Communiqué de presse : Statut de Paris : la Mairie enclenche la fusion façon turbo

La loi sur la réforme du statut de Paris, concoctée et adoptée hier par l’Assemblée nationale, n’a même pas le temps de refroidir, que déjà la Mairie de Paris, met les bouchées doubles sur sa mise en œuvre en annonçant, moins de 24 heures après son adoption, la mise en place de la « conférence d’arrondissements » prévue par la loi. La seule mission de cette conférence étant de remettre un rapport à la maire de Paris avant « fin 2018 ».

Dans les faits la mairie de Paris veut devancer la fusion annoncée des quatre premiers arrondissements, la fusion administrative précédant ainsi un préalable fondamental, qui devrait être la légitimité politique de ce nouveau secteur, qui ne sera donnée que par les élections municipales de 2020.

Cette précipitation est d’autant plus suspecte, que la mairie de Paris explique à qui veut l’entendre que rien ne change, ni le personnel, ni le budget, ni l’organisation administrative, ni le maintien des quatre mairies d’arrondissements.

La Mairie de Paris ne nous a pas habitués à une telle rapidité d’exécution, qui traduit plus un acharnement politique afin d’avancer vite sur un dossier aux arrière-pensées électoralistes.

La méthode tranche avec d’autres mises en œuvre de lois, comme celle de la « République Numérique » et le permis de louer un meublé touristique, que nous attendons depuis six mois déjà, et dont la Mairie réclame au gouvernement le décret d’application du bout des lèvres, et sous la pression de l’opposition.

Nous considérons que la fusion des quatre premiers arrondissements doit désormais, et avant toute autre chose, être inscrite à l’ordre du jour des prochains conseils des arrondissements concernés. Car cette réforme, politique, est avant toute chose une affaire d’élus, de représentants des parisiens, et doit être introduite publiquement dans les arrondissements concernés, et non dans le secret initié des alcôves administratives de l’Hôtel de Ville.

Eric Azière
Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Communiqué de presse : Statut de Paris : une réforme peut en cacher une autre

Le 3 août 2016

Alors que le projet de loi relatif à la réforme du statut de Paris a été examiné ce matin en Conseil des ministres, suite à l’avis favorable du Conseil d’Etat, c’est avec grand étonnement que le groupe UDI-MoDem a découvert une réforme dont les contours les plus litigieux lui avaient été soigneusement cachés.

Entre le projet débattu au sein du groupe de travail auquel a participé assidument le groupe UDI-MoDem et ce qui est présenté aujourd’hui, il y a un projet de réforme qui n’a jamais été abordé dans la moindre réunion et qui témoigne de la réalité des arrière-pensées de l’exécutif parisien. Ni la création de la commission permanente, ni son fonctionnement ni sa composition ni ses compétences n’ont été des sujets évoqués ou abordés dans ces groupes de travail. Compte-tenu de ces éléments, il est difficile de ne pas s’interroger sur les arrière-pensées d’une réforme dans la réforme.

C’est ainsi que sous couvert d’une fusion de la commune et du département, que nous appelons d’ailleurs de nos vœux, l’exécutif parisien envisageait un nouvel outil à son service en instituant une « Commission permanente », à l’instar de ce qui prévaut dans les départements, mais à la différence majeure que, sans la vigilance du Conseil d’Etat, elle n’aurait été idéalement constituée que …du seul exécutif, sans la moindre représentation de l’opposition.

Le groupe UDI-MoDem salue cependant le pas franchi vers davantage d’autonomie ainsi qu’une gestion au plus proche des préoccupations quotidiennes des Parisiennes et des Parisiens, tandis que la maire de Paris récupère une partie des pouvoirs de police administrative. Maintenant, il faut « oser la police municipale », qui a prouvé à maintes reprises sa complémentarité avec l’action de la police nationale. Jamais il n’a paru aussi nécessaire ni aussi tangible de mettre en œuvre et déployer une police municipale de proximité. C’est cette seconde étape qu’il appartient à la maire de Paris d’impulser avec la même force de conviction qui l’a animée pour défendre son projet face à un gouvernement initialement rétif, imprégné de la défiance historique portée à l’encontre d’une capitale réputée frondeuse.

Enfin, la maire de Paris n’a pas oublié que la politique c’est de la dynamique, pas de l’arithmétique.

En évitant définitivement de perdre le 4ème arrondissement, comme cela avait failli être le cas en 2014, l’exécutif espère endiguer une dynamique qui lui serait défavorable. Il y a donc bien calcul politicien, n’en déplaise aux revendications vertueuses.

Eric Azière

Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris

Conseiller de la métropole du Grand Paris