Tribune : Plan vélo, 3 ans après !

Voté à l’unanimité en 2015, le plan vélo pour Paris a pris du retard ! L’objectif du plan est de faire du vélo 15% des déplacements dans Paris, notamment, grâce à la réalisation de 90% du plan vélo dès 2020. Sans nous en réjouir, ces deux engagements ne seront certainement pas tenus.

Première carence, l’investissement de la mairie de Paris pour accompagner la mise en place de ce plan. Des projets dans le cadre du budget participatif ont été intégrés depuis 2015 pour permettre d’ajouter de l’argent dans la réalisation des pistes cyclables. Au conseil d’arrondissement de juin, nous avons voté une délibération pour obtenir des subventions de la région Ile-de-France. Des subventions importantes qui viendront financer des pistes qui desserviront obligatoirement des pôles de transports publics, des gares, des lycées, des CFA, des stations de covoiturage, etc. Pour cela, la ville devra fournir un programme d’opérations pour les trois ans à venir pour débloquer la subvention.

Deuxième carence, l’état des chaussées qui n’encouragent pas la pratique du vélo et les ruptures actuelles de certaines pistes cyclables qui sont carrément anxiogènes.

Il ne fait vraiment pas bon d’être en vélo à Paris ces derniers temps – et l’échec du nouveau vélib’ dont la mise en place opérationnelle n’est toujours pas connue, ne vient qu’ajouter de la confusion à cette volonté politique de la majorité de favoriser les circulations douces.

Une nouvelle fois, il nous apparaît important de relever et de signaler une erreur de méthode sur la mise en œuvre de ce plan (la précipitation, décidément, et se donner les moyens de ses ambitions) qui pénalisent les parisien.nes.

Tribune parue dans le journal « Notre 12e » n°82 (juillet-août 2018)

Vœu relatif au déploiement du nouveau Vélib’, déposé par les élus du groupe UDI-MoDem.

Lors du conseil du 22 janvier 2018, nous avons re-déposé un voeu concernant la mise en place des nouveaux vélib’. Un précédent voeu avait été présenté en conseil d’arrondissement en novembre 2017, il avait été rejeté en conseil d’arrondissement…mais adopté en Conseil de Paris quelques semaines plus tard. Celui-ci aussi sera rejeté – ce qui est plutôt incompréhensible car nos différentes couleurs politiques nous font faire le même constat : échec total de la mise en place des nouveaux vélib » par Smovengo et donc la nécessité d’une indemnisation totale des usagers.

Ophélie ROTA, Conseillère d’arrondissement, rapporteure :

« Ce vœu reprend l’esprit de celui déposé en novembre dernier qui demandait la prolongation gratuite de six mois de l’abonnement pour tous les abonnés ayant à subir une détérioration du service Vélib’. La majorité municipale du 12e arrondissement avait voté contre ce vœu à l’unanimité. Or, en conseil d’arrondissement, quelques jours plus tard, la Ville a repris le contenu de ce vœu demandant que soit étudiée la mise en place d’une compensation pour les abonnés annuels de Vélib’. Depuis des compensations ont été votées par le syndicat Vélib’ que vous présidez Madame la Maire. Nous nous en réjouissons et ce vœu en demande encore plus.
Ce vœu réitère la demande d’une prolongation gratuite des abonnements pour six mois et ajoute que soit proposée une prolongation de la remise de 50% sur les mensualités d’avril et des mois suivants jusqu’à ce que le service soit totalement opérationnel. Nous devons tout faire pour maintenir l’attractivité et le réflexe Vélib’ pour les Parisiens. La prise en compte de façon réaliste des désagréments subis y participe. Je vous remercie. »

VŒU 122018-001 : Vœu à la Maire de Paris, relatif au déploiement du nouveau Vélib’, déposé par les élus du groupe UDI-MoDem.

Considérant que le service Vélib’ compte actuellement 300 000 abonnés et a permis d’effectuer environ 340 millions de déplacements entre 2007 et 2017 ;
Considérant que la Ville de Paris a décidé en décembre 2016 d’abandonner la gestion de Vélib’ au profit du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole ;
Considérant que selon les statuts du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, les deux représentants de la Ville de Paris au sein de ce Syndicat, tous deux issus de la majorité municipale, disposent d’une majorité des voix dans les votes qui concernent la compétence Vélib’ ;
Considérant que le 12 avril 2017, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a attribué le nouveau contrat Vélib’ pour les 15 prochaines années au consortium Smovengo ;
Considérant que la grille tarifaire du nouveau service Vélib’ a été votée par le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole le 9 novembre ;
Considérant que cette nouvelle grille prévoit des hausses de tarif significatives pour la location de vélos mécaniques. Ainsi, le ticket « journée » passe pour commencer de 1,70 € à 5 € (soit 194 % d’augmentation), ensuite, le ticket « semaine » passe de 8 € à 15 € (soit 87,5 % d’augmentation) et enfin l’abonnement pour un an, payé en 12 mensualités, passe de 29 € à 37,20 € (soit 28 % d’augmentation) ;
Considérant que du fait du changement de prestataire, une phase de transition, prévue initialement pour une durée de 6 mois, a débuté depuis début octobre 2017 afin de substituer l’ancien matériel et les anciennes bornes par ceux du nouveau prestataire, notamment sur le millier de stations que compte Paris intramuros ;
Considérant qu’entre octobre et décembre 2017, le service a été très fortement perturbé par les travaux, le nombre de stations et de vélos disponibles diminuant régulièrement ;
Considérant de plus que du fait d’un défaut d’information et d’un manque d’anticipation de la part de la Ville et du Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, de nombreux Parisiens se sont trouvés désemparés face à cette situation ;
Considérant que dans le cadre de la phase de transition, 50% des stations étaient censées être disponibles au 1er janvier 2018, moment du basculement de l’ancien vers le nouvel opérateur ;
Considérant que dans les faits, moins de 80 stations sur les 500 initialement prévues étaient disponibles au 1er janvier, chiffre qui a diminué dans les premiers jours de l’année pour atteindre seulement 62 stations disponibles le 5 janvier, soit à peine 6% du nombre total de stations à Paris ;
Considérant de plus que de nombreux abonnés n’ont jamais reçu le mail contenant les informations nécessaires à la migration de leur abonnement de l’ancien vers le nouveau prestataire, ce qui nécessite de prendre contact avec un service client débordé pour pouvoir enfin effectuer cette migration ;
Considérant qu’alors que le retard en termes de montage des nouvelles stations était connu dès la fin de l’année 2017, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole a attendu début janvier et le constat d’un service totalement inopérant pour exiger du prestataire le doublement des équipes sur le terrain et au centre d’appels ;
Considérant que dès le mois de novembre 2017, le groupe UDI-MoDem a demandé, par l’intermédiaire d’un voeu déposé en Conseil de Paris, que les abonnés bénéficient d’une juste compensation face à la forte dégradation du service Vélib’ ;
Considérant qu’à la suite du dépôt de ce voeu, l’exécutif avait admis une détérioration du service et s’était engagé, en lien avec le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, à étudier la mise en place d’une compensation pour les abonnés annuels Vélib’ ;

Considérant que face à la très forte dégradation du service Vélib’, sur laquelle le groupe UDI-MoDem avait à de nombreuses reprises alerté l’exécutif parisien, le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, a voté le 9 janvier deux mesures de compensation pour les utilisateurs, à savoir :

- Un crédit de 3 heures offert aux usagers abonnés avant le 1er janvier 2018, leur permettant notamment d’utiliser gratuitement les Vélib’ électriques ;
- Une remise de 50% sur les mensualités de janvier, février et mars pour les nouveaux abonnés Vélib’ ainsi que pour ceux arrivant à renouvellement ;

Considérant que ces mesures de compensation ne sont absolument pas à la hauteur du préjudice subi par les utilisateurs pendant de nombreux mois ;
Considérant de plus qu’alors que le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole percevra des pénalités financières de la part du nouveau prestataire Vélib’ du fait du non-respect de ses obligations contractuelles, il serait légitime que celles-ci soient consacrées à offrir des compensations plus en adéquation avec la dégradation du service rendu aux utilisateurs.

Les élus du groupe UDI-MoDem du 12e émettent le vœu :
- Qu’en plus des mesures déjà votées par le Syndicat mixte Autolib’ Vélib’ Métropole, la Ville de Paris, dans le cadre de son rôle au sein de ce Syndicat, mette tout en œuvre afin que les abonnés Vélib’ ayant à subir la forte dégradation du service depuis octobre 2017 obtiennent une compensation consistant en :
- Une prolongation gratuite de leur abonnement de 6 mois pour les abonnés avant le 1er janvier 2018 ;
- Une prolongation de la remise de 50% sur les mensualités d’avril et des mois suivants jusqu’à ce que le service soit totalement opérationnel pour les nouveaux abonnés.

Votants : 28 dont 4 pouvoirs
Pour : 6 voix :
05 voix groupe Les Républicains
01 voix groupe UDI-MODEM
Contre : 22 voix dont 4 pouvoirs

Communiqué de presse Renouvellement Vélib’ : gare à l’interruption de service

L’heure de vérité du renouvellement du marché de Vélib’ a sonné ! Le groupe UDI-MoDem a depuis le début, en commission des élus, mis en garde la Ville de Paris sur l’absence d’anticipation d’une éventuelle période transitoire si deux concessionnaires différents devaient se succéder, ce qui semble se décider au profit d’un consortium.

Pour le groupe UDI-MoDem, comme pour les 300 000 d’utilisateurs réguliers de Vélib’, l’exécutif de Paris, et le syndicat Vélib’ Métropole, porteront la responsabilité d’une interruption de service, ou d’une réduction préjudiciable de service que le passage d’un opérateur à l’autre rend probable, alors que la bonne gestion du dossier aurait permis de l’éviter.

Quel calendrier de renouvellement du matériel ? Quelles modalités de transmission entre les deux concessionnaires sur la gestion des abonnements ? Quelle opérabilité fonctionnelle dans le remplacement du parc de vélos, et des stations ? Autant de questions sans la moindre réponse à l’heure du choix définitif.

Pour le groupe UDI-MoDem, cette continuité du service Vélib’ repose essentiellement sur ses 315 salariés qui sont aujourd’hui les plus compétents et les plus expérimentés, pour mettre un œuvre un changement de réseau. L’atout décisif des 315 employés actuels de Vélib’ réside dans le fait que cette communauté regroupe tous les métiers liés à l’exploitation de Vélib’, du nettoyage et de l’entretien des vélos au service client.

Il serait honteux autant qu’inacceptable, que dans la prise en compte des critères d’attribution du renouvellement de ce marché, ils aient été considérés comme une variable d’ajustement, en termes de masse salariale ou de métiers.

Au contraire, l’extension à venir du réseau sur le plan métropolitain et la part de 30% de vélos électriques dans le futur contrat, impose a minima une logique de préservation des emplois et même d’augmentation des effectifs dans le futur.

Ce maintien n’est pas motivé par des considérations idéologiques ou politiques, mais se justifie bel et bien par un haut niveau de service exigé pour les usagers de Vélib’.

Enfin, la qualité de service passe également par la question des tarifs. De nombreux Parisiens ont été séduits, ces dernières années, par Vélib’, et ont ainsi adapté, leurs modes de transports. Augmenter brutalement les tarifs, serait perçu comme un mauvais signal envoyé au recours à une offre alternative de transport à Paris, et à la lutte contre la pollution. Il est nécessaire de trouver le juste prix, permettant le maintien d’un service de qualité, sans pour autant détourner de nombreux usagers d’un mode de transport propre et innovant.

Eric Azière
Président du groupe UDI-MoDem du Conseil de Paris