perméables, qui sont la traduction du Plan Pluie, porté par Mao PENINOU. Je voudrais vraiment souligner la prise en compte de cet impératif de perméabilité, notamment dans la réalisation des îlots privés.

Les principes d’aménagement qui sont déclinés à travers de ce nouveau paysage urbain permettent ainsi un véritable ancrage de cette trame verte dans le territoire et une concrétisation de la ville résiliente que nous défendons et sur laquelle nous travaillons. Ce projet est une déclinaison du Plan Biodiversité, du Plan Pluie et, bien évidemment, du Plan Climat. Nous ne pouvons que nous féliciter de cette délibération sur ce dernier grand projet d’aménagement de la capitale. »

Eléonore SLAMA, Adjointe à la Maire du 12e arrondissement, Conseillère d’arrondissement :
« Je voulais également me réjouir de cette délibération. Vous l’avez rappelé : le 12e arrondissement compte actuellement 10 700 demandeurs de logement. Grâce à cette délibération, nous entérinons la création de 270 000 m2 de logements, soit environ 4 000 nouveaux logements, dont 57% de logements sociaux et 20% de logements intermédiaires. Au lendemain du vote par les députés de la loi Elan, qui restreint la part de logements accessibles aux personnes en situation de handicap, je voudrais rassurer nos concitoyens : la Maire de Paris, Anne HIDALGO, a assuré que 100% des nouveaux logements sociaux créés à Paris seront accessibles aux personnes en situation de handicap. Tel sera donc le cas des logements créés à Bercy-Charenton. Je vous remercie. »

Corinne ATLAN-TAPIERO, Conseillère d’arrondissement :
« Merci beaucoup. Nous aurions pu imaginer que, sur un tel projet, vous changeriez de méthode et de pratique.

Nous aurions pu imaginer que le calendrier de présentation, qui s’est quelque peu accéléré, nous aurait permis de recevoir ces documents de travail bien avant les 5 jours habituels, mais non.

Nous aurions pu imaginer que le projet présenté inclurait une piscine réclamée tant dans l’enquête publique que par des vœux dans cette instance, mais non. Il a fallu que vous fassiez un vœu de confirmation de cet équipement, montrant que les arbitrages font fi des décisions et des demandes locales. Aucune trace, non plus, dans cette délibération du vœu adopté en séance sur l’échangeur de Bercy.

Nous aurions pu imaginer que cette dernière emprise foncière à Paris donne une véritable identité à un quartier et l’ouvre réellement sur le reste du 12e, mais non.

Nous aurions pu imaginer que vous auriez eu à cœur de valoriser le patrimoine historique des tunnels Baron Leroy, que notre groupe n’a cessé de défendre malgré les railleries de l’exécutif et que vous avez fini par reprendre à votre compte, mais pas un mot.

Nous aurions pu imaginer que les grands défenseurs de la qualité environnementale exècrent les tours, mais non : vous faites en même temps de l’environnement et de la bétonisation à outrance avec des tours culminant à 180 mètres, des tours dont on sait par expérience le coût exorbitant d’entretien, sans parler de la moindre qualité de vie.

Vous innovez dans cette délibération en nous parlant des ombres portées dans une seule direction. Serait-ce que le soleil ne tourne plus à l’est ? De même, les couloirs du vent se feraient plus dociles, et le bruit intérieur inhérent aux constructions n’existerait plus ?

Nous aurions pu imaginer que sur cette emprise, vous relèveriez les réserves de la commission en abandonnant l’objectif de 60% de logements sociaux pour les 50% préconisés, mais non. Avec quelques arguties, vous concédez 3%, créant ainsi un quartier à forte densité de population et de logements sociaux destiné, dites-vous, aux familles, en oubliant, à notre sens, les liens générationnels. En effet, aucune prévision de maison médicalisée pour les personnes plus âgées, aucun logement étudiant, pas de place de marché, pas de commissariat (à moins que vous ne songiez à rouvrir le commissariat de Bercy), pas de pompiers, mais peut-être que dans ce nouveau quartier dit « résilient », ce type de besoins n’existe pas.

Vous créez un quartier avec des écoles en annonçant dans une phrase un peu sibylline « deux écoles de 15 classes et une de 8 ». Doit-on comprendre 38 classes au total ou 23 ? Nul ne le sait. Vous prévoyez trois crèches : au regard de la population attendue, sera-ce suffisant ? Comment ces calibrages tant pour les écoles que pour les crèches ont-ils été réalisés ? Parlons un instant du collège : dans l’exposé des motifs de la délibération DASCO 10-G, il est question d’un centre de tri. Pourtant, à la page 6 de la délibération DU 71, dans le chapitre PADD, il est noté que « la Bastille centre de tri est supprimée ». Quelle est la bonne version ? Y aura-t-il un centre de tri ou pas ? De la même manière, vous indiquez que vous attendez 9 000 habitants et 11 700 emplois. Mais dans une autre partie du document, il s’agit de 12 600 emplois. C’est vraiment mieux que l’inversion de la courbe du chômage ! Enfin, vous avez arrêté, après avoir tenu compte de la commission, les chiffres suivants : 270 000 m2 de logements, 210 000 m2 de bureaux.

Or à la fin de l’exposé des motifs de la toujours fameuse délibération DU 71, il est confié à la Semapa       258 000 m2 de logements et 208 000 m2 de bureaux. Comment expliquez-vous ce différentiel ? Nous aurions pu imaginer sur cet exercice que nous aurions eu la présentation d’un projet concerté dans un bel esprit démocratique, mais nous comprenons que 2020, c’est demain et qu’il vous faille afficher vos promesses de mandature en matière de logement social. Mais malgré cette programmation, le compte n’y sera pas. Je vous remercie. »

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. Je crois ne pas exagérer en parlant d’un vote sur une délibération historique, non seulement pour notre arrondissement mais également pour Paris. Il s’agit du 12e arrondissement et de la construction d’un nouveau quartier à l’entrée de la ville, qui visible de la Seine en premier en arrivant de l’Est de la France en voiture. Ce quartier et ce que l’on y fera racontera quelque chose de Paris et de la manière dont on rêve Paris au 21e siècle.
Pour commencer, mes inquiétudes, mes vigilances et mes craintes que le temps ne m’a pas permis de transformer en vœu pour ce Conseil d’arrondissement. Tout d’abord, la desserte en transport qui aujourd’hui peut franchement effrayer. Bien que le secteur soit entouré du tramway et de plusieurs stations de la ligne 8 et de la ligne 14, aucun transport ne viendra véritablement desservir le quartier. Tout est à 10 ou à 15 minutes à pied. Certes, cela participe aux 10 000 pas par jour recommandés, mais cela peut être un réel handicap par rapport au reste de la ville, surtout pour vendre les bureaux. Il existe également une inquiétude quant à la saturation de ces transports, pas tant de la ligne 8 que du tramway et de la ligne 14 qui déborde déjà aujourd’hui. Alors, oui, ce projet devra très prochainement s’accompagner de nouveaux arrêts de transport. Nos inquiétudes nous obligent à interroger la SNCF et Ile-de-France Mobilités sur l’étude d’un arrêt supplémentaire du RER D ou d’autre train qui passerait par la gare de Lyon, avant d’aller vers Maisons-Alfort ou Melun, au niveau de Charenton ou, pourquoi pas, au niveau du 12e, face à la ZAC. Il s’agit également d’étudier la possibilité d’un nouvel arrêt de métro en face sur les quais (prolongement de la ligne 10). Enfin, on ne parle jamais des bus. Nous sortons d’une grande restructuration du réseau ; il ne faut pas exclure de recommencer d’ici 10 ou 15 ans pour créer des arrêts de bus supplémentaires dans ce nouveau quartier. On peut également envisager d’implanter un nouveau trajet de bus électrique type La Traverse, même si cette ligne aujourd’hui à Charonne ou dans le 13e arrondissement est très petite, pour rassembler les lignes 8 vers le quartier.

Le deuxième point d’inquiétude, qui ne vous étonnera pas, concerne la part de logements sociaux à 57%. On ne peut pas dire que le quartier de Bercy ou celui de la Porte Dorée manque de logements sociaux. La délibération n’indique pas la répartition à l’intérieur de ces 57%, donc nous comprenons qu’elle est ouverte à une répartition qui viendrait dans un prochain débat. Évidemment, je plaide pour une part importante de PLS pour assurer une réelle mixité des quartiers et pour une part importante de logements étudiants. Le logement étudiant a un double avantage dont un que vous reconnaîtrez aisément : celui de rendre le quartier encore plus vivant. Deuxième point qui me tient à cœur : le logement étudiant assure une rotation des logements.

Troisième point : la densification de Paris qu’entraîne immanquablement ce projet. Notre densité urbaine est en constante augmentation. À ce sujet, nous pouvons dire que Paris a largement payé son dû. Notre objectif aujourd’hui est donc de préserver les derniers espaces de respiration. Pour montrer votre bonne volonté de faire évoluer ce projet avec l’ensemble des groupes politiques, ne peut-on pas limiter le nombre d’immeubles de 37 mètres de hauteur entre le bâtiment Lumière et le jardin ? Aujourd’hui, la ligne droite de 9 immeubles, sur les plans, est assez impressionnante. Les espaces verts sont vraiment délaissés dans ce projet : il existe deux hectares de jardins, ce qui semble bien maigre sur un si vaste terrain. En outre, nous pourrions faire évoluer ce projet avec plus d’espaces verts, par exemple, à côté de la petite ceinture : Ne peut-on pas imaginer d’étudier un agrandissement avec un belvédère-promenade au-dessus des voies, pour augmenter ainsi significativement la part d’espaces verts ?

À présent, un mot sur les immeubles de grande hauteur, « sujet épouvantail » du projet, même si réduire cette affaire à cette seule question serait malhonnête intellectuellement. Comme les couleurs, les immeubles de grande hauteur sont une question de goût. Je sais que ces constructions peuvent fonctionner dans d’autres villes du monde. Et pour sortir des exemples classiques, je vous parlerai de Panama City et du quartier de San Francisco qui n’est constitué pratiquement que d’immeubles de grande hauteur d’habitation et qui est pourtant un des quartiers les plus agréables. Une des clés de cette réussite est que les immeubles sont construits non pas sur dalle, mais de plain-pied, une exigence absolue dans le projet qui nous concerne aujourd’hui. À l’intérieur de ces immeubles, on peut imaginer un haut niveau de services (conciergerie, salle de sports).

Il existe aussi assurément des points enthousiasmants dans ce projet : la construction de logements, qui est une absolue nécessité dans notre ville ; la présence de bureaux pour permettre de répondre à ce besoin à l’Ouest de la ville et de rééquilibrer ainsi les emplacements de bureaux dans la capitale ; la valorisation d’un site difficile qui va permettre de se raccorder non seulement à Charenton, notre proche banlieue en donnant une réalité au Grand Paris, mais aussi à deux quartiers de l’arrondissement, Bercy et Vallée de Fécamp. Bercy est marqué par sa rue principale Baron Leroy qui se finit aujourd’hui par un cul-de-sac. Demain, la rue Baron Leroy deviendra l’axe majeur du quartier Bercy mais aussi du futur quartier. Cette rue doit devenir une voie verte car elle sera très passante : elle reliera l’A14 au futur quartier et devra donc être agréable pour les circulations douces (larges trottoirs, pistes cyclables, arbres le long de la route). Et pourquoi ne pas dès maintenant imaginer un sens unique de circulation pour les voitures, mais l’on s’avance peut-être beaucoup.

On peut également regarder avec enthousiasme le projet, en tenant compte de la mixité de programmes : logements, bureaux, hôtels, collèges, écoles, espace culturel, piscine, commerces, sans oublier les tunnels Baron Leroy où, en plus des artisans actuellement installés, l’on pourrait envisager d’autres activités. Autre point positif rappelé par Madame Pénélope KOMITES : la haute exigence environnementale qui sera demandée pour la moindre construction. Le site devra être inscrit à 100% dans les objectifs du Plan Climat. Les futurs aménageurs devront donc proposer des projets en totale conformité pour assurer la performance énergétique. J’ajouterai qu’à l’horizon 2040-2050, années autour desquelles le projet devrait aboutir, les voitures devraient être 100% électriques dans la ville, ce qui jouera sur le bruit et sur la pollution.
Sur le voeu rattaché pour la construction d’une piscine, nous sommes plutôt favorables. Comme l’a rappelé Corinne ATLAN-TAPIERO, ce vœu est porté par Les Républicains depuis longtemps. En revanche, j’ai une interrogation car le projet côté Charenton prévoit également un espace aqualudique. N’y aurait-il pas une redite entre notre piscine et leur projet aquatique ? »

Lunise MARQUIS, Adjointe à la Maire du 12e arrondissement, Conseillère d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. Comme vous le savez, dans tous nos projets depuis 2001, nous prévoyons la création de places en crèches. Dans ce nouveau quartier, 198 berceaux seront créés, répartis en trois structures. Nous pouvons nous réjouir que ces équipements soient mis en place en même temps que les habitations, l’objectif étant de créer un quartier vivant avec de nombreuses familles. Ces familles auront également des parcs et des jardins adaptés aux tout-petits, ce qui est une très bonne nouvelle pour notre arrondissement qui s’ouvre ainsi à un magnifique projet qui laisse la place entière à l’enfance, aux familles et à l’intergénérationnel. Notre objectif, en créant ces crèches, est de répondre favorablement à 100% des demandes des familles pour les 0-3 ans. Merci beaucoup Madame la Maire. »

Nicolas BONNET-OULALDJ, Conseiller de Paris :
« Évidemment, le groupe communiste votera pour cette délibération. Délibération qui n’est une surprise pour personne. En effet, parmi les anciens élus, nous sommes au moins une dizaine autour de la table à avoir débattu de cette délibération et de toutes les étapes depuis au moins 10 ans. Même s’il y a beaucoup de monde encore ce soir, j’ai connu des réunions publiques, notamment à l’Espace Charenton, auxquelles plus de 200 personnes participaient. J’ai connu des ateliers avec animation. J’ai connu des moments contradictoires –Jean-Louis MISSIKA s’en rappellera. Je pense qu’au bout d’un moment, les Parisiens, devant lesquels nous nous sommes engagés lors des élections, ont droit à l’aboutissement des projets que nous avons portés pendant la campagne. Or ce projet a été porté pendant deux campagnes, d’abord quand nous avons été élus en 2008, puis quand nous avons été élus en 2014.

Ce projet a toujours été conduit pour répondre à trois exigences importantes sur lesquelles les Parisiens nous attendent. La première exigence porte sur le logement social. L’autre jour, Madame la Maire, dans une réunion publique de concertation sur le quartier de la gare de Lyon, évoquait un prix au mètre carré de 13 000 euros. En conséquence, les personnes qui voudront travailler comme cheminot à la gare de Lyon, ou en tant qu’instituteur ou infirmier pourront-elles, demain, habiter dans ce quartier-là ? Non, si l’on ne fait pas du logement social. Nous serons intransigeants sur la proportion de logements sociaux, par rapport à la volonté de certains de respecter simplement les 30% exigés par la loi. Pour notre part, nous en voulons au moins 50%, voire plus. Nous nous battrons jusqu’au bout pour y arriver.

La deuxième exigence des Parisiens touche aux questions environnementales. Vous le savez, ce quartier est marqué par l’emprise ferroviaire. Plutôt que de « casser » le statut des cheminots aujourd’hui, il serait plus opportun de réinvestir dans le rail, et notamment dans le fret. Quand on sait que des travaux, notamment à la gare de Lyon, généreront des rotations de 24 camions par jour pendant deux ans (pour enlever ou déposer des gravats), il apparaît nécessaire de développer le train ainsi que des espaces logistiques – j’ai déposé un vœu dans ce sens pour ce Conseil d’arrondissement. En effet, dans ce quartier, l’axe majeur, que nous avons défendu en tant que groupe communiste et que Jean-Louis MISSIKA a accepté, est de construire un pôle logistique fort lié au rail et, pourquoi pas demain, au fleuve puisque le fleuve est à proximité. Il s’agit là du premier enjeu de lutte contre la pollution dans la mesure où 95% de nos marchandises viennent en camion roulant au diesel. Donc, si demain nous ne réalisons pas cette ZAC, autant dire qu’il n’y aura pas de perspective de logistique urbaine propre, permettant de réduire cette pollution.

Troisième exigence des Parisiens : l’emploi, notamment des plus jeunes. Vous le savez, le groupe communiste s’est battu pour la préservation des emplois du tunnel Baron Leroy, sous la gare de la Rapée. J’ai moi-même à plusieurs reprises insisté pour que l’on ait une zone expérimentale en termes d’artisanat et d’emploi, afin de redonner vie à cette gare inférieure de la Rapée dans laquelle il y a 6 tunnels. Cher Jean-Louis MISSIKA, dans quelques mois, nous allons accueillir la Fab City, Sommet mondial sur les innovations en termes de fabrication. Nous avons là l’opportunité d’engager une révolution sur « réinventer la fabrication à Paris ». Il s’agit d’un enjeu environnemental, puisque relocaliser la fabrication, c’est autant de choses et de marchandises qui ne sont pas fabriquées à l’autre bout du monde et qui ne viennent pas en avion, puis en camion. Tels sont les trois enjeux sur lesquels nous nous sommes battus. Il nous reste à définir des détails importants. D’abord, les équipements publics, notamment une piscine. Évidemment, côté Charenton, on s’oriente vers une piscine privée ludique, type Aquaboulevard. Pour ma part, je pense que la priorité est d’apprendre à nager aux enfants, en vue de 2024. Dès lors, il faut des lignes d’eau et une maîtrise publique. Donc, puisque tout le monde est d’accord avec ce vœu, je souhaite que l’on aboutisse à l’implantation d’une piscine dans ce quartier, d’autant plus que l’on a écouté les Parisiens en renonçant à la baignade au lac Daumesnil. Nous serons exigeants pour que cette piscine voit le jour.
Enfin, Madame la Maire, je voudrais insister sur un dernier sujet que j’ai porté, celui de la petite ceinture. La peinture ceinture permet un embranchement à cet endroit entre la gare de Lyon et la gare de Bercy, la gare Montparnasse et Chapelle International, nouveau grand pôle logistique international au cœur de Paris. Il s’agit de faire en sorte que demain ces deux grands pôles logistiques que seront Bercy-Charenton et Chapelle International puissent être relayés par des matériaux innovants, non bruyants, non polluants, pour des petites marchandises. Imaginons, inventons l’avenir de cette ville de Paris sans les camions et sans pollution : tel est l’état d’esprit des communistes. Je vous remercie. »

Fabrice MOULIN, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement, Conseiller d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. Nous voici à une étape décisive dans un projet d’aménagement urbain emblématique pour notre arrondissement et pour Paris, vis-à-vis duquel nous devons faire preuve de responsabilité. Comme l’a dit notre collègue, nous en discutons depuis plus de deux mandatures, et je ne peux pas aujourd’hui ne pas avoir une pensée émue pour notre collègue et ami François PELLEGRI, Adjoint à l’urbanisme de 2008 à 2014, qui nous a malheureusement quittés.

Bercy-Charenton est un projet emblématique car il occupe une des dernières réserves foncières importantes de Paris et dépasse, en même temps, les frontières intra-muros. Or nous savons que c’est à l’échelle métropolitaine du Grand Paris, que nous pourrons demain créer des logements, notamment du logement social. Comment pourrait-on aujourd’hui s’opposer à l’opportunité de créer près de 13 000 emplois et loger 9 000 personnes et de rééquilibrer ainsi l’Est parisien par l’arrivée d’activités, ainsi que s’opposer aux équipements et infrastructures publics qui vont désenclaver les quartiers de Bercy, de Vallée de Fécamp et créer un véritable morceau de ville avec la commune riveraine de Charenton-le-Pont ? Reste que Bercy-Charenton a beaucoup évolué au cours des années, jusque dans la procédure d’enquête publique. Son ampleur, notamment la construction de six immeubles de grande hauteur – six tours, n’ayons pas peur des mots – suscite des craintes qu’il faut savoir écouter et apaiser. Ne mimons ni les lubies, ni les conservatismes du passé. Beaucoup reste à faire pour s’assurer que l’objectif affiché d’un quartier résilient et exemplaire devienne une réalité. Cela dépendra du détail des orientations stratégiques définies conjointement par la Ville et l’aménageur concessionnaire. Même si le choix de faire des tours de plain-pied évite les déboires de l’urbanisme de dalle, il faudra anticiper pour ne pas reproduire les mêmes erreurs, notamment les détériorations et la désaffection dans le temps.

À l’origine, ces six tours devaient être mixtes. Finalement, il s’agira de trois tours d’habitation et de trois tours de bureaux. Il faudra donc veiller à ce que ces tours soient d’une qualité architecturale, énergétique et écologique hors pair, mais aussi perdurent pour le bien-être de ses habitants. Il faudra, pour cela, que les charges d’entretien soient supportables. Le commissaire-enquêteur avait recommandé de baisser à 50 % la part de logements sociaux. Il a été décidé de faire 57% de logements sociaux. Pour garantir des charges locatives soutenables, il faudra donc mixer les profils à travers la programmation comme lors des attributions pour les destiner majoritairement aux classes moyennes dont les difficultés de logement à Paris sont connues, ainsi qu’aux étudiants.

Pour assurer une bonne mixité sociale, la programmation devra tendre au-delà de 20% de logements intermédiaires à la vente et en accession à la propriété ou via un bail mobilité, y compris dans le logement social comme le permet la loi Elan. Il faudra s’assurer que la sécurité dans ce nouveau quartier soit intégrée dès la programmation avec une logique constante de prévention situationnelle et en veillant à ce que les pieds d’immeubles de bureaux et des tours accueillent commerces, artisanat, services et restaurants pour animer la voie publique en journée comme en soirée. Les 1 200 m2 de programmes hôteliers sont à ce titre une bonne nouvelle. En raison de sa forte densité, il faudra veiller aux surfaces affectées aux espaces verts et à la végétalisation. Enfin, nous devons nous projeter dès sa conception, dans un futur quartier à la pointe de l’innovation et de la ville résiliente et connectée à l’horizon 2030, en termes numériques comme de mobilités, avec de vrais axes piétonniers adaptés aux situations de handicap, aux poussettes, etc., des revêtements de voirie pour réduire les niveaux sonores constatés ou à énergie positive dans la gestion des déchets. Pourquoi pas des garages à vélos sécurisés, des navettes électriques, voire des véhicules autonomes ?

En conclusion, sur cette ambition d’un projet résolument tourné vers l’avenir, j’appelle à voter favorablement la création d’une zone d’aménagement concerté sur le secteur Bercy-Charenton, et le vœu demandant la création d’une piscine publique dans le secteur de la ZAC. Merci. »

Franck MARGAIN, Conseiller d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. À la lecture de ce projet, je suis quelque peu déçu par le côté désuet de la vision d’aménagement : pas de couverture partielle des voies, construction de tours gigantesques, pas de transports en commun… Bref, un projet un peu 19e siècle. Les tours : les Parisiens n’en veulent pas, ils vous le disent. Mais vous décidez, encore une fois, à leur place. Lorsque l’on voyage un peu à l’international, Paris trouve une partie de son originalité dans l’horizontalité. C’est elle qui est plébiscitée par les Parisiens ; c’est elle qui est voulue. Ne refaisons pas le débat mais je crois que vous devriez être à l’écoute des Parisiens. Vous vous plaignez du fait que, dans chaque réunion publique, vous êtes tancés par un certain nombre d’électeurs et quelquefois d’élus à propos de la bétonisation toujours plus grande et de la densification toujours plus importante. Je vous le dis, les Parisiens vous le disent : Paris étouffe.

Soyez à l’écoute. Les Parisiens veulent des projets apaisants et de proximité. Ils ne veulent pas des tours que vous leur proposez. Dans ce projet, pas de transports en commun supplémentaires. Quelle est votre idée de l’attractivité de Paris ? Comment imaginez-vous avoir des bureaux qui soient plébiscités par des investisseurs sans transports en commun ? Quel est le lien de ce projet avec la Métropole ? Quel est son lien avec les communes limitrophes hors Charenton ? Les habitants du 12e arrondissement attendaient une couverture partielle des voies, comme à Austerlitz ou à Montparnasse. Cette couverture partielle aurait été possible grâce à un investissement du secteur privé qui aurait pu rentabiliser une opération plus ambitieuse, plus moderne et moins haute. Mais là encore, c’est une vision très imprégnée des grands projets staliniens que nous proposent ces tours d’un autre siècle, inhumaines, gigantesques et à contretemps. Le partenariat public-privé aurait pu être une source d’un aménagement cohérent et aurait pu relier le Nord et le Sud de l’arrondissement en supprimant cette coupure. Mais de projets public-privé, il n’en est rien ; de tours, il en est question. Vous ne voulez rien entendre, ni les Parisiens, ni l’opposition. En conclusion de ma contribution au débat, je vous dirai que ce projet pharaonique est déconnecté entièrement du souhait des habitants. Il n’y a pas de concertation avec la Métropole et il n’existe pas de transports de commun dignes d’un projet important dans notre arrondissement. Alors, je crie au secours. »

Fadila TAIEB, Adjointe à la Maire du 12e arrondissement, Conseillère d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. Je voudrais revenir sur ce que disait Nicolas BONNET par rapport au sport pour les plus jeunes et pour tous. Au travers de la piscine, que nous souhaitons et des deux gymnases, nous allons augmenter l’offre pour les sportifs et pour tous. Concernant le secteur Léo Lagrange, le projet de construction de logements a été abandonné à la suite de l’avis défavorable émis lors l’enquête publique. Mais le renoncement à ce projet ne veut pas dire renoncement à l’amélioration du centre sportif, puisque grâce à cette opération d’envergure, nous allons pouvoir récupérer une enveloppe d’environ 8 millions d’euros. Nous avons déjà identifié des projets pour améliorer Léo Lagrange, en collaboration avec les associations sportives. Les pistes évoquées sont la création d’un club house, la rénovation des tribunes, la couverture des terrains de tennis et l’homologation de la piste d’athlétisme. Cette liste n’est pas exhaustive. Nous allons continuer à travailler avec les associations sportives pour apporter une feuille de route aux services de la DJS et lui permettre de nous fournir un schéma sur les aspects techniques et sur un agenda. En tout cas, Léo Lagrange est un équipement exceptionnel. Ce samedi, nous avons vu toute la jeunesse du 12e arrondissement profiter de ce lieu pour fêter le foot dans un tournoi qui a réuni les élus, les enfants et les parents. C’est pour cela que nous réalisons des travaux : dernièrement, plus de 130 000 euros ont été consacrés à des travaux d’éclairage pour garantir la sécurité. Nous continuerons à améliorer cet équipement. Au travers de l’enveloppe que nous récupérons, nous allons vraiment le valoriser et lui donner encore plus d’ampleur. Je vous remercie de votre écoute. »

Matthieu SEINGIER, Conseiller d’arrondissement :
« Merci Madame le Maire. Mes chers collègues, effectivement, il y a pile 10 ans, l’Apur évoquait ce territoire et voulait trouver un nouveau quartier qu’il appelait le « chaînon manquant ». Mais je crains, à la lecture de ce projet, que l’on soit plutôt devant un cadenas. Je partage la vision de mes collègues sur le manque d’esprit métropolitain des choses. Il est question de marquer l’entrée de Paris par des tours. Or le Paris de demain, c’est le Grand Paris. Et je trouve dommage de bloquer ainsi par des tours une entrée de Paris.

Je vais surtout faire des remarques techniques. Tout d’abord, je vais évoquer le défaut de prise en compte de l’échangeur de Bercy. Nous en avons largement débattu dans cette enceinte. J’ai bien noté qu’au regard de notre vœu adopté à l’unanimité, un amendement en ce sens sera examiné au Conseil de Paris – j’espère qu’il sera voté. Sur la gare de la Rapée inférieure, il est désormais acquis que sa structure sera sauvée, à l’exception d’une nef. En revanche, dans les documents techniques, la question des occupants actuels et la future destination de ce lieu restent floues. Le 6 novembre dernier, je vous avais posé deux questions précises. La première, qui est confirmée par ce dossier, est de savoir si l’appel à projets spécifique qui va être ouvert, va permettre de bloquer certaines choses dans le futur cahier des charges. Car, à la lecture des documents, on a l’impression qu’une grande liberté est laissée à l’aménageur. J’estime qu’il faudrait, dans le cahier des charges, imposer l’idée de l’identité, notamment du patrimoine ferroviaire propre au quartier, voire viticole, et exiger que les artisans puissent y rester. Je vous rejoins sur ce point, Monsieur BONNET : ce lieu doit être un lieu de création à Paris. Quelle que soit votre réponse, nous déposerons également un amendement en ce sens au Conseil de Paris. Sur le jardin supérieur, qui n’a pas été vraiment évoqué, ce projet peut être l’occasion de solliciter des artistes en leur imposant de mettre en avant des thèmes liés à l’identité du quartier.

S’agissant de l’énergie durable, il y a beaucoup d’annonces. Le Plan Climat, que nous avons voté, annonçait un puits géothermique à Bercy-Charenton. Mais celui-ci n’est plus du tout évoqué. Pourquoi ? Pourtant, ce puits d’énergie devrait permettre à une partie du quartier d’être autosuffisante en matière d’énergie.
S’agissant de la passerelle dite Nicolaï ou les pas japonais, il est indiqué qu’elle sera financée par « l’aménageur du 316 rue de Charenton ». Peut-être est-ce dû au caractère tardif de la réception des documents, mais nous ne voyons pas vraiment de qui il s’agit. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’un aménagement d’espace public, mais nous n’avons pas beaucoup de détails. Donc, si vous pouviez nous éclairer sur ce point, nous vous en serions reconnaissants.

S’agissant de la répartition des logements, vous ne serez pas surpris que j’en dise un mot : le fait qu’il n’y ait que 20% de logements en accession à la propriété sur un tel projet montre votre vision de l’avenir à Paris, à savoir un monde où seuls les très aisés et les très aidés pourront accéder à la location. Oui, 80% des personnes y ont droit. Mais Monsieur BONNET expliquait à juste à titre que des travailleurs ne peuvent pas se loger à Paris. Effectivement, on n’attribue pas forcément ces logements aux travailleurs que vous citiez. Donc, l’accession à la propriété devait aussi être un enjeu social. J’ai devant moi un plan (IRIS) qui est régulièrement sur le bureau de Monsieur BROSSAT, qui présente le taux de logements sociaux SRU par quartier. En particulier, le quartier de Bercy compte déjà plus de 50% de logements sociaux, voire 60%. Donc, pourquoi encore créer des logements sociaux dans une telle proportion à cet endroit ? Je pense que vous ne respectez pas votre propre objectif PLH pour ce quartier. De plus, en les mettant dans des tours, je ne crains que l’on arrive au projet d’une « cité des 9 000 » (pour le nombre d’habitants envisagé). Là encore, nous ne pourrons pas faire autrement que de déposer un amendement pour augmenter le taux de logements privés au moins à 40% (mais nous pourrions le réduire à 30%). Sur la part restante, notre groupe sollicitera au Conseil de Paris une meilleure répartition en favorisant le logement étudiant, notamment. L’arrivée de la Sorbonne à Picpus nous l’impose.

Sur les équipements publics, je ne vais pas revenir sur la question des écoles, commissariats et casernes. En revanche, le besoin en équipements sportifs semble rempli. Sur la piscine, nous voterons pour ce projet. Concernant la desserte en transports, j’ai bien noté votre rêve d’innovation : effectivement, cela peut être l’occasion de développer les fameux véhicules autonomes. Mais malheureusement, cela ne suffira pas, vu le nombre d’employés pouvant travailler dans cette zone. Donc, la solution du RER D, d’une nouvelle station reste la plus pragmatique – nous la pousserons également. Je n’ai pas le temps d’aborder l’aspect financier, donc je vais conclure : comme tout projet et dessein d’envergure, il peut s’améliorer, il doit s’améliorer. Je réserve mon vote pour tout à l’heure. »

Christophe NAJDOVSKI, Adjointe à la Maire de Paris, Conseiller de Paris :
« Merci Madame la Maire. Je parlerai au nom du groupe écologiste pour vous dire que depuis 40 ans, depuis que les Écologistes à Paris ont choisi de passer du mouvement associatif au mouvement politique et depuis qu’ils présentent des listes aux élections municipales sous le vocable « Paris écologie », ils se sont toujours battus pour une ville à échelle humaine, une ville avec des espaces de respiration. L’un des fondements de ce combat, c’est l’opposition à un urbanisme, celui des tours dans les années 1970. La position des Ecologistes n’a pas changé depuis 40 ans. Nous avons toujours été opposés à la construction de tours à Paris. Cela ne change pas aujourd’hui. Donc, vous ne serez pas surpris d’entendre notre opposition à la construction de tours à Bercy-Charenton. Notre combat est constant, contrairement à certaines oppositions qui se font variables au gré du temps ou en fonction des circonstances. Je noterai, par exemple, que le Maire de Charenton prévoit de construire lui aussi une tour. Je n’ai pas entendu les élus, Monsieur SEINGIER, Madame ATLAN-TAPIERO ou Monsieur MARGAIN, s’en offusquaient alors que le Maire de Charenton appartient pourtant à votre famille politique. Vous avez parlé du cadenas métropolitain. Mais le cadenas métropolitain existe aussi à Charenton, Monsieur SEINGIER. Donc, nous disons notre opposition à la construction de plusieurs tours de grande hauteur sur le site de Bercy-Charenton. Les tours ne représentent pas la forme de ville que nous voulons. Nous voulons, au contraire, la construction d’une ville qui soit à échelle humaine. Je pourrais égrener toutes les questions. D’abord, les tours sont énergivores : faire monter des fluides dans les étages, faire fonctionner des ascenseurs est consommateur en énergie. Ensuite, elles sont très coûteuses à l’entretien. D’après une réglementation sur les immeubles de grande hauteur, les bâtiments au-delà de 50 mètres de hauteur exigent des mesures de sécurité drastiques, avec la présence permanente de personnel de sécurité. Donc, les coûts de structure sont extrêmement importants. Enfin, elles ne correspondent pas au paysage urbain que nous souhaitons pour notre ville. Elles ne sont pas plus une réponse à la problématique du logement à Paris, puisque nous savons que cette question doit être abordée à l’échelle métropolitaine et qu’il n’y a de solution à la seule échelle de Paris. Ce n’est pas en montant plus haut à Paris, que l’on résoudra la question du logement dans la capitale. Donc, nous avons depuis 10 ans et le début du lancement de cette procédure à Bercy-Charenton, dit notre opposition à la construction de tours. Nous n’avons malheureusement pas été entendus. Cela fait partie des divergences et des désaccords que nous assumons au sein de la majorité municipale.

Pour autant, nous avons aussi travaillé pour que ce projet permette des améliorations dans Paris, comme le désenclavement du quartier avec le prolongement de la rue Baron Leroy ou encore la réalisation d’un certain nombre de passerelles reliant la rue de Charenton à la rue Baron Leroy et permettant ainsi de faire le lien entre le 12e historique et le quartier de Bercy. La nécessité d’un désenclavement est toujours présente. La nécessité d’améliorer les déplacements est aussi d’actualité. Nous avons d’ailleurs entendu ce qu’a dit le commissaire-enquêteur sur la nécessité de transports en commun de qualité dans le quartier de Bercy-Charenton. Nous avons saisi Ile-de-France Mobilités. Par rapport aux interventions des élus du groupe Les Républicains, je voudrais rappeler qu’aujourd’hui, c’est la Région qui organise les transports en Ile-de-France, et non la Ville de Paris. Depuis un an, nous avons communiqué à la Région les études faites par la Ville de Paris sur le besoin de desserte dans ce quartier. Or nous ne voyons toujours rien venir de la part des services de Madame PECRESSE pour répondre à ce besoin de transports en commun. Nous demandons qu’il y ait au minimum soit ce que l’on appelle un « bus à haut niveau de service », soit un tramway permettant dans le prolongement de la rue Baron Leroy de faire la connexion avec le tramway T3 à la station Baron Leroy et pourquoi pas de desservir nos voisins de Charenton qui développent aussi un nouveau quartier à cette échelle. Donc nous plaidons, et j’espère que vous pourrez aussi plaider avec nous, auprès de la Région Ile-de-France pour que nous ayons une desserte digne de ce nom dans le quartier de Bercy-Charenton.

J’évoquerai également la nécessité de transformation de l’échangeur du périphérique. Un vœu a été adopté à l’unanimité par notre Conseil. Nous portons cette exigence depuis très longtemps. Côté 13e arrondissement, l’échangeur de la Porte d’Ivry, du côté de la ZAC Paris Rive Gauche, a été revu. Donc, il est nécessaire ici aussi de revoir cet échangeur, puisqu’il constitue aujourd’hui une barrière à l’entrée et aux mobilités actives dans Paris. Nous devons requalifier aussi bien l’autoroute A4 du côté de Charenton que son prolongement dans Paris à travers la voie express du quai de Bercy et du quai de la Rapée. Là encore, nous avons défendu auprès d’Ile-de-France Mobilités et des services de Madame PECRESSE, la nécessité d’un bus à haut niveau de service qui permettra cette requalification urbaine des quais et de la desserte du secteur Bercy-Charenton.

J’évoquerai également la nécessité d’avoir des équipements publics. À partir du moment où on l’intègre de nouveaux habitants, il est nécessaire d’accompagner cette implantation avec des équipements publics. D’où le besoin de piscine. Nous avons aujourd’hui des besoins dans Paris qui ne sont pas satisfaits. Dans notre arrondissement, le nombre de piscines est inférieur à ce qu’il devrait être. Donc nous plaidons, ensemble je le crois, pour la réalisation d’une nouvelle piscine dans le 12e. Le site Bercy-Charenton s’y prête tout à fait. Je voudrais également noter avec satisfaction le fait que le secteur Léo Lagrange va, et c’est un juste retour des choses, revenir en zone urbaine verte. Il avait été déclassé, à l’époque du prolongement du tramway, en zone urbaine générale, en raison d’un projet de site de remisage sous le stade pour le tramway. Finalement, c’est dans le 19e arrondissement, sous un autre stade, que ce site de remisage a été créé. Donc, il est légitime que désormais ce secteur Léo Lagrange revienne en zone urbaine verte. La mobilisation d’un certain nombre d’habitants, entendus par la commission d’enquête, a d’ailleurs permis de préserver cet espace.
Je note aussi que des amendements ont été apportés sur la conservation de la gare inférieure de la Rapée. Cela permettra, même si une transformation aura lieu malgré tout, de maintenir des fonctions économiques et artisanales dans le site de Bercy-Charenton. Je le salue également.

Je terminerai en disant que dans un secteur comme celui-là, à partir du moment où nous construisons un nouveau morceau de ville, nous devons avoir à l’esprit la question de la qualité de vie à Paris, dans une ville qui est déjà l’une des plus denses et dans laquelle le nombre de mètres carrés d’espaces verts par habitant ne répond pas aux normes préconisées par l’Unesco. Certes, des avancées sont en cours, avec la réalisation d’un espace vert, et la petite ceinture qui permettra, je l’espère, de réaliser une coulée verte faisant la liaison entre le bois de Vincennes et la Seine. Pour autant, nous devons toujours avoir à l’esprit ce besoin de réalisation de nouveaux espaces verts ou en tout cas d’une ville aérée. La réponse qui est donné ici à travers la question des hauteurs n’est pas celle que nous attendions. Nous n’attendions pas une surdensité sur Bercy-Charenton. C’est la raison pour laquelle, à regret, nous voterons contre cette délibération. Nous voterons malgré tout pour la délibération relative à la construction du collège dans la mesure où nous défendons la question des équipements publics. Nous voterons également le vœu pour la réalisation de la piscine. »

Laurent TOUZET, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement, Conseiller d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. Ce qui se dessine depuis plus de 10 ans et ce qui se précise aujourd’hui avec cette délibération, c’est clairement un nouveau quartier de vie avec, à terme, environ 9 000 habitants. Il s’agit d’une bonne nouvelle, quand on sait les besoins en logement en Ile-de-France, notamment les besoins en logements sociaux – je me permets vraiment d’insister sur ce point. Madame MARQUIS et Madame TAIEB ont bien développé ce qui était prévu en matière d’équipements publics, de crèches et d’équipements sportifs. De mon côté, j’insisterai en ma qualité d’Adjoint aux affaires scolaires auprès de la Maire du 12e arrondissement, sur les équipements scolaires. J’en profiterai également pour présenter la délibération DASCO 10.

D’abord, il est prévu que cette ZAC réponde aux besoins en écoles maternelles et élémentaires pour ces 9 000 habitants. Madame ATLAN-TAPIERO, je n’ai pas bien compris comment vous aviez compté car à vrai dire, la délibération est très claire là-dessus. Si je compte bien, il s’agit d’une école de 15 classes, d’une deuxième école de 15 classes et d’une école de 8 classes. Cela fait bien 38 classes, je vous le confirme. En outre, des investissements et des modifications complémentaires dans les groupes scolaires existants adjacents créeront des capacités supplémentaires. Pour ce qui concerne le collège, qui est l’objet de la délibération DASCO 10, on considère que pour 9 000 habitants, il existe un besoin pour 600 collégiens environ. Donc, un collège d’une capacité de 20 divisions est prévu dans l’îlot Lavigerie. La délibération DASCO demandera au Conseil de Paris réuni en formation Conseil général d’en approuver le principe, après avis du Conseil d’arrondissement. Monsieur SEINGIER, vous avez dit que ce projet manquait d’esprit métropolitain. Or l’exemple du collège démontre tout l’inverse. En effet, très tôt, nous avons été sollicités par le Maire de Charenton-le-Pont à propos des besoins à venir concernant le projet côté Charenton (besoins qui ne peuvent être satisfaits avec la ZAC côté Charenton). Très vite, avec Madame la Maire, nous avons souhaité travaillé sur une réponse. Cette délibération en est l’aboutissement puisqu’elle prévoit, le cas échéant, que ce collège puisse avoir une capacité portée à 24 divisions pour pouvoir accueillir les collégiens de Charenton. Il s’agit d’un projet très innovant : un collège interdépartemental, c’est du jamais-vu. Les discussions ont été ouvertes avec les rectorats du côté de Paris et du Val-de-Marne et semblent aller dans le bon sens. Je voulais ainsi insister sur cette dimension métropolitaine. Je vous remercie. »

Jean-Louis MISSIKA, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement, Conseiller de Paris :
« Merci beaucoup Madame la Maire. Comme beaucoup, je voudrais insister sur le fait qu’il s’agit d’une délibération extrêmement importante pour le 12e arrondissement, pour la Ville de Paris, mais également pour la Métropole du Grand Paris. Je vais répondre à quelques critiques, du moins à celles qui m’apparaissent comme les plus discutables et les plus absurdes. Je vais commencer par le sujet de la densité et ce concept de « surdensification » qui me laisse quelque peu perplexe.

Visiblement, les élus Les Républicains, mais également malheureusement Christophe NAJDOVSKI, parlent de densification de la ville de Paris, alors que les statistiques de l’Insee indiquent que la ville de Paris a perdu 37 000 habitants entre 2010 et 2015. Je suis désolé, mais la densité se mesure en nombre d’habitants par kilomètre carré. Donc, le travail des élus est de lutter contre la « dédensification » de Paris. Je voudrais insister sur ce point pour mettre en lumière un paradoxe : Quand l’Insee a publié ces chiffres, le groupe Les Républicains au Conseil de Paris a mis la perte du nombre d’habitants sur le compte d’une mauvaise politique de l’exécutif municipal. J’aimerais bien un peu de cohérence. MALRAUX disait que la politique est manichéenne, mais il ne faut pas en rajouter. En l’occurrence, je trouve que vous en rajoutez beaucoup.

Monsieur MARGAIN, j’aimerais vous répondre sur un autre sujet, celui des choix urbanistiques faits par l’équipe Rogers sur le site de Bercy-Charenton. Ce qui est ringard, voire « ringardissime », c’est l’urbanisme de dalle que vous préconisez. Toutes les villes de la planète luttent désormais contre ces constructions sur dalle et s’appliquent à défaire ce qui a été fait. Et nous nous y employons précisément sur le site du quartier Montparnasse avec le soutien du Maire du 15e arrondissement, Monsieur GOUJON, et le soutien du Maire du 6e arrondissement, Monsieur LECOQ. Donc, faisons preuve de cohérence. Tous les spécialistes du sujet disent que l’urbanisme de dalle a été une erreur, commise à l’époque du tout-automobile. Confer la Défense, dont la rénovation des sous-sols devrait coûter la bagatelle de 250 000 millions d’euros. L’urbanisme de dalle rallonge le temps de la construction et coûte horriblement cher. Cela coûte d’autant plus cher que le faisceau ferré est large, ce qui est le cas du faisceau ferré de la gare de Lyon (qui est le plus large d’Europe). Donc, ce que vous préconisez risque de coûter plus cher et de durer beaucoup plus longtemps que le choix qui a été fait, sur la base des propositions remarquables de l’équipe d’un des plus grands urbanistes de la planète, l’architecte ROGERS, l’homme qui a fait le Centre Pompidou avec Renzo PIANO.

Je voudrais par la même occasion répondre à Christophe NAJDOVSKI : je suis admiratif du talent avec lequel il a défendu un projet contre lequel il va voter. Je pense que la densité en hauteur est la contrepartie du choix que nous avons fait en faveur de la pleine terre. C’est-à-dire : le site de la ZAC représente 80 hectares. Les constructions s’étendent quant à elles sur 20 hectares. Donc, quand on parle de densité, il faut savoir de quoi l’on parle. Bien évidemment, nous sommes obligés de récupérer en verticalité ce à quoi nous renonçons en étalement. Par ailleurs, la Ville de Paris ne construit pas à tour de bras des immeubles de grande hauteur. On n’est pas à Dubaï, on n’est même pas à Londres. Londres a octroyé 275 permis de construire pour des immeubles de grande hauteur. À Paris, nous aurons construit en trois mandatures une dizaine de bâtiments de grande hauteur. Donc, nous le faisons avec parcimonie, en choisissant les lieux et en essayant de construire quelque chose de cohérent. Preuve en est, le Maire de Charenton a lui-même, dans sa ZAC, proposé une tour qui doit dialoguer avec les tours de Bercy-Charenton et avec celles qui sont exactement de l’autre côté du fleuve, dans la ZAC Bruneseau, dans le 13e arrondissement, faisant de la sorte une entrée monumentale pour la Seine. Donc, c’est un projet éminemment métropolitain, je suis vraiment désolé de vous le dire.

Je voudrais vous dire à présent que le vote négatif n’est pas un petit vote. Je voudrais vous dire ce que voter contre ce projet signifie et vous le dire très clairement, afin qu’il n’y ait aucun malentendu entre nous. Voter contre ce projet, c’est voter contre la prolongation de la rue Baron Leroy, c’est-à-dire contre la mise en relation de Paris avec Charenton et contre un projet métropolitain fondamental pour le 12e arrondissement ; c’est voter contre la passerelle Nicolai qui désenclave la rive Nord et la rive Sud du 12e arrondissement ; c’est voter contre l’allée Lumière qui reliera Bercy Village au jardin de la Rapée ; c’est voter contre la rénovation patrimoniale des voûtes de la gare de la Rapée et la création dans ces voûtes d’activités culturelles, de loisirs et d’artisanat. On ne peut pas défendre les voûtes et les laisser à l’abandon. Or c’est exactement ce que vous faites avec un vote négatif. C’est voter contre un bâtiment logistique qui combine le fret ferroviaire, le tram-fret et le fret routier et qui représente un jalon essentiel dans le projet de logistique propre et durable de la Ville de Paris ; c’est voter contre la création de 13 000 emplois à Paris. Madame ATLAN-TAPIERO, visiblement vous ne savez pas lire une délibération : 12 000 emplois sont créés dans les activités de bureaux, et un millier dans les autres activités. C’est voter contre le rééquilibrage Est-Ouest des activités, contre la création d’un jardin de deux hectares et d’une coulée verte avec le bois de Vincennes, contre trois crèches, trois groupes scolaires, un collège, un gymnase et un espace culturel de type bibliothèque. C’est aussi voter contre la piscine et contre la mutation de l’échangeur de Bercy. Pourquoi ? Comment imaginer que ces engagements du Conseil de Paris, de la Maire de Paris et de moi-même puissent être réalisés autrement que dans le cadre de la ZAC et avec le financement généré par la ZAC ? Pas de ZAC = pas de transformation de l’échangeur de Bercy et pas de piscine. Tout le monde peut le comprendre. Donc, ce vote n’est pas anodin.

Le temps de l’urbanisme est un temps long. Les premières réflexions, dans le PLU sur l’avenir de Bercy-Charenton, ont commencé en 2006, sous la première mandature de Bertrand DELANOË. En 2009, est prise la première délibération importante pour les esquisses Rogers. En 2015, le bilan de la concertation est établi. En 2016, s’est tenue l’enquête publique et aujourd’hui en 2018, la ZAC est créée. Entre 2021 et 2015, auront lieu les premiers travaux. Entre 2025 et 2035, si tout va bien, la ZAC sera finalisée.

Un vote négatif au Conseil de Paris, dans 15 jours, équivaudrait à un recul de 10 ans. C’est-à-dire : la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si l’on veut prendre 10 ans de retard dans la transformation de ce site absolument magnifique. Un vote négatif, c’est le retour à la case départ. Donc, j’appelle chacun à ses responsabilités. Je comprends que ce projet ne satisfasse pas tout le monde, je comprends que ce projet est améliorable, mais nous avons pas mal de temps pour l’améliorer. 2018 est une étape : il s’agit de la création de la ZAC et de donner à la Semapa le soin de piloter cette zone d’aménagement concerté. Il est possible d’améliorer ce projet, mais je vous en conjure, ne le tuez pas. »
Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Merci beaucoup Monsieur MISSIKA pour votre engagement. Il est possible de ne pas être complètement d’accord avec tous vos arguments, mais je crois que tout le monde aura reconnu la passion avec laquelle vous défendez ce projet. Monsieur BOUIGUE, quelques compléments aux questions qui ont été posées ? »
Richard BOUIGUE, Premier Adjoint à la Maire du 12e arrondissement, Conseiller d’arrondissement, rapporteur :
« Quelques mots après le plaidoyer fervent de Jean-Louis MISSIKA sur ce projet, qui ne m’étonne pas. Vous avez tendance dans vos interventions, dans le groupe Les Républicains, à opposer logement social et logement étudiant, mais ces deux notions ne s’opposent pas. Le logement étudiant est compris dans le logement social. Les résidences gérées par le Crous le sont bien sur la base de logements sociaux, avec des étudiants boursiers. Donc concrètement, sur cet espace, quand on vous donne un nombre pour le logement social, il inclut aussi le logement étudiant. Le logement étudiant compte dans le logement social, Monsieur SEINGIER. Vous voulez développer l’accession. Mais Madame SLAMA et Monsieur BONNET vous l’ont dit : le prix de l’accession dans ce quartier sera très élevé et sera très « barrant » en termes de choix et d’opportunités pour beaucoup de Parisiens. Le prix de 12 000 euros au mètre carré pratiqué sur la place Daumesnil permet à un nombre infinitésimal de Parisiens d’accéder au logement. L’idée avec ce quartier est de permettre à tout le monde d’y accéder, notamment aux 70% de Parisiens éligibles au logement social. Voilà pourquoi nous avons fait ce choix. D’ailleurs, nous avons déjà eu ce débat avec vous au sujet de la caserne de Reuilly : nous y avons fait du logement locatif pour permettre une accession au logement, là où l’accession à la propriété ne l’aurait permis qu’à 3% des Parisiens. Nous sommes ici dans la même veine.
Vous dites qu’il existe peu d’espaces verts. Mais en tout, plus de 7 000 m2 d’espaces verts vont être créés, ce qui est assez conséquent sur la zone qui va être aménagée. Donc, le projet n’est pas « moins-disant » en matière environnemental. Il a même été abondé, enrichi par des propositions en la matière des équipes d’architectes et des habitants. De ce fait, je ne vous suis pas lorsque vous dites que la méthode ne va pas.

Monsieur MARGAIN dit que nous n’écoutons pas. Mais depuis 10 ans, nous n’arrêtons pas d’écouter sur ce projet et nous n’arrêtons pas d’évoluer. Vous-même le reconnaissez puisque vous dites très justement que lors de la commission d’enquête, des remarques ont été faites et rapportées par le commissaire-enquêteur et que la Maire du 12e a choisi de suivre les recommandations, notamment dans le secteur Léo Lagrange. Nous avons tenu compte des avis, des critiques et des inquiétudes. Donc, dans cette méthode, nous avons privilégié l’écoute et le respect, et les ateliers ont largement permis depuis 2008, de le faire évoluer. Monsieur MARGAIN, vous dites que nous avons une vision désuète de la ville, mais cette vision n’est pas la nôtre.

Faire un programme mixte, faire un quartier qui intègre les nouvelles performances en matière environnementale, architecturale et urbaine ne relève pas d’un projet obsolète. L’obsolescence n’est peut-être pas là où vous la regardez. Regardez sur quels critères vous vous fondez sur ce quartier pour pouvoir le dire. La reconstitution d’équipements sportifs (comme Fadila TAIEB l’a dit), d’équipements pour la petite enfance (comme l’a dit Lunise MARQUIS), d’un collège ne constitue pas une régression, loin de là. Nous construisons la ville de manière mixte, car nous savons que c’est ainsi que cela pourra fonctionner demain.

Je terminerai sur un dernier point, celui de la création de l’hôtel logistique. Vous savez qu’un appel à projet métropolitain a été lancé, ce qui n’était pas un hasard. En effet, il s’agissait de signifier la dimension métropolitaine de ce projet. Donc, cet espace a été conçu dans cet esprit-là. Les élus de Charenton ont participé à ce projet ; de la même manière, les élus du 12e avaient pris part à un projet similaire avec la Ville de Charenton. Donc, faire cet hôtel logistique est le signe d’une certaine cohérence. En 2008, la Ville s’était engagée à ce que les artisans puissent se réinstaller ou rester sur le périmètre de la ZAC. La création de cet hôtel logistique est donc la concrétisation de son engagement.Alors qu’aujourd’hui nous ne sommes toujours pas propriétaires des lieux, nous donnons le signe très clair de ce que nous avons envie de faire pour l’avenir, notamment sur le maintien de ces activités artisanales et commerciales. Donc, je ne crois pas que nous soyons dans un jeu factice. Il s’agit d’un projet très ambitieux, tout le monde l’a dit. Jean-Louis MISSIKA l’a évoqué, je le répète : la ZAC ne tue pas le débat, elle permet d’acter une étape et d’engager un autre type de débat. Je souhaite donc poursuivre le dialogue avec les habitants et, si vous le souhaitez, avec vous. »
Catherine ARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Merci beaucoup. Je noterai dans ce débat que vous êtes tous d’accord pour plaider auprès de l’autorité organisatrice des transports en commun, pour l’amélioration de la desserte du quartier. Nous allons engager une telle demande. Jusqu’à présent, cela nous a été refusé. Nous allons porter cette demande avec nos collègues de Charenton, à l’instar des démarches que nous avions engagées sur le collège partagé et sur l’hôtel logistique (avec la Métropole). Je ne doute pas que cela ira dans le bon sens.

Si vous en êtes d’accord, je vais passer aux opérations de vote et vous donner la parole pour des explications de vote. Madame ATLAN-TAPIERO, vous souhaitiez intervenir à ce sujet ? Vous avez posé trois questions. Une sur le chiffrage des écoles et des crèches. Par ailleurs, vous avez noté des différences dans une autre partie de la délibération – nous nous y pencherons. Les délais de transmission : ils sont courts, il est vrai. En même temps, ne me dites pas que vous découvrez ce sujet. Ne me dites pas que vous n’êtes pas venue aux réunions publiques. Ne me dites pas que vous n’avez pas lu tous les articles publiés par la Mairie du 12e sur ce sujet. Objectivement, cette délibération ne présente rien de nouveau. Vous avez besoin de temps pour lire la délibération – certes. Mais normalement vous n’avez rien découvert dans cette délibération en tant qu’élue du 12e arrondissement, parce que nous évoquons ces sujets en toute transparence depuis de très nombreuses années. Certes, il s’agit d’une délibération importante, mais elle a été transmise dans les délais habituels. »

Corinne ATLAN-TAPIERO, Conseillère d’arrondissement :
« Il n’y a aucun problème, Madame la Maire, elle a été transmise dans les délais, mais on aurait pu imaginer qu’elle soit communiquée dans d’autres délais. Je vous ai posé une question sur le centre de tri : il est indiqué que la pastille du centre de tri n’existera pas. Or dans la délibération DASCO 10-G, il est fait état d’un centre de tri.
Par ailleurs, nous ne sommes pas habitués à la présence de Monsieur MISSIKA, mais je ne savais pas qu’il était aussi désagréable. Je sais lire aussi bien que vous : lorsque vous rapprochez les deux délibérations, les chiffres ne sont pas les mêmes, voilà tout. »

Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Nous nous excusons pour ces erreurs. Il n’y aura pas de centre de tri. En revanche, il existera, probablement dans le périmètre de la ZAC, un endroit pour la revalorisation desdéchets. En effet, nous souhaitons que, sur un périmètre aussi étendu, des mètres carrés soient dédiés à cette question de la gestion des déchets. »
Jean-Louis MISSIKA, Adjoint à la Maire du 12e arrondissement, Conseiller de Paris :
« Puis-je dire un mot, Madame la Maire ? Je voudrais répondre, car Madame ATLAN-TAPIERO m’a interpellé directement. Je voudrais juste dire qu’il y a une quinzaine de jours, j’ai reçu dans mon bureau Valérie MONTANDON. Je lui ai présenté le projet dans le détail. Donc, dire que vous avez été informée du projet il y a cinq jours me paraît quelque peu excessif. Je voudrais ajouter qu’il était prévu dans le tout premier projet, un centre de tri industriel important dans le site de la gare de la Rapée. Ce centre de tri a été abandonné. C’est ce qui nous a permis de sauver la gare de la Rapée. En revanche, il y aura bien quelque chose relevant du tri sélectif traditionnel dans la ZAC. »

Matthieu SEINGIER, Conseiller d’arrondissement :
« Elle va être très brève. S’agissant du vœu relatif à la piscine, nous sommes favorables. S’agissant du collège, qui est effectivement une exception métropolitaine, nous sommes favorables. Sur le projet, nous n’étions pas contre la construction d’un 82e quartier à Paris. Je voudrais juste dire que selon les géographes, la densité dans le 12e arrondissement, est de 22 469 habitants/m2. Au vu de ce chiffre, en l’état actuel des choses, je pense que l’on peut encore se donner du temps pour reprendre ce dossier et envisager ce quartier non pas comme une porte majestueuse de Paris, comme en rêvent les architectes qui ont fait leur renom, certes à juste titre, mais au 20e siècle, et qui violent l’esprit horizontal de la ville-capitale. Nous allons donc voter contre, en l’état actuel du projet. »

Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Très bien. De toute manière, il faudra discuter de nombreux autres sujets. Je vous rappelle tout de même que la DASCO 10-G n’est pas soumise au vote. Il s’agit d’une délibération du Conseil départemental (pour information), que nous avons rattachée à ce débat.

Je vais donc mettre au vote le vœu et la délibération. Avant cela, Monsieur François HAAB veut faire une explication de vote. »

François HAAB, Conseiller d’arrondissement :
« Merci Madame la Maire. J’ai une explication de vote au nom des élus centristes. Je sais que Jean-Louis MISSIKA est un grand amateur de sports, notamment de football. Nous sommes un peu ce soir à la fin du temps réglementaire. Et à la fin du temps réglementaire, nous allons nous prononcer pour une abstention. Mais, Jean-Louis MISSIKA, après le temps réglementaire, vient le temps additionnel. Nous avons donc quelques jours encore avant le Conseil de Paris pour que vous puissiez répondre aux remarques qu’Ophélie ROTA a apportées tout à l’heure et que vous connaissez. Je n’en citerai qu’une : le désenclavement en matière de transports. Nous savons très bien que cette question ne relève pas uniquement de la Ville de Paris, mais c’est un point majeur sur lequel nous avons d’immenses préoccupations. Donc, le temps additionnel s’ouvre à partir de maintenant. Nous nous abstiendrons ce soir. »

Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Merci beaucoup Monsieur HAAB de mettre un peu de pression supplémentaire sur notre collègue, Jean-Louis MISSIKA. Pour le vœu, Monsieur Nicolas BONNET, vous voulez faire une explication de vote, même si vous avez dit tout à l’heure que vous le voteriez. »

Nicolas BONNET-OULALDJ, Conseiller de Paris :
« Il s’agit d’une explication-question. Nous avons beaucoup évoqué la Métropole. Vous nous dites que le collège sera à cheval sur deux académies, Créteil et Paris. Il existe une obligation, celle de savoir nager à l’entrée en sixième. Je suppose que les recteurs d’académie seront saisis sur cette question, car le Maire de Charenton veut faire une piscine aqualudique qui est contradiction avec cet impératif. Donc, j’espère que l’on sortira de ce projet avec une piscine publique, accessible aux scolaires. Et je vote, bien sûr, pour. »
Catherine BARATTI-ELBAZ, Maire du 12e arrondissement, Conseillère de Paris :
« Oui, d’ailleurs si vous avez bien lu le dossier, il s’agit bien d’une troisième piscine publique pour notre arrondissement qui sera bien évidemment accessible aux scolaires, sur le temps scolaire, peut-être prioritairement aux Parisiens mais cela reste à négocier avec mon collègue de Charenton. »

Intervention sur le bilan d’avancement de l’opération Petite Ceinture.

Point sur les usages de la petite ceinture, future voie de circulation douce pour les parisiens qui pourront profiter d’un nouvel espace vert.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement
« Vous connaissez notre ambition pour la Petite Ceinture, un lieu de promenade et une piste cyclable tout autour de Paris. Nous ne souhaitons pas la réversibilité du projet.
Nous ne souhaitons pas la possibilité de faire revenir le transport sur cet axe. Cela nous différencie de certains élus. Cependant le projet qui prend forme est bien un lieu de vie pour les piétons et les circulations douces comme le vélo. Ils vont côtoyer des lieux de culture, de loisirs et de sport accessibles au plus grand nombre. Il est dommage que ce bilan ne fasse pas état plus spécifiquement des actions menées sur la Petite Ceinture dans notre arrondissement. Au niveau de la villa du Bel Air, on parle de co-conception et de co-construction. Savons-nous sur quoi cela a débouché ?
Lors de ma dernière intervention, j’ai interrogé Madame KOMITES sur l’état des
structures SNCF du projet, tunnels et voûtes, pour savoir si des contraintes devaient être prises en compte pour les futurs aménagements. A l’époque, le travail était en cours. Je souhaiterais pouvoir en savoir un peu plus aujourd’hui. Je vous remercie. »

Pénélope KOMITES, Adjointe à la Maire de Paris, Conseillère de Paris
« Madame ROTA, le protocole passé avec la SNCF inclut bien la réversibilité, ce qui va rassurer Monsieur BONNET-OULALDJ. Nous ne savons pas ce qui pourra se passer d’ici 15 ou 20 ans, donc le protocole prévoit bien cette réversibilité. Je vous rassure concernant les études sur les tunnels et les voûtes. Nous avons aujourd’hui une vision beaucoup plus précise de ce qu’il est possible de faire. D’ailleurs, la délibération propose de mettre en œuvre ce fameux plan programme de valorisation économique de la Petite Ceinture. Cette délibération va permettre de définir le cadre économique et les outils de mise en œuvre opérationnelle qui pourront être lancés sur la Petite Ceinture. L’idée est d’avoir une vision globale à l’échelle parisienne et de trouver des activités diverses et variées qui ne soient pas tronçonnées arrondissement par arrondissement. Il s’agit d’avoir une vision globale, avec des bibliothèques, des restaurants, des jardins partagés, d’avoir un maximum d’usages.
Monsieur BONNET-OULALDJ : pourquoi pas desvélorails ? J’ai toujours donné mon accord à ce sujet, ainsi que Monsieur MISSIKA. Il s’agit pour les Parisiens de s’emparer de la globalité de cet espace, que les habitants du 12e aillent se promener dans le 17e ou dans le 18e. Cette délibération va permettre de lancer les différents marchés nécessaires afin de travailler sur la sécurisation. Un comité de pilotage aura lieu prochainement en mai ou en juin et présentera ces marchés de travaux aux maires d’arrondissement concernés, de manière à ce que les ouvertures soient réalisées dans les temps sur la totalité des tronçons. »

Ouverture de la Petite Ceinture à de nouveaux usages et à la promenade

 Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement 

« Cette délibération fait suite à celle d’avril 2015 sur le même sujet, sur la mise en place d’un accord-cadre. Entre-temps, nous avons bien compris que notre demande d’une utilisation harmonisée de la petite ceinture, à savoir une boucle cyclable et de randonnée,n’a pas trouvé écho chez vous, et ce au nom de la réversibilité du projet. Principe que nous ne défendons pas. Lors de notre dernier débat ici même, Mme KOMITES, en réponse à notre intervention, nous parlait d’un projet conjoint avec la SNCF pour avoir une meilleure approche de l’état des structures, aussi bien des réseaux que des voûtes ou des tunnels. Un an après, que pouvez-vous nous dire sur ces équipements ? Y a-t-il des contraintes à prendre en compte pour les futurs aménagements ?

Dans cette délibération, la Maire de Paris nous demande les pleins pouvoirs pour mener à bien les nouveaux projets sur les usages. Permettez-nous de garder notre vigilance sur la qualité de la concertation, l’ouverture des projets à venir. Nous souhaitons le respect total du comité de pilotage mis en place en juin 2015, dans lequel l’opposition trouve aussi sa place aux côtés de la Maire de Paris.

J’ai une question plus anecdotique sur le jargon de la délibération. Il est écrit que la Maire va mettre en place des « bases de vie », des « collectifs de compétences », des « chantiers participatifs ». Est-ce que vous pouvez prendre le temps de définir ces expressions ? Par cohérence, nous voterons pour. »

Réponse de Pénélope KOMITES, Adjointe à la Maire de Paris, Conseillère de Paris

 » Mme ROTA, le travail sur les tunnels est toujours en cours avec la SNCF. Dans le cadre de ce qui sera présenté par l’AMO, nous aurons plus d’idées sur le sujet. Je suis ravie que nous puissions sortir ces projets et que le 12e arrondissement fasse partie de ce premier lancement. »

Richard BOUIGUE, Premier Adjoint à la Maire du 12e arrondissement a complété la réponse. 

 » Vous avez raison sur la concertation : qu’elle soit plus complète, c’est toute l’ambition des fameuses « bases de vie ». Je suis d’accord, Mme ROTA, nous aurions pu trouver un meilleur terme. Mais décortiquons le terme. Il s’agit de faciliter des rencontres, des concertations, de faire de la co-construction. »

Intervention sur l’avenir de la Petite Ceinture ferroviaire

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement

« Merci Mme la Maire. La petite ceinture ou la Coulée verte est un essentiel de notre arrondissement. Les 5 km aménagés dans notre arrondissement sont un lieu de souvenir pour tous les enfants de l’arrondissement et donc pour nous. Nous sommes tous attachés à cet espace paisible. Ce débat ne cesse de revenir depuis des années. Comme le rappelle la 25 délibération, des concertations se sont tenues entre 2011 et 2013 sous forme de réunions et d’ateliers. Des attentes très fortes ont été dégagées, la préservation de la circulation douce, la préservation de la biodiversité et la valorisation du patrimoine existant. Notre projet a toujours été clair. Nous défendons depuis le début une seule utilisation harmonisée, une boucle cyclable et de randonnée, avec transformation des gares restantes en lieux de culture ou de loisirs, accessibles au plus grand nombre. La programmation fait part d’un plan de programme pour fin 2015. Nous allons encore repartir dans une concertation sur le devenir de la petite ceinture et de ses gares restantes pour savoir ce que nous allons en faire. Je pensais que nous avions déjà nos grandes priorités suite à 2011 et 2013. En tout cas, nous serons attentifs et participatifs à ce plan de programme qui sera le véritable enjeu de la petite ceinture et qui définira pour de bon, son utilisation définitive. Nous voterons pour cette délibération. »

Réponse de Pénélope Komitès

 » Nous travaillons avec la Ville et la SNCF pour avoir une meilleure approche de l’état des structures, aussi bien des réseaux que des voûtes et des tunnels pour voir ce que nous pourrions y faire et passer des conventions avec nos partenaires. Pour répondre à Mme ROTA, oui l’idée d’une piste cyclable est à l’étude même si la configuration actuelle permet difficilement de faire le tour. Mais nous regardons cela avec beaucoup d’attention. Sans vouloir refaire une concertation complète de la petite ceinture car cela n’aurait pas beaucoup d’intérêt et ce n’est pas ce qu’attendent les Parisiens. L’idée est tout de même que les maires d’arrondissement avec les associations et les conseils de quartier, puissent se saisir de ce sujet pour mener une concertation locale. »

Rendez-vous avec la SNCF pour parler de la Zac Bercy-Charenton

Aujourd’hui, le groupe UDI-Modem, comme l’ensemble des groupes politiques du conseil d’arrondissement du 12ème, a été associé à un déjeuner sur le thème de la ZAC Bercy-Charenton. Autour de la maire du 12ème, Catherine Baratti- Elbaz et Jean-Louis Missika, élu du 12ème et adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, nous avons pu échanger avec Sophie Boissard, directrice générale déléguée Stratégie et Développement  du Groupe SNCF.  Mercredi 22 avril se tenait le bilan de la concertation « acte 1″ sur le futur projet et ce déjeuner s’inscrivait aussi dans un séminaire de la SNCF spécifique aux futurs aménagements Bercy-Charenton. Si plusieurs aspects des futurs aménagements s’éclairent comme la volonté du maintien des artisans présents dans le « tunnel Baron le Roy » et l’utilisation et valorisation de la gare de la Rapée, d’autres aspects plus techniques demandent encore des études poussées comme l’échangeur autoroutier, la halle Gabriel Lamé et son déplacement, maintenir l’activité constante de la gare de lyon (1ère gare de départ de TGV). La SNCF a assuré que son 1er chantier était d’ouvrir la rue Baron Le Roy – qui aujourd’hui se finit dans le mur ! Une demande forte des habitants pour pouvoir désenclaver le quartier et rejoindre le tramway. (T3)

Être présent à ce déjeuner, nous permet de rappeler nos points de vigilance comme le bruit qui sera une des principales contraintes des futures installations, l’ouverture sur le Grand Paris qui doit être réaffirmé et …plus tard notre vigilance sur la  hauteur des constructions immobilières.

Un point de calendrier : au conseil d’arrondissement de juin sera proposé au vote une délibération prenant acte des premières consultations. Le projet, même s’il devient très réel dans nos esprits, n’est encore qu’à ses balbutiements …aucun coup de pioche avant 2018.